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 Explication de texte Hegel

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netherx



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Date d'inscription : 12/02/2013

MessageSujet: Explication de texte Hegel   Mar 12 Fév 2013 - 18:29

Bonjour,
Voilà j'aimerais avoir une correction de cette explication de texte de Hegel :

Cette conscience de lui-même, l'homme l'acquiert de deux manières : théoriquement en prenant conscience de ce qu'il est intérieurement, de tous les mouvements de son âme, de toutes les nuances de ses sentiments, en cherchant à se représenter à lui-même, tel qu'il se découvre par la pensée, et à se reconnaître dans cette représentation qu'il offre à ses propres yeux. Mais l'homme est également engagé dans des rapports pratiques avec le monde extérieur, et de ces rapports naît également le besoin de transformer ce monde, comme lui-même, dans la mesure où il en fait partie, en lui imprimant son cachet personnel, et il le fait pour encore se reconnaître lui-même dans la forme des choses, pour jouir de lui-même comme d'une réalité extérieure. On saisit déjà cette tendance dans les premières impulsions de l'enfant : il veut voir des choses dont il soit lui-même l'auteur, et s'il lance des pierres dans l'eau, c'est pour voir ces cercles qui se forment et qui sont son oeuvre dans laquelle il trouve comme un reflet de lui-même.

Hegel, Esthétique, introduction.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Ce que j'ai fais :

Introduction
La conscience instaure une distance de l’homme au monde auquel il fait face. Ainsi, dans ce rapport intime (l’homme a à poser le savoir du monde), tout doit s’établir avec conscience, « avec savoir ». Mais l’homme est tout autant rapproché de lui-même, puisque ses actes, ses pensées, etc. sont accompagnés du savoir de soi dans ses actes, ses pensées, etc. L’homme est fondamentalement conscience de soi, à partir du moment où il revient librement sur cette racine qui engendre autant sa particularité que son universalité, à savoir le « je », point absolu de la réflexion. On ne peut alors nier l’importance de la réflexion, de la méditation, puisque ce type de comportement (intuitif ou discursif) renvoie toujours l’homme à sa conscience et à ce qui la constitue. Mais entre revenir sur soi, comme être socialisé, la conscience lestée de croyances, et revenir sur soi en tant qu’ego pur expérimenté, il y a une différence nette. C’est au philosophe de penser, et de (re) faire l’expérience concrète de soi, afin de dévoiler l’origine certaine de ce qui constitue la condition de possibilité d’une imbrication existentielle et intime de l’homme dans le monde. On verra ainsi, au rythme de la réflexion d’auteurs post-cartésiens, comment s’établit une égologie proprement dite, et si la conscience se suffit à elle-même pour sa reconnaissance.

I. le doute: préalable théorique à l’événement de la conscience de soi

a. Avec St Augustin s’ouvre à proprement parler la philosophie de l’intériorité en tant que le primat de la conscience instaure un nouveau rapport au monde. L’inquiétude pousse le sujet à se retirer pour un temps de l’extériorité, et de sonder les mouvances de l’esprit. Devant l’incapacité à pouvoir adhérer à telle conception relative au savoir, l’auteur des Confessions exposera son cheminement spirituel en quête de la vérité. Ainsi, même en ayant mis en doute les choses hors de moi, il me reste toujours une certitude, celle de la conscience que j’ai de moi-même, de mon activité intérieure toujours pensante. Et c’est au sein de sa propre intériorité qu’il est possible d’entretenir un rapport avec la vérité : « Ne va pas vers l’extérieur, entre en toi, car c’est à l’intérieur de l’homme qu’habite la vérité ».
b. Descartes reprend le même cheminement que St Augustin. C’est là aussi le doute qui fondera la conscience de soi comme première certitude inébranlable. Descartes ouvre la philosophie sur une réflexion de la subjectivité libre, de cet acte autothétique d’une présence à soi en toutes pensées et tout acte. Libre, puisque la pensée reste un élément actif dans la connaissance qui n’a pas besoin de déterminations extérieures pour fonder la certitude qu’elle a d’elle-même. Cette conscience de soi s’acquière sur un sol méditatif, et non au rythme d’actions concrètes : « il n’est pas maintenant question d’agir, mais seulement de méditer et de connaître ».
c. Husserl félicitera Descartes d’avoir le premier fait l’effort de diriger sa conscience sur son essence même. Ce phénoménologue utilisera la même méthode suspensive pour éclairer la structure de sa subjectivité fondamentale. C’est l’ « épochè phénoménologique » qui caractérise l’expérience concrète d’un sujet qui décide « au moins une fois dans sa vie », de se débarrasser de ce qui constitue son rapport voilé, ou « naturel » au monde. Ayant ainsi occulté les faits mondains, ainsi que les croyances, préjugés et systèmes de valeurs qui constituent mon regard inessentiel vis-à-vis d’eux, le sujet en vient à percevoir en lui-même l’ego pur, l’ego transcendantal, permettant ainsi de voir le monde selon ses regards conscients et intentionnels propres. La conscience de soi, comme conscience transcendantale, s’obtient au prix d‘une épochè générale, et me fait voir non comme ce simple sujet cartésien qui affirme « je pense donc je suis », mais comme ce sujet qui dit « je pense » et « tout ce qui m’apparaît en tant que pensée m’appartient » et constitue mon propre dans mon rapport au monde.

II. l’expérience fonde la conscience de soi.

a. Chez Kant, l’unité de la conscience est fondée sur celle de l’expérience. Kant, avec sa théorie du sujet transcendantal, permettra la résolution du problème de l’unité de la conscience que Hume déjà n’avait pu résoudre. Le sujet transcendantal explique à la fois l’unité de la conscience et celle de l’expérience : « Les diverses intuitions (…) ne seraient pas toutes ensemble mes représentations, si elles n’appartenaient pas toutes ensemble à une conscience de soi. »[1] ; ainsi, « L’unité de la conscience avec elle-même vient donc de ce qu’elle lie toutes les représentations de la même façon. Sans le sujet transcendantal, il y aurait une multiplicité de consciences, et chaque représentation serait perçue comme une conscience différente. »

III. Autisme du sujet ou lutte pour la vie

a. Le Moi infini fichtéen sera le principe déterminant de toute finitude. Le principe actif et spontané qu’est le Moi chez Fichte rend caduque la théorie kantienne d’une intuition sensible comme pure réceptacle des données extérieures. Le réel se construit depuis l’activité originaire du moi, et les concepts de l’entendement chers à Kant ne sont eux aussi que des produits de cette activité essentielle. Le sujet retrouve par conséquent une place encore plus noble que celle qu’il tenait suite à la révolution copernicienne. De fait, le Moi est antérieur car il est principe de production des éléments producteurs du réel, c’est-à-dire des concepts. De plus, au lieu d’être réduite, dans cette dimension cognitive, à une simple synthèse d’éléments par l’activité des catégories, la pensée s’affirme chaque fois comme ce qui se pose et ce qui pose. C’est le Tathandlung, acte dit auto-thétique, qui souligne l’aspect actif de la conscience qui se pose et qui se reconnaît immédiatement par le fait de poser et de se poser. Au contraire, chez Kant, on a vu que c’est l’unité produite lors de l’expérience qui permettait de comprendre l’unité du sujet, et ce à travers sa théorie de la conscience de soi comme aperception transcendantale.
b. Fichte se heurte au fondement ultime du moi. Il obéit à la dialectique du rapport du moi à l’autre au sein de la subjectivité du savoir de soi. Hegel, en revanche, s’en remet à la dialectique du moi et de l’autre dans le cadre de l’intersubjectivité de l’esprit, au sein duquel ce n’est pas avec lui-même comme avec son autre que le moi entre en communication, mais avec un autre moi en tant qu’autre. Avec Fichte, on touche à un moi solitaire, un moi qui se pose lui-même. Chez Hegel, on a un moi qui prend conscience de lui-même dans l’interaction avec une autre conscience de soi : « Ce n’est que sur la base de la reconnaissance réciproque que se forme la conscience de soi, qui est nécessairement liée au reflet qui apparaît de moi dans la conscience d’un autre sujet »[2]. Habermas soutient l’idée que l’esprit est la « médiation absolue » permettant à deux sujets de s’affirmer réciproquement comme conscience de soi. L’individuation, l’avènement du soi pour la conscience, est nécessairement un produit de la socialisation.

Conclusion

Quoiqu’on en dise, la conscience de soi qui s’acquière théoriquement est toujours déjà une conscience qui a goûté au monde. Ainsi, la conscience de soi s’établit elle-même au regard d’un monde qui indique sa limite, son isolement. Il n’est jamais question de nier le monde, et de vouloir s’observer intérieurement et perpétuellement à la manière du Dieu-pensée d’Aristote. Le sujet a toujours à s’établir vis-à-vis de ce qui lui fait face, et donc à reconnaître sa particularité à cet égard.

Voilà, merci de me corriger et me donner des bonnes explication.

Cordialement.
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Whynot



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MessageSujet: Re: Explication de texte Hegel   Ven 15 Fév 2013 - 5:08

Ouais bon je vois qu'on ne se bouscule pas au portillon pour te faire le brin de causette à ce que je vois, le brin de Cosette qui chercherait son Ténardier ... bon foin d'entrée en matière à nous deux mon gaillard !!

Belle esquisse, beau geste presque du sentiment, je note et j'admire .... mais hélas miroir mon bon miroir j'attends , comme dirait Beaudelaire, la Toile était levée et j'attendais encore...

Netherx tu atteins le moment subjectif où tu va devoir laisser les oripeaux de la culture pour descendre dans la caverne de ton coeur habiter tes propres oripeaux ... Passser de la docte jactance au savoir humble et besogneux du paysan qui laboure sa terre, espérer en obtenir à terme qui sait un peu de fruits
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Whynot



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MessageSujet: Re: Explication de texte Hegel   Ven 15 Fév 2013 - 5:59

Je n'aurai sans doute pas le temps de faire toute la route avec toi , au moins l'introduction
Citation :
Introduction
La conscience instaure une distance de l’homme au monde auquel il fait face. Ainsi, dans ce rapport intime (l’homme a à poser le savoir du monde), tout doit s’établir avec conscience, « avec savoir ». Mais l’homme est tout autant rapproché de lui-même, puisque ses actes, ses pensées, etc. sont accompagnés du savoir de soi dans ses actes, ses pensées, etc. L’homme est fondamentalement conscience de soi, à partir du moment où il revient librement sur cette racine qui engendre autant sa particularité que son universalité, à savoir le « je », point absolu de la réflexion. On ne peut alors nier l’importance de la réflexion, de la méditation, puisque ce type de comportement (intuitif ou discursif) renvoie toujours l’homme à sa conscience et à ce qui la constitue. Mais entre revenir sur soi, comme être socialisé, la conscience lestée de croyances, et revenir sur soi en tant qu’ego pur expérimenté, il y a une différence nette. C’est au philosophe de penser, et de (re) faire l’expérience concrète de soi, afin de dévoiler l’origine certaine de ce qui constitue la condition de possibilité d’une imbrication existentielle et intime de l’homme dans le monde. On verra ainsi, au rythme de la réflexion d’auteurs post-cartésiens, comment s’établit une égologie proprement dite, et si la conscience se suffit à elle-même pour sa reconnaissance.

La conscience instaure une distance de l’homme au monde auquel il fait face! Ben disons que celà commence il faut bien l'avouer assez ... mal ... Hegel est d'abord confronté tout comme un chacun de nous à l'immédiateté de l'expérience , de l'intuition sensible Le vrai du sensible perçu comme une évidence ... la distance de la conscience n'est donc qu'une relecture pieuse du moment fondateur qui est l'immédiateté de la perception et son intuition vraie ... L'homme a à poser le savoir du monde ?! .... vraiment ?!
Tout doit s'établir avec savoir .... Tout ? DOIT ? le savoir du monde est il un devoir?!
Mais l'homme est TOUT AUTANT rapproché de lui-même? Une phrase plus tôt tu semblais justement dire exactement le contraire à savoir que l'homme est distant du monde et donc ?! PUISQUE ses actes, ses pensées sont accompagnés du savoir de soi .... le savoir de soi ne vient il pas justement d'une découverte de déprise de l'immédiateté de l'intuitioin sensible, de l'impermanence, le "savoir de soi" est une découverte et non pas un puisque , un parce que mais plutôt un alors donc ...
Citation :
L’homme est fondamentalement conscience de soi, à partir du moment où il revient librement sur cette racine qui engendre autant sa particularité que son universalité, à savoir le « je », point absolu de la réflexion
Voilà encore une phrase wikipédiesque de belle envolée mais qui malheureusement tombe de par son indigence fondamentalement à plat?! Que vient faire ici la liberté? Que vient foutre ici quoi que ce soit qui s'appelle liberté? En quelle mesure le Je est il un point absolu? et est ce le Je réflexif qui s'engendre comme bipolaire particulier et universel? Tu pars d'un ensoi Je comme pure liberté reflexive duquel découle une position mixte particulier de l'expérience sensible et universelle de la perception catégorielle?!
Je n'est pas d'abord un point absolu, Je est une histoire qui chemine en tant qu'histoire balancé entre la perception des choses négativées comme impermanente et l'opposition alors de la perception négation de la négation qui en est la résultante en attendant une nouvelle confrontation à l'expérience
Il n'y a pas d'ensoi du JE préétabli, il est un moment conclusif d'un cheminement où il se découvre effectivement déjà là Il va du particulier à l'universel, mais redevient particulier ensuite pour redécouvrir de l'universel encore autre , un mouvement Je est le compagnon de ce mouvement qu'il engendre lui même et dont la réflexion n'est qu'un moment négatif pour aller vers son intuitioin finale immédiate , pur accomplissement jamais actualisé toujours en devenir .... rien à voir donc avec l'ensoi figé dans le marbre que tu décris
Citation :
Mais entre revenir sur soi, comme être socialisé, la conscience lestée de croyances, et revenir sur soi en tant qu’ego pur expérimenté, il y a une différence nette
Que vient faire ici la socialisation et les croyances ? Il n'y a pas d'échelle de valeur du je intuitif du monde et du monde social admettons que du je en tant que réflexif sur son cheminement et le cheminement des concepts même, l'un est le miroir nécessaire de l'autre , pas d'intuition sans réflexion, pas de réflexion sans intuition. Certes voilà bien là tâche dévolue au philosophe que de révéler le Je se produisant dans le monde et d'en définir les catégories qui donnent à penser, ... la certitude du je fondateur est effectivement Cartésienne et pusi Husserlienne mais encore une fois La conscience se suffit à elle même pour sa reconnaissance , phrase hautement ambigue à mon sens car qui est le Je et qui est la conscience , le flou demeure dans ton texte bien prudemment Le mot magique conscience vient s'accoler ou se coltiner au Je dans le brouillard salvateur qui reconnait qui et en quoi ce reconnaitre est constitutif de la conscience ?!

Bref beaucoup de vent , un peu de parfum et tu es prêt pour les salons parisiens , cherche à continuer à t'améliorer dans l'humilité des concepts qui doivent faire advenir ta conscience comme celle qui n'est plus celle qui affirmait somptuairement et sentencieusement de bonne vérité Hegelienne mais comme un instrument modeste pour une lumière bien réelle celle là fut elle luciole

Mais saches que tu fais partie de la Voie , hugh foi de Sachem mon grand ;-)
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geo rum phil

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MessageSujet: Re: Explication de texte Hegel   Sam 16 Fév 2013 - 12:56

Whynot a écrit:

La conscience instaure une distance de l’homme au monde auquel il fait face! Ben disons que celà commence il faut bien l'avouer assez ... mal ...

La phrase est très pertinente, dans le sens où on ne naît pas homme, on le devient. Cela veut dire que la conscience lui prépare le terrain pour qu'il advient. Comme la conscience est souvent défectueuse, pour telle ou telle déraison, l'animal social pourra seulement s'imaginer qu'il est un homme, comme le chien s'imagine qu'il est un homme pendant qu'il dort dans le lit de son maître. clin d'oeil

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