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 Georges Haldas

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cébé

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MessageSujet: Georges Haldas   Dim 1 Mai 2005 - 18:43

J'aimerais vous faire partager mon admiration pour un poète contemporain. Il s'agit de Georges Haldas.
Né en 1917, d'un père Grec et d'une mère suisse, il vit à Genève.
Depuis des années je le rencontre au Salon du Livre de Genève où il dédicace ses ouvrages. Cette années, je lui ai demandé la permission de donner des aperçus de sa poésie à des amis, via le Net .. alors voilà.

quelques détails sur G.H.



Vertige

Ni le temps ni le fruit
Ni l'ombre ou ce qui luit
Ni les jardins tranquilles
Ni la fureur des bêtes
Ni fièvres ni prières
ne m'assurent. Je suis
le vertige en personne
Un écho de celui
que l'on croit que je suis

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"Jacques 3:1 Ne soyez pas nombreux, mes frères, à devenir docteurs. Vous le savez, nous n’en recevrons qu’un jugement plus sévère"
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quarkenciel



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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Mer 10 Aoû 2005 - 12:35

C'est très inspiré...

Je comprends que tu aimes --27
Bisous --28
Jef
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Gilles
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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Mer 10 Aoû 2005 - 17:03

cébé a écrit:

Un écho de celui
que l'on croit que je suis
Georges Haldas dit beaucoup en deux vers. Mon idéal d'écriture.
 
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cébé

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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Mer 10 Aoû 2005 - 17:34

un autre parmi les milliers qu'il a écrit, en état de poésie



Le cachot


Il vient parfois un heure
on ne peut plus parler.
On ne peut plus chanter
faut-il enfin se taire
quand la dernière étoile
a cessé d'exister?
Que faut-il faire
quand le coeur étonné
soudain cessant d'aimer
cessant de n'aimer que lui-même
entend comme un murmure?
Comme un lointain murmure
il entend le torrent
dans le coeur lourd des hommes
tout là-bas du côté
qu'on se montre du doigt
Ô liberté!

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Gilles
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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Mer 10 Aoû 2005 - 17:51

cébé a écrit:
quand le cœur étonné
soudain cessant d'aimer
cessant de n'aimer que lui-même
entend comme un murmure ?
S'aimer soi-même (exclusivement) est le fondement de toutes les tyrannies. Je sens que je vais lire Georges Haldas. La Baconnière et L'Âge d'homme, ses éditeurs, sont distribués chez moi.
 
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cébé

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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Mer 10 Aoû 2005 - 18:05

Je te conseille vivement cette lecture, Gilles!

Je vais encore transcrire quelques-uns de ses écrits autres que les poèmes ( qui sont une petite part de ses oeuvres) , quand le temps me sera donné, afin de montrer un autre échantillon de sa puissance d'écriture.

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cébé

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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Jeu 11 Aoû 2005 - 19:26

Quelques phrases d'auteurs :

C'est dans les creux que descend l'eau. Et même l'eau vive. Elle ne couronne pas les sommets.
La lecture des mystiques - Eckhart, Ruysbroek, Thérèse d'Avila etc. - m'inspire moins de grands sentiments ou des "idées élevées" sur Dieu qu'un amour accru pour les petites choses quotidiennes et précaires. Oui, les moindres d'entre elles. Ou encore les particularités de chaque être. Car il me semble que c'est par là que passe le grand amour magnifiant, ce qui, à la plupart, paraît banal, insignifiant, négligeable. C'est dans les creux que descend l'eau. Et même l'eau vive. Elle ne couronne pas les sommets.

Notre malheur n'a de prix et de sens que relié à celui des autres.

Seule la folie de la compassion nous permet de résister — sans nous désagréger — à la folie meurtrière des hommes.

Sans la semence, les labours peuvent toujours attendre.


Cette étrange émotion que j'éprouve chaque fois en voyant, suspendu au portemanteau, une veste ou un chapeau. Qui me semble toujours comme le double abandonné de celui qui le porte. Ou, si on veut encore, comme le fantôme de sa présence.

et pour les poètes et autres écrivains :
C'est le rythme des phrases et le tempo général qui disent si on est porté ou non.

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Gilles
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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Jeu 11 Aoû 2005 - 23:35

cébé a écrit:
Cette étrange émotion que j'éprouve chaque fois en voyant, suspendu au portemanteau, une veste ou un chapeau […]
C'est étrange, une amie m'a dit exactement la même chose, l'autre jour…
 
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quarkenciel



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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Jeu 11 Aoû 2005 - 23:45

Vous avez dit bizarre ? Comme c'est bizarre, comme c'est étrange et quelle coïncidence --1
J'aime beaucoup le chapeau de Magritte quant à moi...

Bonne soirée à tous --8
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Gilles
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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Jeu 11 Aoû 2005 - 23:49

quarkenciel a écrit:
[…]J'aime beaucoup le chapeau de Magritte quant à moi...
C'est « le double abandonné de celui qui le port/ait/ ».
 
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cébé

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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Jeu 25 Aoû 2005 - 21:04

de Gorges Haldas
- Poèmes de la grande usure (1974)
Travail du temps



Impartagé

Mais nul n'aura reçu
le pain que je donnais
Et nul ne voulait boire
à ce vin qui n'était
pas de moi Le vin seul
de la haute victoire
J'offrais le sel aussi
de mes journées heureuses
Mais nul ne le savait
Nul ne voyait briller
cette neige à demeure
La tristesse où j'étais
de voir fondre les heures
sans toucher au repas
Ne buvant que de loin
la rumeur de la fête
Et l'écho de vos pas

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quarkenciel



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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Ven 26 Aoû 2005 - 17:33

--13
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cébé

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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Sam 29 Avr 2006 - 17:34

Comme chaque année, je suis retournée au Salon du Livre pour rencontrer cet homme Haldas! ... impressionnant de présence! ... à bientôt 90 ans, il est toujours là, quasi aveugle, il continue de dédicacer et d'accepter le blabla de ses lecteurs.
Poète, penseur, philosophe libre, il a eu son lot de souffrance qui transparaît dans ses poèmes et ses carnets.

Dans l'Orient Intérieur, carnets 1998, il écrit, le 4 avril :

Sous ma vie tour à tour dérisoire et médiocre, cette même souffrance de fond, comme un sang invisible qui coule et conflue invariablement vers le Golgotha, ce rendez-vous de la perte essentielle.

Cette patience qu'il nous faut pour supporter, dans les ténèbres, nos turpitudes et insanités, sans pour autant céder aux sirènes du désespoir.

Le pire étant d'assassiner la confiance de l'autre, qui est son étincelle — sacrée — d'innocence.

Tout ce qui nous a été donné, et que nous avons par une légèreté criminelle, gaspillé.

Comment ne pas éprouver, par moment, un sentiment de terreur en prenant simplement conscience de ce qu'on est. Dont témoigne, en dépit de nos efforts, notre vie misérable.

Tout mon travail, dans l'Etat de poésie, reposant sur cette conscience de notre misère. Et avant tout, en ce qui concerne ma propre personne. Et dont je souffre plus que jamais en cette veille du dimanche des Rameaux. Le plus étrange étant que je préfère cet état à toute forme de ce qu'on appelle bonheur. Car au moins, dans cette angoisse et cette déréliction ai-je le sentiment de toucher à ce qu'il y a de plus réel.

Et à partir de là, à continuer dans le sillon qu'il m'a été donné de tracer. Qui est le mien et celui de nul autre. Et précisément parce que j'ai, dans ce sillon, conscience d'être peu de chose, pointe le sentiment d'une fraternité universelle avec tout ce qui est perdu au monde et souffrant. Le seul point d'appui pour moi qui ait, dans la dérision même, quelque chose de christique.

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cébé

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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Dim 30 Avr 2006 - 12:11

Je termine la transcription de ce 4 avril, pour la mettre en évidence (et parce que je n'avais plus le temps, hier soir) .. elle dit beaucoup :


On voudrait parfois — si absurde que cela paraisse — recommencer notre vie. Ne fût-ce que pour racheter, s'il est possible, nos fautes et en particulier — mais c'est tout un — nos offenses faites à autrui.
Toutes choses que je ne peux noter ici qu'avec "crainte et tremblements" .

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Dernière édition par le Lun 1 Mai 2006 - 21:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Lun 1 Mai 2006 - 13:38

Très bien, vraiment très bien ! Merci Cébé.
Je ne connaissais pas Gorges Haldas et pourtant il me (re)donne envie d'écrire. Voilà ce qu'est un poète, pour moi. Un humain qui produit de l'inspiration.
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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Mer 3 Mai 2006 - 12:38

Il faut l'écouter (ou le lire) lorsqu'il s'exprime sur l'Etat de Poésie ... c'est magique! ... Pour lui, toutes les secondes d'une vie pourraient être vécues en Etat de Poésie ....

... si j'ai le temps, j'essayerai d'en donner un aperçu, d'après le petit livre qu'il a écrit sur le sujet.

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MessageSujet: Re: Georges Haldas   Sam 30 Oct 2010 - 14:44

L'écrivain et poète genevois Georges Haldas est décédé dimanche 24 octobre 2010 à l'âge de 93 ans et ses obsèques ont eu lieu vendredi 29 à Lausanne (ATS).

Georges Haldas ayant embarqué vers l’autre rive, Genève a gagné une ombre de plus. Une de ces ombres qui, de Rousseau à Bouvier, créent sa vraie lumière, celle des enseignes luxueuses et bancaires n’étant que des reflets grelottant dans la rade.

http://jncuenod.blog.tdg.ch/archive/2010/10/29/395fef295ba0e456410687cf43f9304e.html


Quelques citations tirées des carnets de 1995


C’est parce qu’on peur mourir à chaque seconde qu’il faut avoir des projets à long terme.

Dès qu’il y a trois acteurs dans un établissement, on ne s’entend plus. Pourquoi se croient-ils si intéressants ?

Tout est pour l’instant adversité. Tout va donc pour le mieux.

Non seulement le monde d’aujourd’hui est celui du « carnage » (Ezechiel), mais il est aussi celui de la perte de sens. Dans l’enlisement de l’économisme et d’une technologie qui en est la béquille. C’est la forme la plus banalisée, donc la plus redoutable de l’enfer. C’est là précisément qu’il faut, et pas ailleurs, chacun à sa manière, faire entendre le murmure de la Source.




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