Il est temps de dévoiler la réalité : Napoléon n’a jamais existé. Toute la prétendue épopée napoléonienne? ... Une fable pour grandes personnes. L’homme ne vit pas que de pain. Il vit aussi de merveilleux.
L’histoire ne se nourrit pas que d’évènements. Il lui arrive aussi de puiser son aliment dans l’allégorie et la parabole. Et c’en est l’exemple le plus éclatant, que cette légende formée par l’inconscient collectif au début du XIXe siècle, la naissance, l’apogée et le déclin d’un être mythique nommé
Napoléon.
L’humanité éprouve périodiquement le besoin de renouer avec la mythologie antique, qui fut le berceau de sa pensée et de sa sensibilité.
Après les bouleversements de la Révolution, l’âme occidentale éprouva ce besoin. Elle forgea un symbole renouvelé du mythe solaire grec. Elle inventa des faits faux, afin de retrouver une fiction véritable.
Elle créa l’imaginaire Napoléon.
Napoléon ne fut pas un homme. Ce personnage n'a aucune réalité historique. Ce qui est avancé est prouvé en 10 points.
Premièrement son nom :
Tout le monde sait que le soleil, c’est Apollon, ainsi nommé par les Grecs. La différence entre Apollon et Napoléon n’est pas grande. En effet, Apollon est le même mot qu’Apoléon. Apolluo et Apoléo sont deux verbes grecs qui signifient « perdre, tuer, exterminer ». Or, on nous présente le prétendu Napoléon comme le plus grand exterminateur d’hommes de son temps. Vous me direz oui, mais dans
Napoléon, il y a
Na. Soit. Mais en grec, né ou nai constitue une grande affirmation. Nous pouvons traduire cette syllabe par
véritablement. D’où il suit que Napoléon signifie
véritablement Apollon.
Certes, ce personnage se nomme aussi Bonaparte. Mais comment interpréter Bonaparte, sinon par
bonne partie, en opposition avec
mala parte = mauvaise partie ? Il est donc absolument évident que Napoléon Bonaparte veut dire
l’astre dans la bonne partie; Apollon, le soleil, quand il monte au firmament pour chasser les ténèbres.
Deuxièmement sa naissance :
Apollon, suivant la mythologie grecque, naît dans une île de la Méditerranée, Délos. Ainsi a-t-on fait naître Napoléon dans une île méditerranéenne, la Corse. Vous observerez en outre qu’ayant voulu le faire régner sur la France, comme Apollon régna sur la Grèce, on a choisi la Corse dont la situation, par rapport à la France, est identique à celle de Délos par rapport à la Grèce. Il est vrai que Pausanias donne à Apollon le titre de divinité égyptienne. Sans être né en Egypte, il y est un dieu. De même nous dit-on qu’en Egypte, où sa carrière commence, Napoléon fut considéré comme être surnaturel, ami de Mahomet, et reçut des hommages qui tenaient de l’adoration.
Et cela continue pour huit autres points.
Je résume parce que je n'ai pas que ça à faire, transcrire les autres points. A la lumière de la science des symboles, il est maintenant évident que la prétendue histoire de l’élévation, du déclin et de la chute d’un fabuleux personnage nommé allusivement Napoléon, est une résurgence du mythe solaire antique dans la mentalité moderne. Le prétendu héros historique est une figure allégorique dont tous les aspects sont empruntés à la religion apollinienne. Cela est prouvé par son nom, par le nom de sa mère, par ses trois sœurs, ses quatre frères, ses deux femmes, son fils, ses maréchaux et ses exploits. C’est prouvé par le lieu de sa naissance, par le temps qu’il employa à parcourir sa carrière, et par la région où il disparut.
Ce Napoléon Bonaparte, dont on a dit tant de choses, sur lequel on a tant écrit n’a aucune sorte d’existence réelle. C’est une chimère, pure fable, une parabole. En y accordant une croyance historique, vous avez été victime d’un quiproquo. Vous avez pris pour de l’histoire une mythologie du XIXème siècle, renouvelée de l’antiquité.
| Spoiler: |
| | - Je me moque de vous ? - Nullement. -
- Vous pensez sérieusement que Napoléon n’a pas existé?
- Je viens de vous résumer un opuscule de quarante-cinq pages, imprimé à Agen en 1835, sans nom d’auteur.
C’est une rareté bibliographique. Cet opuscule porte un titre mirifique GRAND ERRATUM, source d’un nombre infini D’ERRATA. Les thèses de cet opuscule firent grand bruit à l’époque. Elles étaient, en effet, au cœur d’un débat philosophique et religieux essentiel. Ce débat n’est d’ailleurs pas clos. L’auteur, un ancien oratorien, puis magistrat. Un défenseur de la religion catholique. Jean-Baptiste Pérès. Son propos n’est pas de démontrer que Napoléon n’a pas existé, mais de montrer, par l’absurde, que Jésus-Christ a existé. Et, donc, que la religion est juste.
Voici de quoi il est question : Pérès invente ce génial canular pour ridiculiser les esprits de son temps qui, à l’instigation des philosophes du XVIIIème siècle, nient la réalité du Nouveau Testament, et donc de Jésus. Pour ceux-ci, il s’agit simplement de la mythologie solaire antique, mise au goût juif. Ils s’inspirent de deux ouvrages, dont l’influence fut considérable : L’ondine de tous les cultes ou religion universelle, par Charles Dupais (1794) et Ruines ou Méditations sur les révolutions des empires, par François de Chassebœuf, futur comte de Volney (1791). L’origine de tous les cultes, pour ces auteurs et leurs disciples, c’est le culte de la nature. La religion universelle, c’est la religion du soleil. Toutes les formes de religion ne sont que des aspects du culte solaire. Voici ce qu’écrit Dupuis: « Le christianisme n’est, ni réalité, que le culte de la Nature et celui du Soleil. Le héros des légendes, connues sous le nom d’Evangiles est le même héros qui a été chanté avec beaucoup plus de génie dans les poèmes sur Bacchus, Osiris, Hercule, Adonis, etc. Quand nous aurons fait voir que l’histoire prétendue d’un dieu qui est né d’une vierge au solstice d’hiver, qui ressuscite à Pâques, c’est-à-dire à l’équinoxe de printemps, après être descendu aux enfers; d’un dieu qui mène avec lui un cortège de douze apôtres dont le chef a tous les attributs de Janus; d’un dieu vainqueur du Prince des Ténèbres, qui fait passer les hommes dans l’empire de la lumière et qui répare les maux de la nature n’est qu’une fable solaire, il sera aussi indifférent d’examiner s’il y a eu un homme nommé Christ, qu’il est d’examiner si quelque prince s’est appelé Apoléon, pourvu qu’il reste démontré que l’être consacré par un culte sous le nom de Christ est le soleil, et que le merveilleux de la légende ou du poème a pour objet cet astre; car alors il paraîtra prouvé que les chrétiens ne sont que les adorateurs du soleil. »
- Jolie phrase! - Un peu longue, on en a le souffle coupé. L’Eglise elle-même étouffa un peu. Et c’est pourquoi Pérès voulut lui redonner de l’air en montrant qu’avec des symboles, on peut tout prouver. Par exemple que Napoléon n’a pas existé. Qu’il s’agit d’un erratum, source d’un nombre infini d’errata.
- Pérès a retourné l’opinion? -
- Ses quarante-cinq petites pages (l 0 x 6 cm) ont, pour un temps, eu raison des gros ouvrages de Dupuis et Volney.
- Voilà de la dispute philosophique bien plaisante! Plaise à Dieu (ou aux dieux) que nos idéologues actuels se disputent de cette manière-là. On s’amuserait davantage…
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Trouvé sur le net
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"Lorsque l’expérience et les faits enseignent une vérité philosophique contraire à un raisonnement rationnel, c’est à l’expérience de s’imposer et au raisonnement de se réformer."
St Thomas d'Aquin