Je considère comme science, l’ensemble des nos connaissances, ( relatif à nous mêmes et à notre environnement), qui découle d’études soumises à la rigueur de la logique.
Ces études se réfèrent, principalement, aux analyses d’éléments, de faits, et de phénomènes matériels, perceptibles et mesurables par nos sens, et qui présentent des caractéristiques suffisamment stables.
Dans ce cadre bien défini, la science est caractérisée, par un avancement constant qui s’accélère dans le temps, et qui semble trouver la source de sa progression en elle-même.
Se basant sur les acquis antérieurs, chaque génération apporte sa contribution à l’œuvre commun, soit par l’affinement d’anciennes connaissances, soit par de nouveaux apports. Chaque découverte, élargie la frontière de l’inconnu, car chaque réponse, engendre de nouvelles questions.
La science m’apparaît donc, comme une constante de nos facultés intellectuelles, qui induit elle-même sa propre évolution. Les limites de cette évolution coïncident avec celles de notre intellect. La science a donc encore du temps devant elle, si toutefois, sa complexité grandissante ne concourt pas à son implosion, avant qu’elle n’atteigne ses limites.
Les religions tentent répondre à une quête spirituelle, qui gravite autour des interrogations, sur l’existence d’un créateur*, notre origine, et la finalité de notre existence. Pour aborder les notions existentielles, elles ne disposent que des critères qui excluent toute certitude. Elles ne peuvent s’appuyer que sur des concepts qui en dehors de la Foi sont difficilement accessibles et facilement critiquables. Aussi, la principale faiblesse des religions réside dans le fait, qu’elles semblent impuissantes d’influer sur les défauts de la nature humaine.
Certaines s’accrochent désespérément à leurs principes, tandis que d’autres cherchent leurs voies, et essaient adapter la vie spirituelle aux progrès de la science et à l’évolution de la Société. En définitive, pour les individus le choix est simple, croire ou refuser les principes religieux.
La religion m’apparaît donc, comme une constante spirituelle définitivement liée à la nature humaine, qui lui confère sa portée et ses limites.
Considérez-vous la science comme une religion?
Parmi les réponses, je relève celle de Duan Yu, qui prend une position sans équivoque. Je le cite :
« Bien sûr.
Il a d'ailleurs été scientifiquement prouvé que les aires du cerveau responsables de la Foi sont celles responsables de la Science.»
Même si je saisis le sens que tu veux lui donner, je trouve gênant le terme « responsables ».
En effet, il est démontré, que le cerveau est partitionné pour assurer des fonctions spécifiques. Toutefois le cerveau n’est qu’un instrument, il n’est responsable de rien, les responsabilités incombent à celui qui l’utilise.
Le Tao me fascine. Il représente pour moi, dans son rapport avec le matériel, la propension vers l’équilibre, et dans son rapport avec le spirituel, la dualité du bien et du mal, Il m’évoque aussi la corrélation du matériel et du spirituel. Je retrouve ces deux éléments sous le même symbole, mais je ne peux pour autant les confondre, il n’y a pas d’égalité, mais complémentarité.
Il me paraît évident que dans notre existence le matériel et le spirituel coexistent. Ils sont complémentaires et interdépendants, mais la manque de concordances, aussi bien dans leur nature que leur objectif, ne me permet pas admettre que la science est une religion.
Avec quelques hésitations je rétorque, si la science serait une religion, alors la religion serait une science, or elle ne l’est pas.
Apparemment, puisque tu n’as pas expliqué le sens que tu lui donnes, ta formule “ la Bonne Équation ” a suscité quelques incompréhensions.
Je l’interprète à ma manière, et j’assimile “ la Bonne Équation ” que tu évoques à la notion de l’équilibre ou la tendance vers l’équilibre. Selon moi c’est une loi universelle, mais je ne peux l’appliquer qu’à l’environnement matériel.
Crois-tu, que l’incompréhension, des choses ou des concepts les divinisent ?
Je te cite :
« Ni l'un ni l'autre, mais comme le peuple profane est incapable de saisir les démonstrations, il ne peut pas comprendre que c'est effectivement la Bonne Équation. »
C’était probablement vrai du temps de Confucius, mais depuis l’enseignement a progressée, et l’éducation est devenue accessible à tous. Je pense, que de nos jours, ta remarque ne peut s’appliquer qu’à une minorité d’irréductibles, récalcitrants aux efforts intellectuels.
Aussi ta phrase me gène un peu, elle me rappelle un conte d’Andersen « Les habits neufs de l’Empereur. »
Un dernier constat. Les sciences de la matière sont en progression constante, à l’encontre de la spiritualité qui semble tourner en rond, comme un chien qui court après sa queue.
Fait de société concernant l’ensemble du tissu social : On se détourne de Dieu et des religions de nos ancêtres, pour adhérer à des sectes et pour consulter des mages, des marabouts, des diseuses de bonnes aventures etc. C’est le comble de l’ironie ! Pour remplir un vide spirituel ou devant l’inconnu, on retourne vers l’irrationnel qu’on a fuit en abandonnant la religion. Est-ce une attitude scientifique ?
Pour conclure :
Leur origine et leur objectif étant opposés, leur évolution disproportionnée, à mon avis, il convient distinguer science et religion.
Avis personnel, tenant compte de considérations spirituelles. La science ne peut se hisser au rang des religions et les religions ne peuvent être réduites au niveau de la science.
* Je considère que la notion de l’existence de Dieu, est plutôt du domaine de la recherche personnelle, tandis que j’assimile les religions à des faits de société.
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.........et l'ours blanc grogne