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 " De la Nature. Abrégé ".

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Neopilina



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MessageSujet: " De la Nature. Abrégé ".   Sam 20 Juil 2013 - 10:13



" De la Nature. Abrégé "

On trouvera dans cet Abrégé une métaphysique entièrement originale et nouvelle, ce n'est pas fréquent, solidement fondée par quatre textes majeurs, et donc les prémisses de la théorie de la connaissance, de l'éthique et du moyen de devenir sage par soi-même, directement induits par ces nouveaux fondements.
Cet Abrégé termine mon " De la Nature " qui se trouve dans mon journal intitulé " Des Dieux ", où se trouvent également de nombreux autres traités.

On peut avantageusement, à titre privé bien sûr, se l'imprimer pour en faciliter la lecture et l'intelligence.

Je ne viens pas de la Province, le cul botté par les Grands Dieux eux-mêmes, ayant accompli la prophétie de Tirésias, j'arrive tout droit du Temps de la Légende, des Héros, de la Mer du Couchant, la Mienne. Mon " De la Nature " est le troisième volet du triptyque homérique.

I - Une nouvelle interprétation du Poème de Parménide.

Dès la plus haute antiquité le poème de Parménide fait l'objet d'un triste consensus historique : on ne sait pas ce qu'il a voulu faire avec UN poème en DEUX parties, qu'il distingue avec un soin extrême. Cette claire transition figure dans le fragment VIII, plus précisément dans les vers 50, 51, 52. C'est eux, cette transition, qui font problème. Qu'a-t-il voulu nous dire ? Y répondre permettrait d'avoir une vue d'ensemble du poème, de comprendre quel était le projet de Parménide avec son " De la Nature " permettrait de renouer avec sa cohérence, qui nous échappe.

Nous ne disposons pas du poème en entier. Mais des générations de chercheurs, dès l'antiquité, ont compilé les fragments qu'on trouve ici où là. A la fin du XIXe et au début du XXe siècles, les plus grands chercheurs, philologues, se sont penchés sur ce texte, que plus personne n'entendait globalement depuis très longtemps. Même Platon ne l'entend pas, ce que prouve le pseudo-parricide dialectique du " Sophiste " ce sur quoi je reviendrai spécifiquement dans une autre intervention. Les dits chercheurs ont proposé des traductions motivées, et les interprétations qui vont avec. Certains allant jusqu'à torturer, modifier les textes pour qu'ils entrent en adéquation avec l'interprétation du texte qu'ils se faisaient a priori ! Peine perdue. Aucune n'est satisfaisante, ni ne permet de renouer avec l'intention de Parménide, de l'aveu même de ces chercheurs.

Je suis parfaitement incapable de proposer une nouvelle traduction. Par contre on verra vite avec les quelques exemples que je vais donner qu'une nouvelle traduction ne servirait pas à grand-chose : elles se valent toutes, ont été réalisées par les plus grands philologues, hellénistes. Et on ne réussit toujours pas à comprendre ce que voulait dire Parménide avec son poème en deux parties. Pour illustrer mon propos, je vais donner trois traductions différentes des vers 50, 51, 52 du fragment VIII, où Parménide dit clairement qu'il va passer à " autre chose " que la première partie. Les dits travaux ont tout de même réussi à générer des consensus qui ne font plus l'objet d'aucun débat, sur la façon d'ordonner les fragments, par exemple. Il n'y a guère que les derniers, très courts, et sans importance, qu'on pourrait changer de place, pourvu que ce soit après le fragment VIII où c'est très manifestement leur place, sans que cela apporte quoi que ce soit. Il y a des trésors dans ce texte, mais ils ne sont pas là, ils sont dans la première partie, celle qui a retenu toute l'attention dès Platon.

Le magistral opuscule de Beaufret chez Vrin propose :
Parménide ( Traduction de Beaufret. ) a écrit:
Ici je mets fin à mon discours digne de foi et ma considération qui cerne la vérité ;
apprends donc, à partir d'ici, ce qu'ont en vue les mortels, en écoutant l'ordre trompeur de mes dires.

La Pléiade propose :
Parménide ( Traduction Pléiade. ) a écrit:
Mais ici je mets fin au discours assuré
Ainsi qu'à la pensée visant la vérité
Désormais apprends donc l'opinion des mortels
En ouvrant ton oreille à l'ordre harmonieux
Du discours composé pour ton enchantement.

Nestor-Luis Cordero, dans " Les deux chemins de Parménide " chez Vrin, propose :
Parménide ( Traduction de. Cordero. ) a écrit:
Je termine ici le raisonnement digne de foi et la pensée concernant la vérité ; à partir d'ici, apprends les opinions des mortels, en écoutant la trompeuse série de mes paroles.

Et la liste est longue. Que nous disent le plus nettement ces vers ? De la façon la plus explicite, Parménide passe à " autre chose " que ses considérations catégoriques, péremptoires, enflammées, redondantes, et absolument redoutables, sur l'Être et le Non-Être, de la première partie et qui ont capté toute l'attention dés l'antiquité. Et il dit aussi clairement qu'il a moins de considération pour la suite. L'histoire lui donnera raison : la grandeur parménidienne se trouve effectivement dans la première partie, avant ces vers.

Le vrai défi dans l'histoire de cette énigme n'est donc pas tant philologique : à ce niveau, tout a été dit, tenté ; il consiste à se replonger, s'immerger dans le contexte autant que possible, à s'en imprégner. Ce sont donc ces vers de transition, explicitement tels, qui ont beaucoup dérouté, qui sont au cœur du problème posé par le poème. A la suite de tant d'autres donc, je propose une nouvelle interprétation de ce passage qui permettrait de renouer avec la cohérence globale intrinsèque du texte, avec ce qu'a voulu dire Parménide.

On a donc une première partie franchement ontologique, métaphysique, catégorique, péremptoire, habitée par un " souffle ", inspirée, et c'est celle qui a retenu l'attention, à bon droit, de tous ceux qui viendront à la suite. Et on a une deuxième partie franchement plate, lapidaire, désincarnée, où l'enthousiasme de Parménide a disparu. Forcément, anachroniquement, on pourrait la qualifier de scientifique, dans l'état où se trouve la science à cette époque. Mon interprétation est donc la suivante. Parménide ne rejette pas la science : en exigeant, en prononçant pour la PREMIÈRE fois, ce divorce épistémologique entre les deux grands domaines de la connaissance, avec un " De la Nature " en deux parties, il la porte sur les fonds baptismaux tout de même. Par contre, clairement, il fait d'emblée part de sa préférence : pour lui, ce sera l'ontologie, la dialectique. Et les éléates sont réputés pour ça. On n'est donc pas loin du mépris pour la science que les vers problématiques, de transition, illustrent : " Ici je mets fin à mon discours digne de foi... ", dit-il donc ( Vers 50, fragment huit. ), quand il passe de la première partie qui traite de l'ontologie — qui accouchera dans la foulée de la dialectique avec Zénon d'Elée —, à la seconde, qui est " scientifique ". Au moment des faits, il croit plus aux possibilités de la dialectique qu'à celles de la science, et il préfère clairement la première. C'est leur spécialité. Les éléates sont les pères de l'ontologie, de la dialectique, de la métaphysique, dans le sens où avec eux, pour la première fois, elles sont explicites, découvrent le langage qui est le leur. Tous les auteurs antiques sont unanimes : c'est Zénon qui a découvert la dialectique, et on sait qu'il fera un redoutable usage de cet outil. Ses fragments, qui gagneraient à être au moins autant connus que les arguments cinématiques, sont autant d'apories qui mettent la pensée, la connaissance de l'époque dans un embarras extrême. Il faut dire qu'à ce moment on entend tout et n'importe quoi dans le sens où cela mêle les deux domaines de la connaissance encore totalement indifférenciés, ce à quoi pour la première fois le poème tente de remédier péremptoirement avec cette articulation du fragment huit. Et à la suite, dans la seconde partie, qui est sienne, où il expose ses théories " scientifiques " à lui, et en laquelle il ne place pas le même enthousiasme que dans la première partie, relativement à son statut d'éminent ontologiste, dialecticien, il ne fait effectivement guère mieux que ces contemporains. Ce qui donne raison au dédain hiérarchique affiché dans les vers de transition. C'est cela qu'il fallait entendre avec un poème en deux parties.

Mais attention, malgré le choix et la supériorité déclarée de l'ontologie, de la dialectique, de la métaphysique, il n'est pas question pour cela de ne pas faire également de la " science " : il veut lui aussi faire système. Le poème a ouvertement une vocation totalisante, fragment VIII, vers 60 et 61, il dit :
Parménide ( Traduction Beaufret. ) a écrit:
Le déploiement de ce qui paraît, en tant qu'il se produit comme il se doit, voilà ce que je vais te révéler en entier, afin que le sens des mortels jamais ne te dépasse.

Dédain hiérarchique ne veut surtout pas dire rejet. Le devenir est toujours là et mérite pleinement explications, dorénavant siennes, propres, donc. Il sait que la science est nécessaire, indispensable, mais c'est donc autre chose que l'ontologie, la dialectique. Et il est le premier à la dire. L'objet des sciences, c'est les choses. Mais à l'ontologie, la dialectique, la métaphysique, la philosophie, reviennent l'Être, le Non-Être, l'Un, et rapidement, avec Aristote, dont la structure de l'œuvre entérine profondément la critique éléate, et qui forge le terme de métaphysique, l'Étant, sa version archétypale, générique, et les Étants. Platon, lui, ne l'entendra absolument pas, d'où le pseudo-parricide dialectique du " Sophiste ", pour pouvoir continuer à penser comme avant et nous proposer sa théorie de la participation. Le dit divorce, finalement, entre les deux grands domaines de la connaissance, philosophie et sciences humaines, d'une part, et sciences dites dures, d'autres part, aura finalement lieu empiriquement, laborieusement, historiquement, en, au bas mot, 2500 ans, avec pour résultat les cohortes de disciplines absolument bien différenciées qu'on a aujourd'hui dans les deux domaines.

Je tiens à remercier Linda, sa patience, et son intelligence de mon hypothèse, pour qu'au moins formellement ce texte ne soit pas un rébarbatif pavé parfaitement inintelligible.

" De la Nature ", Zénon d'Elée.

Pour enchainer sur II et même III, il est judicieux de trouver ici, après I et au début de II, peu importe, il y a continuité, trois fragments du " De la Nature " de Zénon d'Elée, ma source est " Les présocratiques " à " La pléiade ".

Fragment B 1.
Si l'existant n'avait pas de grandeur, il n'existerait pas. S'il existe, il est nécessaire que chaque existant ait une certaine grandeur, une certaine épaisseur, et qu'il y ait une certaine distance de l'un par rapport à l'autre. Et le même argument vaut pour celui qui est devant lui. Car celui-ci aura une grandeur, et un certain existant se trouvera devant lui. Or le dire une fois revient à le dire sans cesse. Car aucun existant n'occupera le dernier rang, et il n'est aucun existant qui n'existe pas en relation avec un autre. Donc, si les existants sont multiples, il est nécessaire qu'ils soient à la fois petits et grands, petits au point de ne pas avoir de grandeur, et grands au point d'être illimités.

Fragment B 2.
Si les existants sont multiples, ils doivent être grands et petits, grands au point qu'ils soient illimités en grandeur, et petits au point d'être sans grandeur. Car si on l'ajoutait à un autre existant, il ne le rendrait pas plus grand. Car si l'on ajoute à quelque chose quelque chose qui n'a pas de grandeur, il n'est pas possible que celle-là gagne en grandeur. Et de cette façon, il s'ensuit que que ce qui a été ajouté n'était rien. Et si la soustraction de quelque chose opérée à partir d'une autre chose n'a pas pour effet de rendre celle-ci plus petite, de même que l'addition de quelque chose à autre chose n'a pas pour effet de l'augmenter, il est clair que l'ajouté ou le retranché n'était rien.

Fragment B 3.
Si les existants sont multiples, il est nécessaire qu'il y en ait autant qu'il y en a, c'est à dire ni plus ni moins. Or, s'il y en a autant qu'il y en a, ils sont limités en nombre. Si les existants sont multiples, ils sont illimités. Car il y aura toujours d'autres existants entre les existants entre, et de nouveaux d'autres existants entre ceux-ci. Par conséquent, les existants sont illimités.

Conséquence inéluctable du poème de Parménide, le problème de l'étant fait son entrée fracassante sur scène. Et il n'y a qu'une façon de surmonter les apories de Zénon : entériner le divorce entre science et dialectique. Allons-y.

II - Du pseudo-parricide de Platon dans le " Sophiste ", et donc de l'Etant.

A la fin du " Théétète ", Socrate, Théodore et Théétète se donne rendez-vous pour le lendemain. Et donc le lendemain Théodore et Théétète se présentent au rendez-vous accompagnés d’un étranger, Théodore, début du dialogue : " Nous sommes fidèles à notre engagement d’hier, Socrate : nous voici à point nommé et nous amenons un étranger que voici. Il est originaire d’Elée. Il appartient au cercle des disciples de Parménide et de Zénon et il est un véritable philosophe ". Les choses sont donc bien claires, l’étranger est un éléate. On décide rapidement que ça sera Théétète qui donnera la réplique à l’étranger. Mais dans les dialogues platoniciens, il n’y a qu’un patron : Platon. Quand Théétète parle c’est Platon qui parle, quand c’est l’étranger qui parle, c’est Platon qui parle. Dans ce dialogue Platon à travers les personnages qu’il met en scène et fait parler, se propose de définir le sophiste et il le fait. Mais dès l’antiquité, c’est bien la longue digression centrale, qui court de XXIV à XLIV, et occupe la moitié du texte qui a retenu toute l’attention et fait l’objet d’une abondante littérature jusqu’à aujourd’hui.

Même si elle participe pleinement à la définition du sophiste, l’objet de cette digression est de ruiner, de surmonter, de dépasser l’orthodoxie éléate quant à l’Être et le Non-Être, dont le sophiste est censé se servir pour pouvoir émettre des discours erronés. Ces deux orthodoxies, en l’état, mettent littéralement la pensée, la connaissance, de l’époque, à l’arrêt. C’est premièrement, " l’Être est, absolument, et il ne saurait être autre, devenir ", et deuxièmement " le Non-Être, absolument, en tant que tel, n’est pas ". L’objectif du dialogue est donc de remettre en cause ces deux stérilisantes ultra-univocités. Faire dire à l’éléate, là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir, que l’Être n’est pas en quelques manières et que le Non-Être doit pouvoir également être d’une certaine façon, et ce afin de pouvoir continuer à penser, à penser le devenir.

Et effectivement à la lecture du dialogue, il semble que Platon parvienne à ses fins, mais j’ai dit " il semble " d’où mon expression " pseudo-parricide " Platon respecte Parménide, c’est celui qu’il respecte le plus, et redoute le plus. C’est pour ça qu’on parle de parricide, terme qui apparaît dans le dialogue lui-même, en 241 b – 241 e, l'étranger : " Maintenant j’ai encore une prière plus pressante à t’adresser ". Théétète : " Laquelle ? " L’étranger : " De ne pas me regarder comme une sorte de parricide ". Théétète : " Qu’est-ce à dire ? " L’étranger : " C’est qu’il nous faudra nécessairement, pour nous défendre, mettre à la question la thèse de notre père Parménide et prouver par la force de nos arguments que le non-être est sous certains rapports et que l’être, de son côté, n’est pas en quelque manière ".

Si Platon veut développer son propre système, il lui faut surmonter la critique éléate, il lui faut donc mettre à mal ces deux ultra-univocités dialectiques, et il le dit, d’où l’expression historique de parricide dialectique. Le " Sophiste " est un très grand texte, notoirement à cause de la digression centrale, où le dialecticien Platon est au sommet de son talent. Et il a donc plutôt intérêt, il y va de sa propre pensée. D’un point de vue doctrinal, il est sans doute le dialogue le plus important. Et beaucoup tienne pour acquis le parricide dialectique, Platon ayant surmonté la critique éléate, qui met la pensée, la connaissance, en panne, il sort celles-ci de ce cul de sac et nous propose sa propre théorie, celle de la participation, où le Non-Être a toute sa place et où l’Être n’est plus tout à fait ce qu’il était. Les éléates ne nient pas le devenir, c’est absurde de le soutenir. Comme tout le monde, ils se levaient le matin, les oiseaux continuaient à voler et à chanter, les choses non seulement à être mais à devenir. Mais les éléates n’en convinrent pas moins de poser l’Être intangible, immuable, étranger au Devenir, et que le Non-Être n’est rien d’autre que ce qu’en dit Parménide dans son poème.

Pour beaucoup, les éléates eux-mêmes ne proposent aucune alternative, ne disposent pas de l’issue, à ce que tout le monde considère comme des positions aporétiques. Mais l’aporie est ailleurs. Et ils défendent bec et ongles leurs positions. Si les fragments de Zénon sont tous plus gênants, aporétiques, les uns que les autres, c’est qu’avec ceux-ci il se propose de bien illustrer à quel point c’est la philosophie grecque toute entière qui est dans l’aporie. Il faut bien se souvenir qu’à l’époque le " philosophe " est aussi physicien, astronome, biologiste et s’intéresse à tout, qu’il cumule, si j’ose dire plusieurs casquettes.

Mais si mon interprétation du poème en deux parties est la bonne, les éléates proposent une solution, ils ont les premiers l’intuition que la situation est intenable, aporétique, qu’il y a deux domaines bien distincts de la connaissance, que ce divorce épistémologique entre les deux est un impératif. Mais Platon n’entend pas cette distinction donc l’orthodoxie éléate a forcément tord quelque part. Le résultat c’est le parricide dialectique du " Sophiste " très ironiquement mené soit dit en passant par un soit disant éléate. La digression centrale intervient comme suit au début de XXIV, l’étranger : " C’est que réellement bienheureux jeune homme, nous voilà engagés dans une recherche tout à fait épineuse, car paraître et sembler, sans être, parler mais sans rien dire de vrai, tout cela a toujours été plein de difficultés, autrefois comme aujourd’hui. Car soutenir qu’il est réellement possible de dire ou de penser faux et, quand on a affirmé cela, qu’on n’est pas enchevêtré dans la contradiction, c’est véritablement Théétète, difficile à concevoir ". Théétète : " Pourquoi donc ? ". L’étranger : " C’est que cette assertion implique l’audacieuse supposition que le non-être existe, car, autrement, le faux ne pourrait pas être. Or le grand Parménide, mon enfant, au temps où nous étions enfants nous-mêmes a toujours du commencement jusqu’à la fin professé contre cette supposition et il a constamment répété en prose comme en vers :

" Non, jamais on ne prouvera que le
Non-Être existe.
Ecartes plutôt ta pensée de cette
route de recherche ".

Tel est son témoignage. Mais le meilleur moyen d’obtenir une confession de la vérité, ce serait de soumettre l’assertion elle-même à une torture modérée. C’est là, par conséquent, ce dont nous avons à nous occuper d’abord, si tu le veux bien ".
Et, à la fin de la digression, c’est ainsi qu’il revient à proprement parler au sophiste, au début de XXIV, en 259 e – 260 e, l’étranger : " Il nous est apparu que le non-être était un genre déterminé parmi les autres et qu’il est distribué en tous les êtres ". Théétète : " C‘est exact ". L’étranger : " Il faut dès lors examiner s’il se mêle à l’opinion et au discours ". Théétète : " Pourquoi donc ? ". L’étranger : " S’il ne s’y mêle pas, il s’ensuit nécessairement que tout est vrai. Qu’il s’y mêle, l’opinion fausse devient possible, et le discours aussi. Juger ou dire ce qu’il n’est pas, voilà, je pense, ce qui constitue la fausseté, dans la pensée et dans le discours ".

Je ne reprendrais pas point par point les différentes argumentations, brillantes, qui amènent à la théorie platonicienne de la participation, qui a, entre autres, requis la ruine des deux orthodoxies éléates quant à l’Être et au Non-Être. A la fin de la digression, tout juste avant de revenir au sophiste, on a donc droit à ceci, l’étranger : " Il nous est apparu que le non-être était un genre déterminé parmi les autres et qu’il est distribué en tous les êtres ". Et avant même ce final radical on a eu progressivement droit à une foule de conclusions toutes plus scandaleuses, inadmissibles, les unes que les autres pour l’éléatisme, et ce afin de parvenir à la théorie platonicienne de la participation. Prenons par exemple celle-ci, en 256 e – 257 b, l’étranger : " Quand nous énonçons le non-être, nous n’énonçons pas, ce me semble, quelque chose de contraire à l’être, mais seulement quelque chose d’autre ". Si un éléate s’était trouvé devant Platon, il l’aurait tout de suite arrêté. En substance ainsi, l’éléate : " Tu as pu dire Non-Être ? " " Oui " " Donc au moins dans cette mesure, il est ? " " Oui " " Donc le Non-Être existe, est, et est Un " " Oui, c’est très exactement ce que j’ai dit ! " " C’est pourtant, ce pourquoi, très précisément, en tant que tel, le Non-Être, n’est pas ". " … Mais c’est peut-être autre chose ? " " Non. Ce mince, très mince, bibelot, tel que nous venons de l’enfermer, de le circonscrire, ne peut plus rien être d’autre et on ne peut rien en dire d’autre. Alors posons-le dans un coin, et parlons donc de cette autre chose ". Je peux écrire, dire, " Non-Être ", donc ne serais ce que dans cette mesure, il est, ce pourquoi très précisément, absolument, en tant que tel, il n’est pas. Ceci bien entendu, il n’y a plus qu’à paraphraser, répéter, ce que Parménide en dit dans la première partie de son poème. La pensée ne peut que s’écarter de cet objet, le plus fantomatique qui soit qui ne peut rien être d’autre et dont on ne peut rien dire d’autre. De même, quant à l’Être, un éléate face à Platon n’aurait jamais admis, que celui-ci puisse ne pas être en quelques manières. Le Non-Être est posé sur une étagère et il y prend définitivement la poussière. Et deux mille cinq cents ans plus tard, il s’avère que les éléates avaient raison, ils ont eu l’intuition de la nécessité de ce divorce entre les deux domaines fondamentaux de la connaissance, ce que je crois donc discerner dans le poème. Et effectivement la connaissance se sert de l’Etant, j’entends par Etant, suite à ce divorce, tout, absolument tout ce qui advient intérieurement, produit par l’a priori, et qui une fois advenu ne saurait devenir. Si on interdit à Platon l’usage du Non-Être, comme je l’ai fait au-dessus, on réfute son postulat qui dit que le penser et parler faux, l’erreur, le discours erroné, impliquent l’existence du Non-Être, qu’il soit d’une certaine façon, ce qui l’amène à attaquer l’orthodoxie éléate quant au Non-Être. Mais ontologiquement parlant, ceux-ci sont des Etants à part entière, comme les autres. Il n’y a pas d’autre Non-Être que celui que j’ai circonscrit. On peut penser une chose totalement fausse, cela ne l’empêche surtout pas d’être pleinement un Etant. Il y a du vrai dans toute pensée dans la mesure où celle-ci est, c’est tout. Mais cela ne l’empêche surtout pas, au cas échéant d’être totalement fausse. Un exemple. Je vois un renard traverser la route, à la suite de quoi, j’affirme : " Une fouine vient de traverser la route ". Cette proposition d’un point de vue philosophique, dialectique, ontologique, ontique, est un Etant absolument pleinement tel. Par contre le fait que ça soit un renard et non une fouine qui a traversé la route relève de la zoologie, de la science, et est philosophiquement, ontologiquement, quand même un Etant à part entière. Et c’est la zoologie, la science, qui apporte la solution, qui dit que c’était un renard et non une fouine, pas la philosophie. " Tu as vu un renard ", c’est en soi un Etant, mais dans ce cas et beaucoup d’autres, le rôle de la philosophie se borne à le constater et s’arrête là. Le renard intéressera la zoologie, la biologie, l’écologie, l’éthologie, etc., en un mot, la science. En supposant qu’on veuille faire une thèse scientifique donc, sur la biologie du renard, cela se fera tout de même grâce à un maximum d’Etants concernant le renard. C’est l’examen par la conscience critique, sous une forme ou une autre, par la ou les disciplines concernées, d’une collection d’Etants suscitée par une même chose extérieure qui me permet de connaître celle-ci, de savoir. Dans le cas des Etants advenus intérieurement spontanément (Pensées, rêveries, fantasmes…), l’objet à connaître est le Sujet que je suis à priori. Et même si mon interprétation du poème est erronée, le dit divorce a de toutes façons historiquement eu lieu, empiriquement, laborieusement. On a désormais une foule de disciplines parfaitement différenciées.
La seule façon de surmonter l’orthodoxie éléate est de sortir de la situation aporétique où se trouve la philosophie grecque toute entière est d’entériner ce divorce entre philosophie, dialectique, sciences humaines et sciences dures, ce que propose, me semble- t-il, pour la première fois Parménide avec son poème en deux parties. A partir de là, comme je l’ai déjà dit, l’intégrité dialectique de l’Être et de l’Etant peuvent et doivent subsister dans l’intérêt même de la connaissance. Il y a bien aujourd’hui deux grands domaines de la connaissance parfaitement différenciés. Chez moi, l’Etant est le fruit de la perception, et donc au lieu de réduction phénoménologique, je dis " perception – réduction Idéalisante ", parce que c’est elle qui génère des Etants, de l’Être. Nous, et même nos deux chats, fonctionnons a priori, scientifiquement, biologiquement, neurologiquement et philosophiquement dit ainsi. Et l’Etant une fois advenu ne pourrait devenir, même si l’instant d’après la même chose extérieure suscite un nouvel Etant, qui ressemblera sans doute beaucoup au précédent s’il est question de mon stylo.
Mais il y a d’autres exemples de choses moins triviales qui peuvent susciter en moi des Etants manifestement différents. Voilà ce qui subsistera aujourd’hui de l’orthodoxie éléate : l’intégrité dialectique de l’Etant. Même si les débats sont loin d’être clos quant aux modalités concrètes de la perception et de la connaissance, personne ne remet en cause l’intégrité dialectique du fruit de la perception, ce pourquoi, à propos de celui-ci, je dis Etant. Je crois qu’on a là, enfin, une définition simple, consensuelle, non-problématique, de celui-ci. La perception génère des Etants, c’est pourquoi je parle de " perception – réduction-Idéalisante " et ce pourquoi je pense que l’ontologique et le phénoménologique sont absolument consubstantiels. L’Etant, pleinement donné a priori et intrinsèquement suspect, puisque relevant de Ma Subjectivité, c’est donc le lieu correct du cogito, et le matériel de base de la connaissance, du savoir, de la conscience qui sera forcément critique. Chaque Etant étant le fruit de Ma subjectivité, du Sujet, de l’ priori, dans l’absolu devrait faire l’objet d’une démarche inquisitoriale de la part de la conscience critique. Et une fois ce divorce entériné, la science ayant récupérée ce qui lui revenait, que reste- t-il de l’Être ? Se pourrait-il qu’il ne soit plus qu’un produit de la pensée obtenu a posteriori et a contrario en ôtant tous les attributs d’un Etant, à commencer par le premier d’entre eux, le fait qu’il advienne, se déploie, intérieurement, Un ? La question semble se poser, mais je me garderais bien d’y répondre à la légère. On verra.

Je tiens à remercier la patience et la gentillesse de Nathalie Joly sans laquelle ce texte serait formellement proprement imbuvable.

III - Du cogito.

- J’en ai marre : à peine inaugurée, cette nouvelle série de textes m’a ramené au grand galop droit au cogito. Encore et encore.

- Je veux reprendre mon propos là où je l’ai laissé dans le dernier texte de cette nouvelle série simplement intitulée « Dialectique ». Le paradigme cartésien, bien plus que de méconnaître, exclut l’En-Soi, le Sujet premier, qui s’avère névrotique, qu’il faut évidemment intégrer pleinement et explicitement. Ca, ça serait un cogito. C’est un scandale dont on n’a pas fini de s’étonner. Sans lui pourtant, par exemple, les montagnes de cadavres directement générées par les morales, les religions, le marxisme, et j’en passe, qui ont tous leur lot, toujours perdants, de gentils, sont parfaitement incompréhensibles. C’est chaque fois le même ressort. Un Discours, une Dialectique, instrumentalisent le Sujet a posteriori dont, notoirement, son Agressivité constitutive, et libèrent ceux-ci. « Tu bavardes ». « Je sais ». Et je l’ai su dès la première ligne de ce texte. Il faut, de la façon la plus rigoureuse qui soit, c’est à dire dialectique, métaphysique, puisque je suppose que c’est possible et rien de plus pour l’instant, ne m’en déplaise, modifier le paradigme cartésien en démontrant effectivement qu’il est inadvertancier, réducteur, et ce faisant, il sera modifié.

- Il faut reprendre le cogito, chercher les vérités que je suppose réelles, effectives, ressenties, pour vérifier si elles sont effectivement réelles. Il faut déboucher dialectiquement sur l’En-Soi, qui est au cœur constitutivement de tout Sujet, qui est premier, et ce faisant l’intégrer complètement, lui rendre sa place, première, élargir à celui-ci le paradigme en vigueur. Et évidemment, démontrer, ce faisant, que premier, il menace en permanence. Avant on disait, faute de mieux, instincts, pulsions et j’en passe. Si historiquement, idéologiquement, philosophiquement, le prolétaire est passé de mode, nul doute qu’il existe encore des Pauvres, avec une majuscule, dialectiquement dit donc, et leur Cause, le Capital. Le néo-éléatisme sera également un néo-marxisme, et cette fois, contrairement au marxisme et au Capital, il sera non-violent. Mais, même si le bavardage est bien étayé, ça reste, dialectiquement un bavardage. Le cogito méconnaît le Sujet premier, névrotique, l’En-Soi. Pouvait-il en être autrement ? Le cogito, c’est cette boucle de la conscience sur elle-même. C’est le miroir et le reflet « parfaits » ( Je vais largement revenir sur ce terme, comment je l’entends dans ce cas. ) de la conscience, de la pensée. Et donc implicitement, en puissance, de ses imperfections caractéristiques constitutives, à commencer par l’ignorance a priori, de prime abord, de l’En-Soi, du sujet premier, névrotique.

- Le cogito nous montre la conscience telle qu’elle se trouve dans un premier temps. En reprochant à la conscience, au cogito, de méconnaître le Sujet premier, l’En-Soi, j’oublie que c’est effectivement forcément a priori le cas, que c’est le cas de tout un chacun avant de commencer à savoir.

- Le cogito, cette expérience forte d’ordre intime, résulte de la concomitance de trois éléments constitutifs : la conscience, le miroir, le reflet, « parfaits » de notre ignorance a priori. A priori, la conscience ne sait rien du Sujet, premier, névrotique. Que suis-je en train de faire ? « Tu réfléchiras plus tard crétin ! ». Chaque fois que j’ai repris le cogito, le critiquant, je critiquais ce que nous sommes dans un premier temps, la primo-Situation, comment nous fonctionnons. Il n’y pouvait rien, à moins d’aller plus loin, d’être autre. Sa seule responsabilité est celle du miroir, de ne pas être allé plus en avant. Le cogito n’a jamais délivré personne, bien au contraire, c’est l’Envolée de Murailles, l’Emprisonnement, dont s’inquiète très vite la République des Lettres et des Savants européenne. On fait l’expérience forte à travers cette boucle « parfaite », close sur elle-même, de sa subjectivité, sans être délivré de celle-ci, sans être informé sur la nature de celle-ci. Bien au contraire, je le répète. Ce miroir parfait montre parfaitement l’imparfait. Sans le transformer, sans mettre sur la piste de ce dernier, sans être donc un commencement rédempteur. Pourquoi l’Envolée de Murailles, l’Emprisonnement ? Parce qu’il n’est que ce que j’ai dit ? Mais à partir de là, moi aussi je piétine. J’y reviendrais. Le cogito est un commencement parfait mais forcément imparfait ( J’ai hésité. ) parce que commencement de surcroît, resté en l’état. Et donc, à sa suite, il ne faut pas aller de l’avant, comme on l’a fait, depuis Descartes, même si ce qui s’est dit dans cette perspective s’avère grandiose, utile, mais il faut aller à rebours : à la conquête, par la connaissance, par la conscience, par une foule de disciplines advenues depuis, par la Dialectique, du Sujet, de l’En-Soi. « Terre ! » disait Hegel à propos du cogito. Rien de plus faux, dramatique, c’est même très exactement l’inverse, c’est une injonction à prendre conscience qu’on est déjà constitutivement dans la Mer du Couchant où tout un chacun, comme Ulysse, effectue son propre Périple, les ignorants disent Destin. Somme toute, en attaquant le cogito, j’attaquais le Sujet caractérisé par cette expérience, seulement trahit, débusqué, une première fois par celle-ci, mais j’attaque aussi l’usage qu’on en a fait. A la suite de son instrumentalisation en ostracisme dogmatique, une très grande injustice a été faite à Nietzsche, aux « Francs-Tireurs», quand bien même, c’est vrai, ils étaient dialectiquement hors-cadre, paradigme, cartésiens. Et moi, même si je m’insurge, bondis, dès la première expérimentation, je sais qu’il y a loin de la réaction viscérale, des intuitions confuses, aux démonstrations. Le cogito, c’est cette expérience forte de la Subjectivité, mais il reste une prise de conscience de soi imparfaite. Il ne devrait pas avoir d’autres conséquences que l’invitation à mieux se connaître, à voyager. Ca n’a pas été le cas. Une fois qu’on a fait une telle expérience de sa Subjectivité, la connaissance de Soi, de son support, est la suite la plus impérative, catégorique. Je répète : le cogito permet une conscience de Soi, certes remarquable, mais toujours « d’abord » aussi imparfaite que celui qui la fait. Voilà le cogito du cogito. Le cogito de Descartes aurait dû offrir à la conscience deux objets à questionner : elle-même donc, ce qui a été consciencieusement entrepris, mais aussi le Sujet premier, l’En-Soi. Avec le cogito du cogito, je me vois toujours imparfaitement, faire l’expérience imparfaite et « parfaite », dans le sens où elle ne pouvait pas être autre, du cogito. A la suite du cogito, il faut se dire qu’on vient de faire l’expérience imparfaite de Soi et d’expérimenter l’imperfection de Soi. Maintenant le cogito est complet, achevé, et attend sa suite. Se voir en train de se voir permet de limiter l’Envolée de Murailles qui doit sans doute beaucoup à ce manque de recul, à la solitude et à la perfection de la boucle cartésienne. Le cogito achevé est ce commencement, une injonction à mettre en œuvre le « Connais-toi toi-même ». Cette nécessaire et remarquable expérience de sa propre Subjectivité par la conscience nécessitait pour éviter l’Envolée de Murailles une prise de distance, de conscience, une interrogation supplémentaire, sur l’ensemble de la scène, de la situation, sur ce qui fait cette expérience et sur Soi en Soi. La démarche du cogito partant de Soi en tant que conscience, sans nommer le Soi support de cette conscience, pour s’arrêter à l’expérience de celle-ci par elle-même aurait dû revenir explicitement à sa Possibilité, à Soi en Soi : je suis loin, très loin, de n’être que la chose qui peut faire cette expérience. Voilà comment le Sujet premier qui s’avèrera névrotique, a été exclu, escamoté, congédié, omis, en toute inadvertance. Descartes a fait une belle découverte, qui l’a accaparé. Comme je l’ai déjà dit, la seule issue non-inadvertancière était le retour à la chose qui précède cette autre chose qui peut faire cette expérience remarquable. Si celle-ci doit évidemment être questionnée en soi, il fallait la circonscrire par le retour sur sa possibilité : le Sujet. L’Envolée de Murailles, l’Emprisonnement, adviennent à cause de cet oubli du Contenant qui devient inaccessible. Je me répète, c’est évident, mais je teste mes conclusions en les obtenant différemment et revenir sur ses pas, s’attarder lorsqu’on se promène aux Confins est vraiment la moindre des choses, constitutif de recherches forcément tâtonnantes. A la découverte du reflet devait succéder la découverte du Soi par le reflet. Soi est ainsi oublié et escamoté. Pour pouvoir réintégrer le, accéder au, Sujet, il fallait donc d’abord se remettre dans la Situation du cogito et comprendre finement celui-ci. L’Issue, aussi problématique soit-elle, c’est Soi, désormais bien distinct de la conscience. Mais pour l’instant la seule chose qui soit bien claire, c’est qu’il reste beaucoup de travail avant que mes intentions soient démontrées ou invalidées, avant qu’il y ait effectivement reprise du cogito.

- Je ne suis pas un intellectuel. Je lis occasionnellement des intellectuels depuis plus de vingt ans et il m’arrive de les entendre, de les écouter, à la télévision, j’ai eu tout le loisir d’expérimenter et de connaître la différence. A contrario, je peux à l’envie, si je n’ai pas de soucis, suis en forme, décider une expédition aux Confins dialectiques, décider de faire de la métaphysique. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde, y compris aux intellectuels : certains en sont même parfaitement incapables. Cet épouvantable foutoir ( Il s’agit de mon journal, qui comprend in extenso ce « De la Nature », fait plus de dix mille pages 21 x 29,7 manuscrites. ) n’a pas que des défauts. Il y a ici largement de quoi faire système. Mais j’ai une peine incroyable à accomplir l’énorme travail de synthèse requis. Même s’il y a un beau potentiel, un espace libéré significatif, ça fait belle lurette que j’ai constaté que je n’étais pas apte aux développements. Je déglutis. Plutôt explorateur que bâtisseur, nul doute.

- C’est de deux façons que le cogito s’impose comme commencement radical : une fois qu’on a fait cette expérience, on est prisonnier de celle-ci et donc à la suite, il s’impose à soi historiquement. Eut égard à son importance inaugurale et paradigmale, celui qui se propose de philosopher se doit de passer par celui-ci s’il ne veut pas être un Marginal, exclut de ce grand mouvement historique, quoi qu’il en soit et quoi qu’il en pense, a priori. Il est indéniable que ce mouvement, prisonnier de sa propre inadvertance paradigmale constitutive a exclu, ne pouvait pas intégrer, des discours majeurs. Sartre a pris le soin extrême de s’inscrire explicitement et pleinement au sein de cette tradition, de ce Paradigme. Ce n’est pas son combat le plus bruyant, mais celui-là est irrémédiablement inamovible. Evidemment, j’ai toujours regretté que cet homme, comme Nietzsche, perde son temps à ce point avec la littérature, l’art. Et de « là », la « Critique … » de Sartre est vouée à l’échec.

- Un même désir totalisant anime l’œuvre littéraire et l’œuvre philosophique chez Sartre. Chez Nietzsche, elles ne font qu’un. Chez Sartre l’œuvre philosophique a pour but de garantir son statut de Jalon dans l’histoire de la philosophie. Mais ce faisant donc, il devient l’un des grands gardiens du temple. Et par là même, dialectiquement, prisonnier de ce Paradigme. On ne peut pas tout avoir : même s’il y a des morceaux étincelants, des pans entiers de « L’être et le néant » ont très très mal vieillis, ne sont pas de facto à la hauteur du phénomène humain, comme l’est tout existentialisme. L’existentialisme sartrien qui s’inscrit délibérément, explicitement, pleinement, au sein du paradigme cartésien impeccablement conformé par celui-ci, en est grevé d’autant, « comptablement », dialectiquement, dit. De Descartes à Sartre, parce qu’il a voulu et réussi cette inscription, une région du Monde a été consciencieusement explorée par des penseurs extraordinaires (Kant, Hegel, Husserl, Heidegger, … ), il est temps de passer au « reste », sur lequel il faut accéder, ne nous en déplaisent, moi le premier, en partant du cogito. Cette nuit avec le texte précédent et celui-ci, il me semble avoir découvert l’Issue de la forteresse cartésienne par où arrive la conscience qui va faire cette expérience, et qui s’était ainsi enfermée en toute inadvertance. Sachant qu’on peut toujours réintégrer cette Situation à l’envie, il faut l’élucider au mieux, y voir clair dans le poêle cartésien. Et ce, sans se précipiter. Si la moisson déjà effectuée par ce mouvement est grandiose et ainsi conformée, limitée, a priori, elle n’est donc pas exhaustive. L’intelligence aiguë de la Situation du cogito provoque un recul supplémentaire qui permet de voir, d’accéder à, de donner, de rendre disponible, dialectiquement, Soi en tant qu’En-Soi, qu’A priori, que Sujet névrotique. Celui-là même qui jusque là, demeurant inaperçu, a été escamoté par le cogito et par là même interdit à la pensée philosophique comme je l’avais déjà dit il y a de nombreuses années lors de ma première reprise du cogito. Mais il fallait laisser advenir la lumière dans le poêle où Descartes s’est imprudemment retrouvé enfermé. A la boucle de la conscience sur elle-même, sur Soi en tant que conscience, il fallait que succède la conscience de Soi comme support, énigmatique, de celle-ci, comme Objet à questionner.

- Je viens de relire ce qui précède, j’ai failli prendre une aspirine. C’est confus, désespérant. Il en est ainsi des tâtonnements. J’ai l’impression d’avoir malmené la Situation, le Paradigme, de départ, le cogito. Dorénavant, semble-t-il le Sujet en tant que tel est visible, disponible, donné, philosophiquement. Si c’est effectivement le cas, c’est déjà très bien. Et pourtant, même dans ce cas, je le trouve bien maigre, sans épaisseur. Que le Sujet en tant que tel soit accessible philosophiquement, ça serait bien. Mais même là, il subsiste un problème, c’est le « philosophiquement ». On sait maintenant que névrotiquement, psychiatriquement, s’impose dans un premier temps. Mais on a assez vu ici que je ne suis pas des orthodoxes historiques dans ce domaine aussi. Ici, qu’il soit question de philosophie ou de psychiatrie, et certainement d’autres, c’est toujours « dialectiquement » qui est l’usage. L’éléate s’intéresse à ce qui est et à Ce qui Est. Il y a la science et la Dialectique. Il s’abreuve à la première et pratique la seconde. La science a eu ses approximations historiques, la dialectique a encore les siennes. Cinq jours après la rédaction du premier texte, il n’est toujours pas classé ce qui est révélateur. Il est enfin, simplement, à peu près transparent. Indéniablement, le Paradigme a été malmené. Toujours indéniablement, il faudra faire mieux. Exemple, en l’occurrence le plus urticant : comment l’expérience faite lors du cogito génère les inadvertances constitutives de celui-ci ? La genèse de l’Envolée de Murailles, de la Prison, n’a pas encore livré tous ses secrets. Et l’une des innombrables conséquences du tout est le problème de l’accessibilité dialectique, philosophique, du Sujet en tant que tel. En effet, philosophe « d’abord » produit par ma culture à notre époque, je n’ai pas la prétention de provoquer la dégradation de l’état de synthèse maximal de ma culture, toute entière : c’est tout simplement en cours. J’aimerais juste précipiter ce mouvement empirique de fond historique en contribuant à contraindre mes contemporains à en prendre conscience et à l’entériner en le disant donc le mieux possible. « Contraindre » en rendant incontournable. En tout état de cause « contraindre » : je me coltine moi-même depuis quelques années les résistances colossales émanant du Sujet qui ne veut pas a priori des connaissances le concernant. En m’attaquant au Sujet en Soi, je m’attaque à tout le monde. Cent ans et plus, après l’effraction freudienne, celle-ci est toujours marginale, dialectiquement dit. Il faut y remédier. En attendant que soit accompli le « Tout l’Inadvertancier constitutif doit disparaître », on ne devrait même pas avoir le Droit de sortir de chez soi. C’était juste pour illustrer mon propos, mais c’est dans l’absolu, dialectiquement, strictement, la vérité. Après ça, on comprend effectivement que même l’éléate soit « disposé » à « composer ». Je mets des guillemets à « composer », il y a expressément une façon éléate de « composer ». Ça sera l’ultime Morale. Et la Morale provisoire de Descartes en est le timide précurseur historique. Pour qu’elle devienne un joug, un cap, il faut la libérer. Je n’en suis pas encore là. Le paradoxe du cogito, c’est très précisément cela : il aggrave l’inadvertance qu’il permet d’expérimenter, d’où, peut-être, ça reste à préciser, l’Envolée de Murailles, et la force intime de cette expérience. Dernièrement je me suis rapproché encore un peu plus de l’économie, de la structure, intimes du cogito. Mais elle n’est pas encore là, sur le papier, aussi explicite, limpide, que je le voudrais. Le cogito en se coupant du Soi en tant qu’En-Soi, ce faisant, se coupait de l’Extérieur, du Donné a priori : vent de panique qui aura pour contrecoups l’œuvre de Kant, la phénoménologie, pour ne citer qu’eux.

- Il faut élucider complètement la Situation, c'est-à-dire son Inscription a priori dans Son Monde. Vaste prémisse de la dialectique. Situation où peut donc se produire le cogito. Et ce, puisque cela s’est imposé historiquement, à tort ou à raison, à partir du cogito. Pour moi, éléate, le point de départ idéal. Je dis n’importe quoi : le point de « départ idéal », complètement instructif rédempteur, ne saurait exister. Il faut cheminer. Et c’est toujours laborieux. Eut égard à ma propre expérience, je ne crois plus aux expériences qui délivrent beaucoup et vite. Notre cerveau ne le permet pas et le Sujet a priori ne le veut pas. C’est peu à peu et en insistant lourdement qu’on change, que le Voyageur remplace le Sujet, l’Ignorant.

- Je ne crois évidemment pas à une humanité qui globalement cheminerait, mais plutôt à l’avènement de Sujets qui auront de moins en moins besoin de cheminer, comme cela s’entend, pour des individus aussi constitutivement tordus que nous. Que nous puissions être riches de nos erreurs, ça, c’est surhumain.

- Spectaculairement à cause du cogito, on se retrouve avec une conscience de soi en tant que Subjectivité pure, une boucle de la conscience sur elle-même, séparées, isolées, de leur origine biologique et dialectique, Soi en tant que Sujet, l’En-Soi. Ainsi advenue, constituée, elle se trouve donc être également isolée de tout le reste, c’est l’Envolée de Murailles. Mais si la porte s’est refermée de façon constituante dialectiquement sur la conscience de la conscience, cela ne vaut pas pour tout le reste : ça n’en finit pas de débouler dans le Bocal intérieur, dans le poêle cartésien : sensations, désirs, passions, rêveries, pensées, impressions, jugements, représentations et j’en passe, je dis pour tout cela « Etants ».

- Tout cela, au moins est disponible, donné. Et nous parlent « d’abord » de soi en tant que Sujet, la seule Issue, même si elle est terriblement compromettante, source de Ma Subjectivité, c’est Soi. Tout le reste, également, est donné, il suffit de préciser que c’est à travers l’En-Soi, l’A priori, et c’est donc tout le problème. Entre la conscience et l’Extérieur, il y aura toujours le prisme conformant, inducteur, de l’En-Soi.

- L’extérieur sera donc toujours « d’abord » un Extérieur, le Mien, et une chose, un Etant. L’avènement de la conscience de soi, en tant que Subjectivité, il est vrai spectaculairement mise en scène par le cogito requiert-il expressément celui-ci ? Oui à cause de l’injonction historique mais aussi pour le caractère fort de cette expérience d’ordre intime, mais sinon c’était déjà mon cas avant que je fasse cette expérience et je ne dois pas être le premier ni le seul. A partir de maintenant, de « là », il faut se rendre compte que tout Etant advenu au sein du Bocal intérieur, conscient donc, relève le plus souvent de plusieurs disciplines. En premier lieu, ils ont tous en commun leur conformation biologique, neurologique et phénoménologique.

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Neopilina



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MessageSujet: Re: " De la Nature. Abrégé ".   Sam 20 Juil 2013 - 10:14

- De même, si la conscience en soi est effectivement un Etant très particulier remarquablement mise en exergue par le cogito, elle est l’une d’entre eux et elle est d’abord associée à un Etant, d’où ma réticence à dire « la » conscience ( Il n’est évidemment pas question ici de ce mot dans son acceptation éthique. ). A propos du premier texte j’ai parlé d’un indéniable tour de force tout aussi indéniablement inachevé. On voit que c’est vraiment à pas de velours qu’on approche de l’économie intime et inadvertancière constitutive du cogito, de cette formidable expérience qui a remis en route et conditionné a priori la philosophie depuis. Mais je sais également que j’approche. L’Envolée de Murailles, l’Emprisonnement, traduisent le ou les travers constitutifs du cogito. Il faut, une fois cette expérience faite, revenir à, ne pas oublier, la chose qui précède cette autre chose qu’est la conscience et qui peut faire cette expérience, c’est à dire, aussi énigmatique soit-il, l’En-Soi, l’A priori. Et là, l’Envolée de Murailles cède la place à ce qui précède, porte, la conscience, l’En-Soi, l’A priori. Et donc, ce « Mur » tel après le cogito, qui isole la conscience, est percé d’une « Porte », celle par où, intérieurement, advient tout ce qui sera conscient. Tout Etant à partir desquels toute chose, dont Soi, est connaissable. La démarche du doute radical escamote sa Possibilité, et avec soustrait tout le reste. Aussi énigmatique soit elle de prime abord, et elle l’est, ce faisant, Descartes commettait une authentique faute dialectique. Cela on me l’accordera, ça fait presque quinze ans que je le dis. C’est un signe qui ne trompe pas : a posteriori on voit bien ce que cette expérience forte, doit à cette inadvertance constitutive.

- Satané cogito. Il n’a pas dit son dernier mot, évidemment. Tout de suite après le tragique, pathétique, minuscule « donc je suis » Descartes, que ça soit dans le « Discours » ou les « Méditations » tente de rétablir sa Possibilité, l’En-Soi. On peut penser, philosopher, sans le cogito, c’est prouvé ici et ailleurs. Mais je sais aussi que ce genre de réaction est de l’agacement, presque un renoncement, l’acceptation de l’échec, sans parler de l’impératif historique et surtout dialectique, philosophique, la clause cartésienne de sécurité. Le mystère, l’énigme, doivent être totalement élucidés. Il y a une différence, entre dénoncer des travers, qui sont déjà des conséquences, et y remédier. Surtout en dialectique, pour parfaitement remédier aux conséquences, il faut parfaitement comprendre comment, pourquoi, elles adviennent.

- Descartes sans le faire exprès, avec la démarche du doute radical élabore l’expérience forte de la conscience, devenue ainsi solitaire, par elle-même. Et c’est donc expressément à cause de cela que cette expérience est si forte. La démarche malmène la réalité, force le trait, ce qui permet cette expérience forte de la conscience de la conscience, de Soi, en tant que Subjectivité, mais pas en tant qu’En-Soi. Le « je suis » issu de cette démarche est diminué. La réalité biologique et dialectique ignorée va être amoindrie, réduite, escamotée, d’une façon gravissime, explicitement, celle que je dénonce depuis toujours. Prodigieux scandale qui veut que la chose soi-disant prouvée, fasse à la suite tant défaut. C’est cela qu’il faut élucider au mieux. Avec le cogito la conscience quitte son « orbite naturelle », si j’ose dire. C’est une vraie révolution copernicienne, la Lune prend la place de la Terre et celle-ci s’évanouit dans le vide sidéral.

- Chemin faisant, tous les jours, je me vois lentement mais sûrement un peu plus lisse, rond, sphérique, étanche, homogène, cohérent. Immanquablement, à tort ou à raison, je pense au Sphairos de Parménide. Je vais libérer un Monstre capable de mettre à nu toute chose. Mais pour se faire, il faut faire sauter le Verrou cartésien. La philosophie ? La dialectique dans le registre du presque, de l’avant.

- Classiquement, historiquement, quant au cogito, on dit « Conscience de Soi ». La formule est tellement consacrée qu’elle appartient à l’histoire de la philosophie. On entend par là cette expérience forte, vertigineuse, mémorable, de la conscience par elle-même, de la subjectivité par elle-même. Mais qu’en est-il de Soi entendu comme la chose qui précède la conscience ? Escamotée par la démarche, Descartes tente de la restituer avec le « donc je suis ». L’expérience de la contingence existentialiste est une possibilité de la conscience et en l’occurrence une Situation très cartésienne : pour être telle, le Sujet doit être absent, muet. Mais c’est bien le Sujet tout entier que Sartre veut sensibiliser, mobiliser, avec sa « Critique … ». Et le Sujet n’est pas a priori neutre, anodin, et j’en passe, loin de là. C’est très précisément ainsi que les religions et le marxisme, pour ne citer qu’eux, ont généré une foule de cadavres incompréhensibles, paradoxaux. Sans rien retirer à son grandiose butin expérimental, inaugural, la conscience critique, le cogito, méconnait et congédie en toute inadvertance pendant qu’il advient sa possibilité sans l’avoir jamais atteinte, ce qui est une faute dialectique. Descartes ne restitue le Sujet avec le « donc je suis » qu’a posteriori. Peine perdue. Le cogito désolidarise la conscience du Sujet, c’est l’avènement de l’espace critique, mais il perd de vue, dialectiquement dit, le Sujet. La porte méconnue à l’arrivée se referme et disparait : c’est l’Envolée de Murailles. Ensuite c’est seulement d’autorité qu’il tente de restituer le Sujet. Le « donc je suis » est plus que plat, en procédant ainsi il a été préalablement vidé, escamoté. L’une des grandes ironies du cogito, c’est que de celui-ci, il est très difficile de remettre la main sur le Sujet en tant que chose qui, entre autres, précède la conscience, est capable de conscience, mais que le faire est très profitable : cela rend manifeste, circonscrit, explicitement un espace, une distance, entre la conscience et le Sujet émanant, causant, ressentant, l’En-Soi. Espace qui qualifié de critique a été parfaitement identifié depuis longtemps comme possibilité de la connaissance et lieu de la liberté, cette dernière au mieux telle si éclairée par la connaissance. Autrement dit, on peut penser, philosopher, sans la clause cartésienne, sartrienne, de sécurité, mais donc pour des raisons d’ordre intrinsèque, édifiantes, dialectiques, formalisantes, et donc pour d’autres historiques, contraignantes, pour celui qui vient après et qui veut être entendu, il vaut mieux faire cette expérience d’ordre intime et entériner la clause. La philosophie est ce qu’elle est suite à son histoire, mais elle pourrait parfaitement être différente, suite à une histoire différente. Mais elle est ce qu’elle est et il faut d’abord faire avec même si, mécontent, c’est pour ruer dans les brancards. La conscience, la démarche du doute radical, qui élaborent le cogito, méconnaissent leur possibilité. Il y a une chose que la démarche du doute radical n’a pas le droit d’abolir, et Descartes s’en serait rendu compte s’il l’avait abordé, explicitement en tant que telle, c’est la possibilité, en tant que possibilité, de la conscience, sinon c’est supposer un effet sans cause, un surgissement ex-nihilo inadmissible dialectiquement de la conscience. Comme je l’avais dit il y a si longtemps, c’est se retrouver dans un dénuement et un isolement radicaux, que le « donc je suis » ne peut combler. La démarche doit atteindre, nommer, sa possibilité, un Soi aussi énigmatique que possible mais qui, atteint, acquis, conquis, est donc enfin donné, c’est la conscience de la possibilité de la conscience : je peux penser parce que je suis. Voilà la conscience du Soi. Dialectiquement, Descartes dés le début de la première Méditation, premier exemple, en 14, en écartant de son chemin la folie, ce que Montaigne avait refusé de faire, ce faisant, implicitement, mais déjà de façon très significative, écartait également l’En-Soi, etc. Venant du Sujet la conscience doit atteindre celui-ci, s’y attaquer, y retourner. La clause de sécurité est ainsi pleinement remplie, celle-ci n’étant rien d’autre que la formalisation philosophique de cette distance, de cet espace, fondateurs de la « philosophie critique » ( Quasiment un pléonasme. Je tente de rejoindre le cogito, il n’est pas question de le rejeter. ) entre la conscience et Soi en tant que Sujet. Pour parler cartésien, le Sujet est entre la conscience et le monde, ce pourquoi il est toujours d’abord un Monde, le Mien, tel à cause du Sujet. Le seul accès aux choses, c’est le Sujet, puisque c’est l’unique pourvoyeur d’Etants, c'est à dire des choses compromises, produites, par le Sujet. Avec le cogito en l’état, le Sujet n’est pas pleinement acquis, donné, on connait la suite jusqu’à Sartre. « L’être et le néant » l’illustre parfaitement.

- Tous mes textes sur le cogito ont un point commun : ils me frustrent autant a posteriori, qu’ils m’ont enthousiasmé lors de leur rédaction. Alors je poursuis. Avec le cogito, la conscience usurpe une place centrale qui n’est pas la sienne : si le sujet peut penser, c’est d’abord parce qu’il existe. Avec le cogito, la conscience veut déduire l’existence de sa possibilité, mais on voit, perçoit, bien qu’elle n’est pas pleinement telle. Là est l’erreur, la révolution copernicienne, la faute dialectique réductrice, même si effectivement, le sujet a fait l’expérience vertigineuse de sa subjectivité. Expérience qui doit certainement économiquement beaucoup à ses inadvertances constitutives. Si je peux penser, c’est d’abord parce que j’existe. La possibilité de la conscience préexiste à la conscience. Celle-ci doit l’entériner, le constater, au mieux, dialectiquement. C’est la conscience de la possibilité de la conscience, puis la conscience de la conscience, l’expérience de la subjectivité. Et non pas, après l’expérience de la conscience par elle-même, déduire, conclure platement à l’existence du sujet. Dialectiquement, la possibilité en tant que telle préexiste forcément, elle doit être considérée comme donnée, première. Et il en sera de même pour tout autre Etant puisque produit par Soi, l’A priori. La possibilité préexistant scientifiquement et dialectiquement, à la conscience de le constater, lors d’une démarche du doute radical correcte, autre, ou a posteriori, à partir du cogito repris, étendu. Et là, ensuite, effectivement doit intervenir la conscience de Soi en tant que Sujet : toute chose est d’emblée de facto, pour moi, un Etant, c’est-à-dire tout autant suspect a priori en tant que ce qu’il est, produit du Sujet, que donné, toujours à cause du Sujet en tant que sa possibilité cette fois. Toute chose est, pour et à cause du Sujet, en tant que possibilité médiatrice et compromettante, donnée et suspecte a priori, un Etant de prime abord pour la conscience.

- Je n’ai toujours pas le sentiment d’en avoir fini avec les secrets intimes et constitutifs du cogito, de la conscience de soi cartésienne, de l’Envolée de Murailles. La faute dialectique de Descartes, du cogito, c’est de conclure à son existence à partir du fait qu’il pense, alors que son existence est préalablement requise pour qu’il puisse penser. La conscience de soi cartésienne ne serait pas ce qu’elle est, Envolée de Murailles, si elle n’aliénait pas le, n’isolait pas du, donné, en l’occurrence Soi en tant que pourvoyeur de la conscience. Le secret constitutif de l’Envolée de Murailles, c’est cette rupture inadvertancière avec le donné. La démarche du doute hyperbolique n’abolit pas le donné, si elle l’avait évoqué, elle se serait aperçue qu’elle ne peut pas le faire, elle passe à côté, ne le nomme pas, puis l’aliène à la conscience de la conscience pour le restituer diminué, artificiellement, a posteriori. C’est cela, très précisément, l’inadvertance cartésienne. Sans le savoir, Descartes était plus riche avant la démarche qu’après. On ne philosophe pas impunément. J’entends par philosopher explorer les confins dialectiques, métaphysiques, du Monde, qui sont également, n’en déplaise, ceux du Moi. A propos du cogito, le compte est enfin bon ? Je ne sais pas, c’est tout frais, et il faut que j’attende un peu. Mais ce qui est bien chez moi, c’est que si ce n’est pas le cas, j’y reviendrais de façon irrésistible, un peu comme une pulsion, une exigence, une insatisfaction « comptable » qui ne manque jamais de me tarauder si besoin est. Quant Sartre meurt, lui et quelques autres savent qu’il est le gardien du temple cartésien. Il a fait tout ce qu’il fallait, le pouvant, pour que ça soit le cas, mais donc sans malmener le paradigme cartésien qui est le lieu de sa juste hégémonie. Quand il dit qu’il faut parler de philosophies et non pas de la philosophie, c’est vrai, et ça l’est encore aujourd’hui même si je compte différemment que lui. Il a raison en vertu des critères qui sont les siens, certainement, mais j’ai aussi raison en vertu des miens purement dialectiques. Pour moi il y a les Grecs, les Cartésiens et quelques marginaux de génie, Nietzsche, Marx, …, expressément tels, « marginaux », à cause de l’ostracisme dialectique induit par le cogito. Marx est obligé de rompre avec le Cadre, il le fait en rompant avec Hegel. Forcément, potentiellement, il n’y en a qu’une, capable d’englober tous ses précurseurs historiques. Si par hasard l’hypothèque cartésienne est levée, un pont sera tendu entre Grecs, Cartésiens et les autres, et la philosophie aura retrouvé son objet constitutif : le Sujet de notre espèce dans toutes ses manifestations. Toutes.

- Hier, alors que je n’en finis pas de bouillir à cause du « Discours » et des « Méditations » de Descartes, j’ai trouvé le moyen de rejeter un œil dans le « Sophiste » de Platon. Inquiétude : là ou ailleurs, je ne comprends plus mes propres notes plus ou moins vieilles de quinze ans. En plus de la blessure narcissique, j’ai peur de ne pas renouer avec certains résultats, ou supposés tels. Il « suffira » de se remettre dans le bain ? Ce qui, somme toute, n’est pas rien.

- L’avènement de la psychanalyse n’a guère ébranlé les philosophes. Historiquement, on impose à la conscience, avant toute velléité de connaissance, de partir du cogito. Avec ou sans lui, la première chose qui doit être rencontrée, c’est Soi en tant que Sujet, En-Soi. Celui-là même qui permet à la conscience tout en le compromettant l’accès à toute chose, qui ainsi compromise par Soi, deviendra, sera toujours, pour une conscience déjà ultérieure, déjà un Etant, suspect au possible. Mais le cogito, en aliénant la conscience de Soi à la conscience de la conscience, très ironiquement, fait disparaître celui-ci, et avec, l’accès aux choses et donc le donné, c’est l’Envolée de Murailles. A posteriori c’est toujours facile d’ironiser : l’emblématique pour ne pas dire caricatural, enthousiasme de Hegel ( « Terre ! » à propos du cogito.) consterne, trahit l’ampleur de la faute, de l’escamotage. Le cœur léger, ainsi allégé, le philosophe gagne un ciel stérile à peu de frais, qu’il ne daigne plus quitter. La vraie découverte est beaucoup moins réjouissante : il faut retrousser ses manches et s’apprêter à ramer longtemps, très longtemps. Retour aux Grecs, à Homère, à Ulysse, aux Eléates, à Platon. Le Bien, les Dieux, le Mal, pour ne rien dire d’autre, et tout le reste, émanent d’un unique Creuset, pour ne pas dire Poubelle : Soi. Le cogito digne de ce nom, correct, complet, permet cette prise de conscience là : j’errais, sans le savoir, les yeux fermés, au sein d’un Univers, d’un Monde, induit, compromis, a priori, par Soi. C’est la Mer du Couchant d’Ulysse, d’Homère, Ma version de celle-ci. A la clé il y a la fin du « Sexe », du Couple, du Mal, des Religions, des Nations, du Capital, de la Famille, de l’Art, de la Violence, et j’en passe. Et même le Bien ! Que nenni : se faisant, advient pleinement, le vrai Bien, l’unique, le dernier, il mûrit et est à l’œuvre : tout l’Inadvertancier constitutif doit disparaître, grâce à la Connaissance c’est-à-dire la dialectique, judicieusement épaulée par la connaissance, c’est-à-dire la science. Le cogito débouche d’une énormité phylogénétique, historique, culturelle, familiale, énigmatique, compromettante jusqu’au vertige : Soi, sans la nommer, pire, en la rendant dialectiquement inaccessible. C’est le Poêle cartésien. Le cogito ne délivre pas. Il provoque l’effroi, l’abattement. Il ouvre un tant soi peu les yeux sur un Monde compromis au possible, le Tien, le Mien, le Nôtre. Le cogito repris débouche sur sa Possibilité, Soi, un Prisme qui compromet toute chose en Etant, qui te vaut Ton monde, un monde, intrinsèquement suspect où tout élément, Etant, l’est. Arrivé ici, que chacun d’entre eux soit donné soulage autant qu’une cuillère d’huile de foie de morue.

- Voilà ce qui advient dialectiquement non-inadvertancièrement en lieu et place de l’Envolée de murailles. Avènement de l’Œil qui parcourait la Méditerranée il y a déjà bien longtemps, même si l’Occident n’en a pas l’apanage. On le trouve partout. Il y a l’Œil sumérien, babylonien, égyptien, bouddhiste, aborigène, amérindien, polynésien, mélanésien, africain, chamanique et j’en oublie. Mais que l’œil advienne est une chose, une belle et grande chose, mais qu’il advienne non-démuni en est une autre. J’en connais un qui commence à pétiller : l’œil géométrique. Il attendait patiemment son heure. Parménide aussi lorsqu’il rédige son poème est très démuni. Et pourtant pour la première fois, on a là un appel à la différenciation inaugurale de la dialectique et de la science.

- C’est un lieu commun éculé que d’évoquer le parricide dialectique commis à l’encontre de l’Être éléate par Platon dans un dialogue, le « Sophiste ». Il y est, il est vrai, explicite. Mais c’est en fait chaque fois qu’il ouvre la bouche qu’il commet ce parricide. C’est somme toute facile de donner tort aux Eléates, surtout s’ils sont absents, et absolument incontournable, si le divorce entre science et dialectique, exigé par Parménide dans son poème avec ses fameuses deux parties n’est pas entériné. Au moins dans la mesure où je peux écrire, dire, « Non-Être », celui-ci donc, ne serait-ce qu’ainsi, est, et donc n’est pas absolument tel. Le « Théètete », le « Parménide », et le « Sophiste », qui sont indissociables ont une importance considérable, de tout premier ordre, la principale pour moi, dans l’œuvre de Platon.

- En dialectique, il en est comme en science : pour savoir, connaître, encore faut-il voir, disposer de. Et le cogito, l’Envolée de Murailles, comme s’il n’y avait pas assez d’obstacles, est un Obstacle qui empêche de disposer dialectiquement du Monde et des Etants qui le constituent et qui relèvent tous de la dialectique, de la même façon que le monde et ses objets constitutifs relèvent de la science.

- Platon, comme tous les autres, s’est cassé les dents sur les cohortes de problèmes que génèrent l’indifférenciation entre science et dialectique, choses et Etants, qu’exacerbent la critique Eléate. A l’issue du triptyque « Théétète, Parménide, Sophiste », qui veut sauver après Parménide, la possibilité de philosopher comme cela se faisait, science et dialectique demeurent dramatiquement indifférenciées. C’est à la lumière de cette non-différenciation que la critique zénonienne doit être abordée. Celle-ci considérée en entier n’a pas d’autre solution, globale donc, que cette différenciation. Zénon met en scène les conséquences absurdes de cette non-différenciation en vigueur dans les doctrines de l’époque. Avec Zénon, la situation aporétique où se trouve la « philosophie », qui faisait tout autant de la science, grecque culmine manifestement jusqu’à l’absurde. Pour contrer les arguments, on a osé invoquer l’évidence expérimentale ( Bien sûr qu’Achille rattrapera la tortue. ) et les mathématiques. C’était, profondément méconnaître leur intention. On parle historiquement des « présocratiques ». C’est une grave erreur. La vraie articulation, charnière, dialectique, historique, c’est Parménide et son poème qui rend compte péniblement d’une formidable effraction dialectique suivie d’une physique digne de l’époque. Quoi que : elle est débarrassée de l’ontologie. Le seul autre à vouloir consommer ce divorce, c’est Zénon. Parménide est le premier dialecticien explicitement tel, même s’il rame manifestement, mais c’est Zénon qui fera de la dialectique un redoutable outil. Les fragments et arguments, et quelques autres citations chez des auteurs ultérieurs, sont tels, d’hermétiques et agaçants écueils, paradoxaux, expressément à cause de ce choc frontal synthétique aigu entre l’ontologique et le physique. Ils portent à leur paroxysme les conséquences de cette indifférenciation, de ce « ménage » contre-nature, c’est cela que dit tout le maigre corpus subsistant de Zénon. L’extrême originalité d’Aristote relativement à ses contemporains, prédécesseurs, ne s’explique pas mieux que par une conscience aiguë de leurs échecs qu’il entérinera comme on le sait. Il rejettera les mathématiques avec visées totalisantes critiquées par l’éléatisme, ce que Platon ne fait pas. Ce faisant, effectivement, la démarche scientifique fait ses premiers pas, sur lesquels par nature il serait a posteriori forcément facile d’ironiser, se différencie un tant soit peu du conglomérat initial, tel de prime abord pour la pensée. La vieille polémique sur les deux parties du poème concernait une forcément maladroite, mais très affirmative, injonction en faveur de ce divorce. Idéalement, la crise, la critique, Eléates auraient dû accoucher d’une part de la dialectique qui s’occupe du Sens, des Etants, d’autre part de la science, qui s’occupe des choses. L’Etre, le Sens, ont eut des débuts très, très, modestes : ils adviennent avec les premières cellules nerveuses, avec la vie, la sensation, la perception, et avec, la Vie, la Sensation, la Perception, donc Sans Sujet, Subjectivité, pas de Sens.

- Le paradigme est la nature, mais comme celle-ci comprend des Sujets, est considérée de l’intérieur par des Sujets, il faut dire Nature. Pour l’instant il y a des paradigmes, c’est les cultures. Le « premier » dialectiquement dit, est la Nature, mais à cause de l’Histoire, c'est à dire l’interminable combat entre ignorance, dont le champion est le Sujet, et le progrès, il sera historiquement le dernier. D’ici là, dans quel état sera la biosphère ? L’apparition tardive, pour cause de philosophie en panne et donc en dehors de celle-ci, aux yeux des Sujets « humains » (Si peu.) d’objets tels que la Biosphère et l’Animal, est récente, et la reconnaissance, la question, de leurs droits, tout aussi récente, balbutiante, modeste, éparpillée. Certains considèrent ces droits comme exorbitants, exorbitants pour qui ? Pour des intérêts égoïstes, réactionnaires, financiers, odieux rejetons du Sujet. Ces droits ne sont « exorbitants » que dans la mesure où notre espèce, notamment à travers le Capital, est malfaisante, nuisible, pour la Biosphère, pour l’Animal, et l’Autre, nous-mêmes. Ce que nous faisons à la Biosphère, à l’Animal et à l’Autre, à nous-mêmes, nous renvoie le reflet en entier du Mal : nous.

- Parménide fait de la dialectique et de la science, comme ses prédécesseurs et contemporains jusque-là, mais dans son poème il commence à les distinguer et ça, c’est la première fois. Cette distinction apparaît deux fois dans le poème, dans les vers 29 à 32 du premier fragment et dans les vers 50 à 53 du fragment huit. Parménide y sépare le domaine de la dialectique et le domaine de la science à venir pour la première fois. Les traductions dont je dispose et beaucoup d’autres, sur ce point se valent. Je donne celle de Beaufret aux P.U.F. « Le Poème de Parménide », et je glose entre parenthèses. Fragment I, 29 à 32. « Or, il faut que tu sois instruit de tout, du cœur sans tremblement de la vérité, sphère accomplie ( Voilà pour l’Etre, la dialectique. ), mais aussi de ce qu’ont en vue les mortels, où l’on ne peut se fier à rien de vrai ( Puisque dorénavant l’Être est absent, on n’est plus dans le registre de la Vérité, au sens où l’entend Parménide : de la dialectique. ). Mais oui, apprends aussi comment la diversité qui fait montre d’elle-même devait déployer une présence digne d’être reçue, étendant son règne à travers toute chose ( Voilà pour la science. ) » . Fragment VIII vers 50 à 63 : « Ici je mets fin à mon discours digne de foi et à ma considération qui cerne la vérité ( La dialectique, l’Être. ) ; apprends donc à partir d’ici, ce qu’ont en vue les mortels, en écoutant l’ordre trompeur de mes dires ». On décèle déjà sémantiquement, très clairement, une dépréciation hiérarchique entre les deux domaines qui caractérise l’éléatisme et que Zénon portera au pinacle. Du moins dans ce qu’il nous reste de son œuvre Zénon ne se préoccupe pas de science. Mais Parménide ne renonce pas à celle-ci et malgré la dite dépréciation s’y adonne le plus sérieusement qui soit dans la deuxième partie du poème. Fragment I, vers 31 à 32 : «Mais oui, apprends aussi comment la diversité qui fait montre d’elle-même devait déployer une présence digne d’être reçue, étendant son règne à travers toutes choses » et fragment VIII, vers 60 et 61 : « Le déploiement de ce qui paraît, en tant qu’il se produit comme il se doit, voilà ce que je vais te révéler en entier, afin que le sens des mortels, jamais ne te dépasse ». Forcément maladroite, la science fait là ses premiers pas, Parménide y est aussi sérieux que possible, on peut même dire qu’il ne fait pas preuve, pour le moins, de modestie. Et puis une foule de petites formules assassines émaillent le poème, je cite Beaufret qui en regroupe quelques-unes dans l’introduction de son édition : « Loin d’être la voie de la vérité, la troisième voie n’est-elle pas en effet, celle « avec laquelle se font illusion, les mortels qui ne savent rien ? ». N’est-elle pas la voie de « l’esprit errant » où « se laissent entraîner comme sourds et aveugles, hébétés », ceux qui n’ont pas su se dissocier des « foules indécises, pour qui l’être et aussi le non-être, le même et ce qui n’est pas même, font loi et dont sans exception le sentier est labyrinthe ». Voie que Platon forcera de la façon qu’on sait dans « Le Sophiste » avec le parricide ! En passant : ce faisant avec le dit parricide, il se faisait Prince des sophistes, dialectiquement dit. Dans ce labyrinthe, je vois sans hésiter, les cohortes de difficultés inextricables que génère la confusion entre dialectique et science, étant et Etant, que Zénon se chargera de monter en épingle. Eléate je suis, j’admets que je peux au moins écrire « Non-Être », donc que celui-ci d’une certaine façon, au moins ainsi, est. Ce qui démontre que le « Non-Être » en tant que tel, absolument, n’est pas. Eléate je reste !

- Le parricide était un pseudo-parricide même si Platon qui croit pouvoir sortir ainsi de la situation aporétique où se trouve la « philosophie » grecque avec la crise, la critique, éléates, l’a cru. Pour la première fois, Parménide nous parlait de deux savoirs profondément distincts et ressentis comme tels par lui et par Zénon. C’est cela qu’ils ont voulu défendre.

- J’ai le sentiment, sans doute prématuré donc, d’être assis dans les décombres des Murailles, qu’avait dressé le cogito. L’horizon, le ciel, seraient significativement dégagés, donnés, tout comme le Monde, les Etants, l’Homme seraient là, sous mes yeux. Et puis il y a cette petite fille, la dialectique, que la fureur agite de terribles soubresauts. Ça fait deux mille cinq cent ans qu’elle fulmine au bord du chemin. Elle a vu la science s’éloigner cahin-caha, harcelée, brimée, persécutée, trébucher, forcir, grandir. L’ampleur du chantier atterre : rien de moins que le Monde à se coltiner, quasiment tout à faire, revoir, corriger ( Connecter une critique freudienne, une critique économique, etc. ). Mon cœur, mon désir, immenses, me poussent à rendre justice à Zénon, à poursuivre en reprenant sa doxographie, les arguments, son fascinant corpus. Mais ici il n’y a pas de place pour le plaisir, les inclinations du cœur. Mais la suite sera à l’aune de l’injustice commise à l’égard des éléates, elle sera impitoyable, monstrueuse, pour le passé de la philosophie, c'est-à-dire la dialectique dans le registre du « presque ». Inversement à celui de la science, le passé de la philosophie est fait de déclins, un après les Eléates et un après Descartes, qui a tout de même l’immense mérite de remettre en route la philosophie, même si c’est dans l’ornière dénoncée ici. J’ai une admiration sans borne pour Descartes, Leibniz, Kant, Hegel, Husserl, Heidegger, Sartre, et quelques autres qui ont au prix d’efforts surhumains levé fugacement une portion du nuage sans indice de l’Aléthéia qui nous englobe complètement. Tâche compliquée par et pour les philosophes à cause du cogito. Comment parler de transcendance alors que sa possibilité demeure à ce point oblitérée par des discours amputés ? Même si les œuvres de Parménide et de Descartes ont été les causes de grandes fécondités ultérieures, elles n’ont fait l’objet d’aucun dépassement. Parménide rapporte une effraction qui accouche de la dialectique, de la possibilité de l’élucidation dialectique du Monde, des Etants qui le constituent d’où découlera l’Ethique qui contraindra à la « transcendance », c'est à dire, plus modestement, au changement, au progrès, au cheminement, à une vie devenue travail sur soi à travers le travail fait sur les Etants que Je produit ( Sic. ). Le néant n’existe pas plus que le Non-Être. Pour l’instant je me borne à faire un parallèle. Peut-être est-il tout ce qui reste du Non-Être après la réduction cartésienne ? Et il est vrai que le Non-Être est déjà plus consistant chez Platon que chez Parménide qui répugne jusqu’à le nommer. Je conçois bien alors, que le néant, dans le cas d’une telle terrible indigence dialectique, ait pu se déployer à ce point. La suite ? Administrer au Monde, aux Sujets qui le composent, une perspective qui les englobe afin de briser tout ce qui peut l’être, et dont le Sujet par « Nature » ne veut pas constitutivement.

- « J’ai une tête de petite fille ». Je lève les yeux : « Calmes-toi Fléau à l’Egide, Vierge d’Airain, fille du grand Zeus, Tritogénie ! Chaque chose en son temps, je sais bien que la suite c’est Homère, la Mer du Couchant, ses monstres, le Dieu en soi, et à chacun les Siens ! ». Un petit indice. La possibilité scientifique et dialectique de la conscience préexiste à celle-ci. Et elle ne doit pas être la seule ! Quelque part le paranoïaque, le schizophrène, l’hypocondriaque, c’est-à-dire ceux qui le sont manifestement, problématiquement, l’être moral, ont « raison » : nous sommes cernés de toutes parts constitutivement, par des Forces dont nous ignorons tout et dont pourtant nous sommes les Jouets, les Avatars, tragiques, gesticulants, rusant, pathétiques. Elles font partie des Sujets, ce qui nous vaut des Destins brisés, tragiques, pathétiques. Comment pourrait-il en être autrement quant on est juge et partie ? Pas besoin de « pulsion de mort », nous sommes des Champs de batailles.

- A partir de Descartes, qui débouche dès la quatrième Méditation ( Tiens ? ) sur le néant, tous les meilleurs, chacun à leur façon, mais toujours au sein du paradigme cartésien, ce qui en dit long, fonceront vers celui-ci : Leibniz, Kant, Hegel, Husserl, Heidegger, Sartre. N’est-ce pas là la version issue de la réduction cartésienne du Non-Être qu’inauguralement Parménide nomme avec répugnance pour uniquement le réprouver ? C’est ce que je vais essayer de déterminer. La philosophie grecque est, dialectiquement, une Tragédie, qui a pour parallèle philosophique l’embonpoint croissant du Non-Être via Platon et la suite. Jusqu’à ce que la réduction cartésienne en fasse le néant, où le préalable n’est plus l’Être, l’existence, mais seulement la conscience ? Peut-être. A partir de Parménide, la philosophie, son histoire, est un déclin oublieux, une pente savonneuse, dialectiquement dit donc. Beaufret dans son « Introduction à une lecture du poème de Parménide » au P.U.F. à ces mots révélateurs : « … pour quelle raison Kant, à la fin de l’Analytique transcendantale, après avoir assigné comme « principe suprême de tous les jugements synthétiques », la « possibilité de l’expérience » c'est à dire la « relation à l’objet en général » qui, pas plus que l’Eov de Parménide n’est un étant, ne requiert elle-même aucun objet donné, éprouve le besoin de terminer son enquête par une division du concept de Nichts » ? Quoi qu’il arrive, pas question de minorer, évidemment les acquis kantiens, et plus généralement ceux de la philosophie postcartésienne, mais donc, lui, ou encore les autres grands de l’épisode cartésien, jusqu’à Sartre, avec leurs talents, leurs intelligences, hors-normes, débouchent tous aussi sur un « néant », ô combien consistant, et un Être on ne peut plus inconsistant. Etrange, non ? Et pourtant les acquis kantiens cités, ou encore celui-là, la « vérité transcendantale qui précède en la rendant possible toute vérité empirique » impressionnent au plus haut point, ils valent. Et pourtant, ils ne débouchent que sur l’Envolée de Murailles, le néant et j’en passe. Et puis il y a ces surprenantes, stupéfiantes, expressions de Beaufret qui suivent les citations kantiennes : « … , la « possibilité de l’expérience » c’est-à-dire la « relation à l’objet en général », qui, pas plus que l’Eov de Parménide n’est un Etant, ne requiert elle-même aucun objet donné, …. ». Moi, éléate, je bondis : il FAUT déboucher sur et disposer de l’Etant, le donné, pleinement tels dialectiquement, et notoirement sur celui-là, sur l’Etant qui fabrique, transmet, compromet, tous les autres Etants, y compris lui-même : Soi, et ce en tant que Bulle opaque, déformante, sans que le Lien a priori avec l’Extérieur soit rompu avec la conscience des Etants qui se trouve à l’intérieur, c’est mieux que le poêle ! Effectivement, la « possibilité de l’expérience », la « relation à l’objet en général », c’est très bien, mais il fallait pousser plus en avant en précisant qu’il est là question du Pourvoyeur de choses, compromises par lui-même, d’Etants donc, de cet Etant-là : Soi en tant qu’En-Soi. Que la « possibilité de l’expérience », la « relation à l’objet en général », bien réelles, c’est Soi en tant que Sujet, l’En-soi, l’A priori, en tant que tels. Je trouve consternant que les enfants du cogito passent à côté de cela, du Monstre central qu’est l’A priori, l’En-soi. Pour reprendre ma métaphore de la « Porte » par où arrive l’imprudent expérimentateur du cogito, je dirais que si Kant puis consorts, l’approchent au plus près, ils ne la voient pas. L’Envolée de Murailles ne requiert pas des Alpinistes, fussent-ils de génie, mais plutôt des Agités munis de l’outil adéquat : une masse ! Le vrai terme d’une telle conquête c’est que tous les dits « jugements synthétiques » sont intrinsèquement, d’emblée, donnés et compromis, suspects, et doivent donc être abordés, traités, entrepris, comme tels. Beaufret a tort de dire que « la « relation à l’objet en général … » ne requiert elle-même aucun objet donné » : c’est faux, cet objet c’est Soi très précisément, à la fois la possibilité de la relation à tout objet et le dit objet requis.

- Le cartésianisme, initiateur de philosophies de la conscience, de l’histoire, de l’existence, admirables, mais tronquées, méconnait, parce qu’il s’en est privé inauguralement avec le cogito, l’A priori, l’En-Soi, la Cause initiale de l’Histoire, le Sujet en entier. A posteriori, a contrario, le Non-Être, parménidien, pas plus épais qu’une hypothèse impeccablement examinée, archivée, reléguée, laisse songeur, pantois, admiratif. Plus consistante que ce qu’on a dit, elle nomme un manquement, une carence, dialectiques, économiques, comptables, du Monde, qui ne peuvent pas être. Nous ne pouvons pas imaginer le « Soleil » qui a illuminé cette civilisation. Que voyaient les Grecs et qu’ont dit dialectiquement, Parménide et Zénon et quelques autres : la profonde et intégrale unité, cohérence, dialectique, économique, comptable, du Monde qui ne saurait souffrir aucune Hétérogénéité et/ou Carence dialectique qu’ils ont fort à propos nommée, avec certainement un rictus de dégoût, Non-Être. Du Leibniz avant l’heure et en mieux. L’Hétérogénéité dialectique est une hypothèse, une supposition, qui dès qu’elle est nommée se réfute elle-même ( Ca rappelle structurellement l’argument anselmo-cartésien qui est au cœur de certaines « preuves » philosophiques de l’existence de Dieu. ), par le principe de non-contradiction, ce qui est ne peut pas, à la fois, ne pas être. Le Non-Être, absolument en tant que tel, n’est pas, ne peut pas être, est autre. Cette chose est celle dont l’existence est la plus mince, dont la seule évocation est expérimentalement pénible pour l’esprit philosophe. Et je suppose qu’il en est de même pour le néant, les deux traduisent une métaphysique et donc une Santé défaillante. Je mets un terme à ma recherche : je n’arrive pas à concrétiser, l’intuition initiale, une parenté dialectique entre Non-Être et néant, à saisir sûrement le fil. Mais la reprise du cogito repart.

- A partir de Parménide, le Soleil et l’Œil géométriques alors qu’ils sont un tant soi peu explicites, s’éteignent peu à peu. Et l’histoire dit « Age classique » ! Quant à Descartes et consorts, ils s’égarent météoriquement, en oubliant l’Homme en chemin. En procédant ainsi l’Être s’évanouit avec l’Etant. Et l’Un ? Je l’avais oublié. L’Un ! Et donc Zénon. L’Un, c’est indispensable, primordial, essentiel, crucial. Il a même « accessoirement », j’ironise, accouché des mathématiques. L’Unité des mathématiques, c’est celle de l’Etant débarrassé de tous ses attributs sauf celui d’être Un. « On se calme ». « Toi, le Dieu, ça sera bientôt ton tour ! » . « Tu radotes ». C’est Un que tout Etant advient a priori, de Soi, puis, peut être, consciemment. La quête de l’Être qui doit se faire à partir de l’Etant, effectuée sans celui-ci ne peut donc mener qu’au néant. Le néant, et l’angoisse qui va avec, traduisent des ignorances, des carences, de la connaissance. A l’issue d’une telle quête, menée sans son point de départ, l’Etant, Hegel peut bien conclure, que « l’être pur est le néant pur sont identiques ». Le, du, Sens à l’état pur, n’a plus de Sens, c’est de l’Être et il n’y a plus grand-chose à en dire. On peut refiler le colis aux phénoménologues et aux neurologues.

- J’exagère, évidemment. Il faudra reprendre, plus calmement. J’ai bien malgré moi embrayé sur le connaissance alors que ma main mise sur l’Etant n’est pas parfaitement assurée. Ceci dit en sachant bien que les deux sont parfaitement indépendants. Je cite Kant et je mets entre « guillemets » ce que lui-même soulignait : « les conditions de la « possibilité de l’expérience » en général sont en même temps, les conditions de la « possibilité des objets » de l’expérience ». C’est, je suis très sérieux, très fort, admirable. Et Heidegger, à juste titre, brillamment, dans « Kant et le problème de la métaphysique », attire l’attention sur ce que Kant n’a pas souligné, le « en même temps » ( Zugleicht. ). Après, ça se gâte, selon lui, ce « en même temps », je cite « exprime l’unité essentielle, de la structure complète de la transcendance ». C’est fou comme ces esprits inégalés escaladent les fameuses Murailles, les décrivent, les caractérisent, sans comprendre qu’elles cachent et extorquent le Soi et donc l’Etant.

- A la place de « l’unité essentielle de la structure complète de la transcendance », il fallait plus prosaïquement dire Soi, l’A priori, qui est effectivement, très justement, précisément « en même temps » un des objets possibles ET la possibilité de l’expérience de tous les objets dont celle de Soi. Ceci dit, la condition de la possibilité des objets dont Soi puis l’expérience de ceux-ci par Soi dont celle de Soi n’est plus rien d’autre que l’existence du monde physique, scientifique, dont on ne peut pas douter, sans lui, pas de sujet, pas de Sujet. Mais attention, cette concomitance soulignée par Kant puis la postérité est effectivement de la plus haute importance. Il n’était pas question de la rejeter mais bien d’aller plus loin, de faire mieux à sa suite, à la suite du cogito et donc de nommer correctement son siège, Soi en tant que Sujet, l’En-Soi, l’A priori. Ce que ne peuvent pas faire les cartésiens après l’escamotage du cogito. J’y reviendrais quand il sera explicitement question de la connaissance dont la condition sine qua none, première, est l’accès optimal, plein, à l’Etant, l’élucidation des modalités de cet accès à travers le pourvoyeur-compromettant de ceux-ci qu’est Soi, l’En-Soi, l’Apriori. « Il y a des choses et l’être humain est l’une d’entre elles », la voilà « la vérité transcendantale qui précède en la rendant possible toute vérité empirique », ou encore, comme dit Beaufret, « l’initialité radicale d’une liaison a priori, entre la présence des choses et l’avènement de l’homme », qu’a cherché et trouvé, amoindri, Kant et qui doit être pleinement acquise, circonscrite, décrite. Le séjour empirique, dramatiquement tel après le cogito, de la conscience doit devenir la place forte, parfaitement élucidée et située, d’où celle-ci, arrachée à Soi par la conscience de Soi, s’élance, à la conquête inquisitoriale, critique, des Etants produits par sa possibilité, et finalement la connaissance et la conquête, neurone par neurone, si j’ose dire, de la possibilité elle-même, Soi. La boucle est bouclée.

- La philosophie, c’est à dire d’emblée l’ombre amoindrie ( Il faut bien un pléonasme, tellement la situation est grave. ) de la dialectique, dans un cul de sac dès Parménide, dés qu’elle est explicite, tant que le divorce entre dialectique et science n’est pas effectif, est finalement morte par manque d’objet, pleinement tel, donné, disponible, à la suite du cogito. La Subjectivité que découvre Descartes est une aimable plaisanterie aseptisée et stratosphérique. Je vais lui rendre son objet constitutif, le Sujet. Afin de le liquider. Le progrès n’est rien d’autre que l’autre nom de cette liquidation par la connaissance, la dialectique et la science.

- Le cogito en l’état c’est l’aliénation, l’escamotage dynamique, inducteur, de sa possibilité scientifique et dialectique, de la possibilité de la conscience, du cogito, d’un Etant précis donc, qui est le Sujet, l’En-soi, l’A priori, et il s’ensuit donc des conséquences catastrophiques sur les modalités d’accès à l’Etant en général, sur celui-ci intrinsèquement. Cela nous a valu spectaculairement, entre autres, l’Envolée de Murailles ou encore la stupéfiante et révélatrice question de la preuve philosophique de l’existence des choses et donc la prodigieuse entreprise critique de Kant qui part à la recherche de ce qu’on a perdu à cause du cogito alors qu’on le possédait, sans le savoir, sans l’avoir dit, écrit, il est vrai. L’état des lieux kantien sera impeccable. A propos de la « Critique de la raison pure. » certains parleront de cathédrale tout en regrettant qu’elle n’a pas de bras. C'est à dire que Kant ne remet pas pleinement la main sur ce qui a été perdu. Il faut ramener explicitement le philosophe, la conscience critique, sur « terre ». Les guillemets à « terre » s’imposent vraiment, j’entends par là le très inconfortable et frêle Esquif sur lequel chacun d’entre nous erre dans Sa version constitutive de la Mer du Couchant homérique. L’ignorant parle de Destin. Je suis très critique avec les cartésiens, c’est-à-dire la philosophie et les philosophes tels qu’ils sont depuis le et à cause du cogito. Et pourtant, on voit que je suis un orthodoxe scrupuleux : je pars du cogito, même si c’est pour le reprendre. Toi et moi imaginons, en même temps, une pierre quelconque dans le désert du Sahara. Les deux Pierres imaginées seront différentes, seront deux Etants différents. Sartre dans « L’être et le néant », deuxième partie, « L’être pour-soi, chapitre premier : les structures immédiates du pour-soi, paragraphe trois : le pour soi et l’être de la valeur », page cent vingt et une de l’édition de cet ouvrage dans la collection « tel » chez Gallimard, épingle aussi « anodinement » qu’impitoyablement Heidegger et sa démarche du « Dasein », je cite : « Heidegger est tellement persuadé que le « je pense » de Husserl, est un piège aux alouettes fascinant et engluant, qu’il a totalement évité le recours à la conscience dans sa description du Dasein. Son but est de le montrer immédiatement comme « souci », c’est-à-dire comme s’échappant à soi dans le projet de soi, vers les possibilités qu’il « est »… Ma possibilité ne peut exister comme « ma » ( Note de ma part. C’est à dire comme émanant expressément d’une subjectivité, la mienne, et reconnue par moi comme telle. ) possibilité que si c’est ma conscience qui s’échappe à soi vers elle. Sinon tout le système de l’être et de ses possibilités tombera dans l’inconscient, c'est-à-dire dans l’en-soi. Nous voilà rejeté vers le cogito. Il faut en partir ». Il faut conclure très précisément quant à Heidegger : ce faisant, très précisément, ironiquement, avec le Dasein, en procédant ainsi, en essayant de ruser avec le cogito, il s’englue plus surement encore jusqu’au cou, dans le piège qu’il voulait éviter ainsi. Et c’est cette situation que son « Être et Temps » explore méthodiquement. Plus sobrement, Sartre dira contingence. Adhérant complètement à l’application sartrienne de la clause cartésienne de sécurité, je veux me soumettre à celle-ci, me situer relativement à celle-ci, et l’étendre au mieux, au Sujet en entier de façon insupportable pour lui. « L’être et le néant » et « Être et Temps » restent l’un et l’autre deux avatars du cogito, débarrassés par celui-ci de l’essentiel, de Soi, de l’En-Soi, c'est-à-dire l’Etant médiateur, avec l’Extérieur et pourvoyeur d’Etants, de facto tous plus compromis synthétiquement, a priori, c’est donc un pléonasme, c’est les « jugements synthétiques » de Kant, les uns que les autres, que Kant rejoint péniblement sans le conquérir à travers ces emblématiques formules : « la relation à l’objet en général », « la vérité transcendantale qui précède en la rendant possible toute vérité empirique », le « principe suprême de tous les jugements synthétiques » , « les conditions de la « possibilité de l’expérience » en général sont, en même temps, les conditions de la « possibilité des objets de l’expérience ». Toute chose dont Soi, à travers celui-ci, est la possibilité scientifique et dialectique de l’expérience et c’est cela qui est escamoté par le cogito, et qui en tant que possibilité et Possibilité est pourtant pleinement aussi un Etant, donné et pourvoyeur d’Etants. Tout Etant est une chose parvenant à la conscience à travers le Prisme du Moi, de l’En-Soi, et est donc un Etant pleinement tel, donné. Quelle conséquence pour la version sartrienne de la clause cartésienne de sécurité ? Une belle ironie : toute possibilité critique est mienne, parce que c’est ma conscience qui s’échappe de Soi « vers elle ». Mais « vers elle » qu’est-ce que c’est sinon une démarche critique, inquisitoriale, concernant toujours un Etant produit par Soi, une démarche de la conscience critique vers un Etant produit par Soi ? C’est la Boucle critique, l’acquis cartésien, kantien, sartrien, enfin complet. « Je t’aime ! ». « Merci Déesse ! Toujours aussi brune !? ». « … Reprenons ! ». Sale temps pour le Sujet. Et ce n’est pas fini.

- Le non-respect de la clause cartésienne de sécurité, qui dans son état initial n’intègre pas constitutivement, dialectiquement, Soi, ne risquait certainement pas d’entraîner ce que redoute Sartre : « Sinon tout le système de l’être de ses possibilités tombera dans l’inconscient, c'est à dire dans l’en-soi ». Tout au plus, on risque un égarement existentialiste, contingent, réducteur, dont le « Être et Temps » d’Heidegger et « L’être et le néant » de Sartre ne sont que les versions les plus élaborées, et à bon droit, emblématiques. Les « cartésiens » évoluent en orbite, je leur promets l’Enfer si on se réfère au Monde monothéiste, judéo-chrétien, les affres de la Mer du Couchant si on se réfère à l’Odyssée. Malgré l’escamotage dialectique de la possibilité physique, soi, et à la suite la Possibilité dialectique, Soi, par le cogito, la relation a priori avec l’Extérieur, évidemment, subsistait. La solution kantienne fut donc la « Corrélation transcendantale.», « à savoir l’apriorité, dans la conscience, de la relation à l’objet » ( Beaufret dans son introduction au Poème de Parménide au P.U.F. ). C’est insuffisant. Le siège de cette relation à l’objet, la possibilité de l’expérience, de la conscience, c’est Soi. La relation à l’objet de la conscience en passe par lui. Le retard de la philosophie est tel qu’il faut prendre garde à tout instant de ne pas être rétrospectivement impitoyable avec le passé. Le Soi, pas encore explicitement découvert, a été inadvertancièrement évacué, ce qui a indéniablement repoussé sa découverte explicite, même si paradoxalement cet escamotage provoquera des démarches le concernant, visant à le découvrir, à le rétablir à travers des questions, comme celle de « la relation à l’objet ». Je n’en vois qu’un qui, en pleine forme, était prêt, constitutivement à cette découverte, c’est le Grec. La seule Fenêtre, Trouée, Issue, sur le monde, les choses, c’est Soi, ce pourquoi, très précisément, ceux-ci sont toujours déjà un Monde, des Etants, avec une majuscule. Le Grec est et sait qu’il est le jouet et le spectateur, radieux, aristocratique et inquisiteur, de Lui-même, du Soi : il vit pleinement comme beaucoup d’autres peuples, cette Médiation que nous, nous méconnaissons à un point qui est une caractéristique culturelle. C’est très précisément l’ampleur de cette carence qui fait de nous, occidentaux un peuple exténué. Ça craque, ça se fissure, de partout. Le Miracle grec, ça sera toujours celui de la Santé de cette Ouverture qui éblouit certains d’entre nous sans que nous puissions la comprendre. Regardons la céramique géométrique, la koré ( La 674 est magnifique ! ) et le kouros archaïques, « là », le Grec, son Œil, sont au mieux de leur forme.

- Les cartésiens ? Des génies, cent fois oui. Mais moi, brute ignare, dès que l’Etant n’est pas pleinement tel dialectiquement, a priori, donné, disponible, dans un discours et bien, rapidement, je me traîne, j’étouffe, je rame, renifle la carence, l’amputation, le manque, a priori, et je m’énerve. Le fruit époustouflant du miracle grec ? C’est une question : qu’est-ce que l’Etant ? Il y a deux mille cinq cent ans des gens s’étonnent de façon fondatrice pour la philosophie, sont donc en mesure a priori, constitutivement, de s’étonner à ce point sur la Nature même de ce qui fait Sens, sur la Nature du Sens lui-même. Et d’en débattre pendant plusieurs siècles à un degré qui n’aura qu’un parallèle, suite au cogito. Et moi, je rame pour qu’on puisse de nouveau se poser et entendre un tant soit peu cette question. Peut être bien que ma seule qualité ce fut de pouvoir entendre cette question, son caractère aporétique chez les Grecs, ce questionnement, lorsqu’à dix-sept ans, je mets, pour la première fois, le nez dans un ouvrage de Platon. Je sais tout de suite, « physiquement », que la philosophie, comme quête, discipline, questionnement, du Sens, c’est pour moi. C’est l’audace de s’attaquer à ce qui fait et défait les Existences, les Cultures, les Mondes. Mais depuis vingt siècles, il s’est tout de même passé des choses intéressantes. Et l’une d’elles permet aujourd’hui au dernier des ratés de faire mieux que les Grecs, c’est le divorce historique, empirique, et donc très très progressif, laborieux, constitutif de la dialectique et de la science, surtout valable pour celle-ci. Il suffit dans un premier temps d’entériner ce divorce pour y voir beaucoup plus clair. A la science ce qui existe, à la dialectique « Ce » qui est, vaut. La majuscule indiquant explicitement qu’on est dans le registre de la dialectique, du Sens. Rien qu’avec ça, notre question se porte déjà beaucoup mieux : qu’est-ce qu’un Etant ? Ceci dit, en dehors de ce qu’il est scientifiquement, qui est donc un autre problème. Ce qui n’était pas le cas pour les Grecs. J’ai donc commencé par fréquenter assidument les Grecs pendant plusieurs années jusqu’à cette rencontre indescriptible avec les éléates. Je suis un éléate. J’ai découvert les cartésiens après. Et tant mieux. D’emblée, le cogito fera bondir, une vraie agression. « Mais, quelque soit le risque du cogito, c’est à partir de là qu’il faut philosopher, fut-ce seulement pour trouver les moyens d’en sortir ( Jean Beaufret dans son introduction au Poème de Parménide aux P.U.F. ) », et je ne cite qu’une des versions de la règle d’or de la maison. Une règle à laquelle, tout à la fois, je me suis plié, et à laquelle j’adhère. Et pourtant, elle a fait un tort considérable à la « maison ». Des électrons libres de génie, et des acquis qui vont avec, ont été maintenus à l’écart, et ce parfois par des insectes dont le seul mérite était d’être des orthodoxes. Philosopher à partir du cogito, c’est casser les genoux à un type au départ d’un marathon ! « On se calme ». « Salut Déesse ! Comment vas-tu ? ». « Mieux ! ». « Moi aussi manifestement ». Nous intégrons tous, constitutivement et synthétiquement, des Puissances supérieures, et c’est le propre du Sujet de notre espèce d’avoir développé une telle Distance avec l’Extérieur et un tel Espace intérieur, à partir de là, que quelques-uns, philosophes, prophètes, aliénés ou autres aient des petites voix intérieures n’a rien d’étonnant. Mépriser, évacuer, jamais, comprendre, savoir, toujours, y compris surtout ce genre de phénomènes. « Bien. Très bien ».

- C’est vrai : je ne suis pas capable de travailler comme pourrait le faire, par exemples, un universitaire ou un écrivain. Mais il y a plusieurs façons d’être méthodique. De ces points de vue, je ne le suis pas. Mais d’un certain point de vue je le suis : en dialectique, je ne lâche, n’évacue, ou quoi que ce soit dans ce registre, jamais rien. Je traine tout « solde » comme on traine un boulet. J’affirme donc que l’Etant est Donné, et donc d’abord pour se faire, donné. Hier soir, je suis allé me coucher le sourire aux lèvres : je tenais fermement le Fil sur le point essentiel : pourquoi, comment, l’Etant est donné puis Donné. J’en faisais pleinement l’expérience. Qu’est-ce que nous rapportent les éléates ? La découverte explicite de l’Etant, de l’Être, de l’Un, les débuts de leur avènement en tant que tels, manifestement et pleinement tels, dialectiquement Donnés, et donc d’abord avec, grâce à, rien de moins que la dialectique, elle aussi enfin explicite. Dans le poème de Parménide les deux Possibilités dialectiques, la possibilité physique générant de facto la possibilité dialectique, lieu de l’Analogie, de la Corrélation, dialectiques, inaugurales, à savoir l’existence d’abord physique du Sujet pensant qui peut constater son existence et celle des autres choses, sont un tant soit peu explicites avec le vers du fragment III et les vers 34 et 35 du fragment VIII. Elles ne sont pas escamotées, amoindries, et il en use explicitement. Mutilation, enfermement, mise en orbite, chez les Cartésiens, surgissement, effraction, formalisation, qui ont des prémisses, chez les éléates, pour n’en citer qu’une, et une ouverture très vite, très tôt, questionnée, quasiment explicitée dans le poème, c’est cela qui est neuf, particulier, avec les Grecs. C’est a contrario, a posteriori, activement, que la prise de conscience inaugurant la conscience critique, isole le Sujet, s’envole de lui, créant cet espace, cette distance, parfaitement décrits par les cartésiens jusqu’à Sartre, qui sont le lieu de la connaissance, du changement éclairé, du progrès, de la liberté, du libre arbitre, du combat contre le Sujet, en un mot, de la transcendance. La prise de conscience déferle sur le Monde, le révélant comme Mon Monde, révèle l’éclat enchanté et enchanteur, et « trompeur » ( Le « trompeur » du Poème de Parménide. ), de la présence du Sens et du Dieu, du fait de la présence du Sujet. C’est l’avènement du fait critique, transcendantal, contre le fait structurant, la Relation a priori du Sujet avec l’Extérieur, le Sien, celui dont il est d’abord un Fruit. Et l’effraction, la critique, éléates, ont très bien été entendues par Platon et encore mieux par Aristote qui renouvelle complètement le questionnement, toujours afin de surmonter les problèmes qu’a soulevé cette crise, notamment l’avènement de l’aporie centrale, faire la distinction entre l’aspect scientifique et l’aspect dialectique de l’Etant, entériner le divorce entre science et dialectique, ce que fait Parménide dans son poème en deux parties. Mais la postérité et le prestige historiques de ces deux là, sans oublier l’échec puis la disparition des Grecs, jetteront un voile durable sur un avant sans lequel ils n’auraient pas été ce qu’ils ont été. Et cette reconquête, initiée à la fin du XIXème siècle, est encore loin d’être achevée, on dit encore « présocratiques ». A partir des éléates, tout effort philosophique est toujours notoirement, entre autres, tel parce qu’il veut sortir de cette aporie, plantée dans le ciel inaugural de la philosophie qui requiert pour perdre son statut d’aporie le divorce entre le questionnement dialectique et le questionnement scientifique. Et si effectivement la dialectique, à travers les fantômes désincarnés de la philosophie, de la métaphysique, postcartésiennes, post-cogito, opère son retour, c’est donc dans cette mesure, dans ces nouvelles conditions décrites et en vigueur a priori. Sartre termine l’état de lieux, scrupuleusement, impeccablement, c'est-à-dire, « d’autant » amputé a posteriori. Il tentera, sans succès, de relier le marxisme à la réduction cartésienne. La solution, c’est un Paradigme qui englobe et encadre les deux, ce qui permettra un lien, une critique économique tenant donc compte de ce qu’est le Sujet. Pendant que nous oublions de penser, le Capital, lui, poursuit son odieux chemin oppressif, criminel et dévastateur. L’Etant, l’Être, l’Un sont donnés et Donnés. L’Etant étant pleinement donné : mettons-le sur la table et coupons-le en deux pour l’examiner ? Pas encore : j’estime que ma reprise du cogito par le biais de sa défaillance constitutive, la négation de sa possibilité à travers la démarche du doute radical, peut être encore consolidée.

- L’analogie, la corrélation, inaugurales, sont celles, scientifiques, entre soi et toutes les autres choses. La conscience de Soi et de toute autre chose requiert d’abord leur possibilité scientifique qui est l’existence des choses dont celle de soi. Mais dans le cas, du Sujet percevant, ressentant, et, dans le cas de notre espèce, pensant, cet avènement physique, scientifique, est de facto également constitutif de la Possibilité dialectique, du cogito, de la prise de conscience critique. Toute chose, perçue, pensée, consciente, est de facto un Etant. Surtout quand la conscience atteint Soi, comme Sujet, comme En-Soi, A priori, Etant producteur d’Etants, qui la sépare donc des choses, du monde, qui font de celles-ci, de celui-ci, des Etants : les Miens, les Tiens, ceux du Sujet dont je suis la conscience critique. A cause de Soi, la conscience de toute chose est compromise, est conscience d’Etants. Ici, l’Envolée de Murailles cartésienne fait place à l’Extérieur, un Monde conformé par Ma présence et celles des autres Sujets. Le cogito repris étant validement son emprise à tout Etant. La Subjectivité qui advient, dont je fais l’expérience ainsi, est très différente. Le fossé critique se creuse, la conscience critique se consolide et se découvre un vis-à-vis antagoniste : Soi.

- A posteriori, a contrario, on voit bien que c’est l’En-Soi qui occupe la Position centrale entre la conscience et les choses qui sont souvent déjà des Etants, du fait de Soi-même et des autres Sujets. Voilà bien une Subjectivité dont personne ne voudra, elle exige l’éradication dialectique du Sujet, du Monde, fait par les Sujets. Ici, au lieu de la mutilation et de l’enfermement orbital cartésien, générateur d’une unique expérience forte de la Subjectivité, ainsi conformée a priori, et de la conscience critique privée de son Etant principal, Soi, advient en même temps, la juste conscience de Soi, constitutive du « Sujet transcendantal », de la conscience critique, et donc corrélativement la conscience d’un énigmatique En-Soi distinct, de l’Etant pourvoyeur d’Etants, aussi consistants, donnés, que suspects, avec lequel la dite distance critique ne cessera de croître. Il s’agit de décrire au mieux les conséquences d’un unique évènement, la prise de conscience qui révèle la structure dialectique du Monde où au centre duquel trône subjectivement le Sujet, dont Parménide rend compte dans son Poème, qui adviennent en même temps mais que la conscience critique découvre, énonce, peu à peu. C’est ainsi que le Monde resplendissait aux yeux des Grecs de toute, cette, sa, consistance trompeuse et enchanteresse que nous ne voyons pas, plus, à un degré rare, caractéristique de l’occident tardif. Il faut dire que nous sommes la civilisation la plus proche de la dégradation de l’état de synthèse maximale, préalable pénible à la phase finale de l’Histoire. L’Occident éreinté d’aujourd’hui est précisément le descendant de l’Occident originel qui voyait déjà si bien le Sujet, si dangereusement pour lui, et qui a découvert la science et la dialectique. La liquidation dialectique du Sujet, la vraie transcendance, est inscrite au cœur des poèmes homériques, et ses moyens dans le Poème de Parménide. Que ça soit un pseudo-grec, un pseudo-éléate, un avatar monothéiste, judéo-chrétien, névrosé au dernier degré, qui trouve explicitement la place de l’En-Soi, qui est aussi le Sujet névrotique, qui est effectivement dialectiquement la sienne, n’a, très précisément, rien d’un hasard.
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MessageSujet: Re: " De la Nature. Abrégé ".   Sam 20 Juil 2013 - 10:15

- Je ne lis ni le grec ancien, ni l’allemand. C’est l’un des regrets de ma vie. De plus, on imagine aisément que la traduction des fragments du poème de Parménide n’est pas à la portée du premier hellénophone venu. Et puis c’est une intime conviction issue d’une très longue fréquentation de multiples traductions, cette traduction présente des difficultés propres au poème, à Parménide lui-même, qui a éprouvé de grandes difficultés à rendre compte de l’expérience d’ordre intime qu’il a vécu. L’Être dont il nous parle présente bien souvent des caractéristiques relevant bien plutôt de l’Etant. Celui-ci advenu un tant soit peu tel, c’est rapidement, automatiquement, intuitivement que les questions de l’Être et de l’Un adviennent, s’imposent à l’esprit, ça sera l’Être pour Parménide, l’Un pour Zénon et pour Aristote, qui cerne très vite le problème central, l’Etant que préfigure l’Un de Zénon, d’abord dialectique, qui monte en épingle la confusion entre aspects scientifiques et aspect dialectique. Ce qui advient en premier, fabriqué en permanence par un quelconque agglomérat de cellules nerveuses, scientifiquement dit, est donné et c’est l’Etant. Les cerveaux, l’En-Soi, l’A priori, fabriquent, synthétisent, des Etants qui ont donc d’emblée en commun l’Être et le fait d’être uns. Sans Sujet, Subjectivité, pas de Sens, d’Etants. Et sans Etant pleinement tel, en terme de disponibilité dialectique, tout autant donné que compromis, c’est la version correcte du cogito qui, affectant l’Etant en tant que tel, donné et suspect, génère le « sujet transcendantal », progressiste, inquisiteur, critique, la conscience critique, pas de connaissance de ceux-ci et pas de connaissance possiblement pleinement telles donc. « Salut cafard d’entre les cafards ! ». « Salut Déesse ! ». « Et moi alors ? ». « C'est à dire, pour l’essentiel, le Dieu en soi. Comme tu le vois, j’essaye de ne pas avoir d’a priori, de ne pas évacuer malgré l’envie a priori de le faire. Eut égard à l’importance de cette Enigme, ça serait malvenu. Comment, pourquoi, ce dialogue intérieur advient, s’impose, dans certaines circonstances, je n’en sais rien, ça irrite l’esprit rationnel et génère cette envie d’évacuer ». « Tiens bon ». « Oui Déesse ».

- L’Être c’est l’Etant qui n’est pas différencié, Un, ce qui ne veut surtout pas dire que l’Être n’est pas un, j’y reviendrais, Ce qui, constitutif des Etants, est donc commun à tous ceux-ci.

- La pensée entretient une analogie avec l’Être « avant » d’être plus précisément « Pensée d’un Etant, Une ». Paraphrase de l’unique vers constitutif du fragment III, « Le même lui, est à la fois penser et être.» ( Beaufret. ) et du vers trente-quatre du fragment VIII, « Or c’est le même, penser et ce à dessein de quoi il y a pensée.» ( Beaufret. ). L’Etant et la connaissance pointent le bout de leur nez. Avec le Penser du poème, le « sujet transcendantal », la conscience critique, est de façon décisive, suffisante, pour pouvoir vite faire mieux, mandataire de l’Etant, revoir les vers trente-quatre et trente-cinq du fragment VIII. Pour ceux-ci, par exemple, N.-L. Cordero, « Les deux chemins de Parménide », chez Vrin, donne : « Penser et ce pourquoi la pensée est, sont la même chose ; car sans ce qui est grâce auquel il est énoncé, tu ne trouveras pas le penser ». La réaction ne traîne pas, l’Un sera le cheval de bataille de Zénon. Et un peu plus tard, se sera l’Etant pour Aristote. Si parfois cela ne fait pas de doute, a contrario, des fois, on se demande s’il est question de l’univocité de l’Être ou de l’Etant, qui, au moins à première vue, semblent différentes. En tous cas, c’est cela, cette univocité, que l’éléatisme défend bec et ongles. En plus du fait qu’il faut quelque érudition et pratique pour se transporter un temps soit peu en Grèce archaïque, pour les éléates eux-mêmes, les choses étaient loin d’être claires. Ils ramaient et je rame ! Le fameux Dévoilement, la prise de conscience, ne se fait pas sur la vérité, des solutions, ou je ne sais quel Graal du même genre, il se fait sur les vérités relatives à la Situation, l’Inscription du Sujet dans son Monde, sur l’Enigme, pleinement telle qu’est chaque Etant. Ce qui est alors pleinement offert c’est « seulement » « la possibilité inquisitoriale ». On peut aussi dire éléatisme ou dialectique. « Sois honnête, même toi, tu ne t’attendais pas à ça ». « C’est vrai. Encore toi. Pause ». « C’est nouveau ça ! » … Je marche sur des œufs. En dialectique, ne pas en dire assez a un bon côté : c’est également ne pas en dire trop, c'est à dire prendre le risque de la dépréciation voire de la chute métaphysique, on avait compris, de se retrouver moins riche qu’on ne l’était sans savoir qu’on l’était et ce faisant s’appauvrir. Je reprends. La question de l’univocité de l’Être et de l’Etant, l’Un en ces termes, est quasiment aporétique. Dire « Sens » résout le problème : ce qui est ne peut pas effectivement, à la fois, ne pas être. C’est l’univocité, la cohérence, dialectiques intrinsèques, de l’Être et de l’Etant, qui est donc en plus, Un, une unité. « Toutes nos félicitations ». « Merci Fille du grand Zeus ». Maintenant, Parménide et Zénon peuvent prendre dans l’histoire la place qui est la leur. Le brouillon de ce texte, écrit en deux temps donc, ne comporte aucune rature significative. Je vis des jours de grâce.

- ( Le lendemain. ) Dès la fin du texte précédent après plusieurs semaines d’exaltation, de fébrilité, de fécondité, je « sais » que la suite c’est le problème laissé en suspens par Homère, c'est à dire de façon plus globale la Mer du couchant, le Dieu en soi, le Sujet névrotique, l’En-Soi, les termes précis de Sa Relation a priori à Son Monde. Et avec, en même temps, je me dis, me doute bien, que la transition va être délicate. Question qui ne se posait pas les jours précédents. C’est très frappant ce sentiment net de la fin de quelque chose. Je ne sais pas sur quoi embrayer précisément. L’Etant, tous les Etants, et l’Homme avec, sont là, Donnés : dialectiquement disponibles et suspects. Et quand je dis l’Homme, j’entends bien évidemment la bête à peine domestiquée, l’être tordu, disgracieux, empirique, historique, culturel, familial, névrotique, que nous connaissons tous. « Ben voilà ! » « Bof… ».

- Il semble bien que Parménide avec « Ce m’est tout un par où je commence, car là même à nouveau je viendrais en retour » ( Fragment V, traduction de Beaufret dans son édition du poème chez Vrin. ) avait déjà compris complètement ce qu’énonce à moitié la clause cartésienne, sartrienne, de sécurité, « ma possibilité ne peut exister comme « ma » possibilité que si c’est ma conscience qui s’échappe à soi vers elle. Sinon tout le système de l’être et de ses possibilités tombera dans l’inconscient » ( Sartre, « L’être et le néant », deuxième partie, chapitre premier, début du III, page 121, collection « tel » Gallimard. ). Plus donc ce qu’il ne pouvait pas voir, s’en étant privé a priori : tout effort de la conscience à propos de n’importe quel Etant est en dernier lieu ramené à cet Etant très particulier qui les produit tous, c'est à dire Soi, l’En-Soi, la Mer du Couchant. Parménide partant et arrivant de la Trouée, de l’Issue du poêle cartésien, de l’En-Soi, de l’A priori, y revient, et cette boucle est le lieu de la conscience critique, de la connaissance, alors qu’avec le Cogito, l’Intermédiaire, l’Issue, disparaissent, les Murailles s’envolent ! Il fallait élucider au mieux la Situation première, l’inscription, a priori du Sujet, ses relations a priori avec l’Extérieur, celle de tout un chacun, celle d’Ulysse, qui après dix ans de « Guerre », de « grande forme » synthétique, erre dix autres années comme une âme en peine dans la Mer du Couchant, sachant qu’il y a autant de Déclinaisons constitutives de cette Situation a priori, qu’il y a de Sujets, de Cultures. Au-dessus, en énonçant mon prolongement de la clause cartésienne, sartrienne, de sécurité, j’ai dit « tout effort de conscience ». Ce n’est pas une figure de style. Elle vaut pour tout effort particulier, individuel ou collectif, empirique, ou disciplinaire. La science a sa cohorte, la dialectique aussi. A propos de cette dernière, de façon révélatrice, quasi-tragique, on parle de « sciences » humaines, et j’en passe. Cette hypothèque relative à la non-élucidation de la Situation en vigueur a priori grève « d’autant » a posteriori, et c’est désormais explicite en toute rigueur dialectique, philosophique, tout ce qui s’est fait, pensé, ou dit dans le domaine des « sciences » humaines. Nous n’avons jamais pensé que les effets, mais il faut remonter jusqu’au Sujet premier, névrotique, l’En-Soi, Producteurs d’Etants, et inclure celui-ci en tant que tel, à travers, à la suite de, l’examen des Etants qu’il produit.

- ( Le mercredi trente et un octobre deux mille douze. ) Je termine présentement ce « texte » « III - Du cogito » de « De la Nature. Abrégé » constitué d’une compilation de textes, retouchés pour l’occasion, de la série intitulée « Dialectique » de mon « De la nature » in extenso. La démarche du doute radical est dialectiquement illicite, elle rompt le lien entre Extérieur et conscience en escamotant l’Intermédiaire, l’A priori, l’En-Soi, c’est l’Envolée de Murailles. Le cogito est élucidé, corrigé et affiné. L’Etant est pleinement donné et pleinement suspect. Bienvenue dans la Mer du Couchant. Le compte est bon. « Dialectiquement dit. Il n’y a plus qu’à entériner complètement : cheminer ». « Je sais ». « Je sais que tu sais, je disais ça pour les autres ». Il fait très beau, très froid, ciel azur, il est midi ! Tout l’Inadvertancier constitutif doit disparaître. L’Homme est au bout de ce chemin.

IV - De l'émergence phylogénétique, scientifique, du Sujet, dialectiquement, philosophiquement, dit.

Il n'y a qu'une différence de degré et non de "Nature" entre les sociétés, les cultures humaines, et les autres sociétés, cultures animales, quand bien même ce serait la plus importante. L'homme n'est pas un animal comme les autres, mais c'est tout de même un animal parmi les autres (pour leur plus grand malheur). Toute société animale développe ses propres codes constitutifs. Mais donc beaucoup s'obstinent toujours à refuser de parler d'institutions imaginaires. C'est un combat d'arrière garde manifeste. Le moineau domestique, Passer domesticus, est l'espèce la plus grégaire qui fréquente ma propriété. Les individus de cette espèce qui a "choisi" la grégarité y trouvent certainement leur compte. Mais cette proximité est aussi une promiscuité qui génère d'innombrables problèmes, conflits, rapports de force, hiérarchies. En fait, dès le moment où on admet qu'il y a des sociétés animales, ce qui est scientifiquement prouvé, nous vivons à une époque où il n'est plus possible de le nier, on admet l'existence de règles, de codes, et j'en passe. Ainsi une brèche qui ne peut plus être refermée est ouverte : la transgression, la non-transgression, la duplicité, par l'individu, le Sujet, le Bien et le Mal, la Culpabilité, le dilemme, donc le référent, l'institution, le dieu, la culture, peuvent advenir. L'apparition de règles présuppose celles de rapports de force entre individus de la même espèce, on peut ainsi régresser jusqu'à l'apparition de la vie, à laquelle se superpose de façon concomitante l'apparition et le développement du Sens, du Sujet, dialectiquement dit cette fois.

J'aimerais également m'insurger contre une véritable ineptie, aberration, même s'il faut bien comprendre que même les sciences n'échappent pas à l'esprit de chapelle. Plus l'espèce est évoluée, le Sujet significativement tel, moins l'écologie comportementale, inaugurée par la sociobiologie, est pertinente. Par exemple, l'infanticide des lionceaux du rival fraîchement évincé par le nouveau mâle dominant n'a pas d'autre intérêt que d'entraîner le changement hormonal qui fera retomber les femelles en chaleur. Le nouveau chef, mâle, dominant, Sujet s'il en est, n'est pas disposé à partager quoi que ce soit, et non pas comme je l'ai lu, ne veut pas "courir le risque d'être bouté hors de la troupe par un rival avant même d'avoir pu assurer une quelconque descendance". L'opposition entre éthologie et écologie comportementale est contre-productive, elles sont complémentaires. Le lion ne tue pas ses petits, pratique l'homosexualité et donc la sodomie, une femelle chacal peut nourrir ses petits avec ceux de la voisine, les dauphins tuent pour jouer (par exemple des marsouins), pratiquent le viol, quinze pour cent des couples de cygnes sont homosexuels, et cette espèce, herbivore, pratique le meurtre aussi bien intra qu'interspécifique, une femelle crocodile peut dévorer ses petits après les avoir protégés au péril de sa vie lors de leurs premières semaines, quant aux chimpanzés, n'en parlons pas : on découvre que les Romains et les dynasties royales n'ont rien inventé, etc. Les pertinences respectives de ces deux approches dépendent du rameau de la vie, du niveau d'évolution observé, de l'ampleur du Sujet considéré. La sociobiologie s'est même risquée à appliquer des raisonnements darwiniens aux comportements humains, programme que la "psychologie évolutionniste" (!) s'est risquée à appliquer aux fonctions supérieures de la cognition ! Là, on frise le délire. Alors que Darwin lui-même, et très honnêtement il le dira explicitement, éprouvera les limites de sa théorie très précisément lorsqu'il se penchera sur la sélection sexuelle. Il y avait effectivement anguille sous roche : l'émergence phylogénétique progressive du Sujet en tant que tel, biologiquement, puis philosophiquement dit.

- Conclusion. Le cogito disséqué et repris, son économie interne longuement décrite, décrit la situation a priori en vigueur chez les Sujets de toute espèce animale et donne comme on l'a vu pour résultat, via l'En-Soi, l'A priori : " tous les Etants sont a priori pleinement donnés et pleinement suspects ". La première certitude est l'incertitude ! Donc mécaniquement, le doute, une culture du doute, et donc a contrario une culture du dialogue, de la connaissance, qui se déploient pleinement dans un espace qu'on ne peut qualifier que de démocratique, viennent de découvrir leur fondement dialectique, philosophique, et deviennent par là même, les premiers impératifs catégoriques, et ce donc en découvrant leur fondement. Pour tout dire, je suis bien heureux d'avoir découvert, sans l'avoir cherché, que le régime démocratique est philosophiquement fondé, légitime.

La Nature ( Comme Chose en soi, la biosphère, comme Horizon ultime, comme environnement. ), l'Autre, l'Animal, telles sont donc les Choses que J'ai, catégoriquement et philosophiquement, dit, en tant que Sujet à considérer pour Être et être.

Comme le demandait Homère, j'accomplis la prophétie de Tirésias. Le fantôme de Tirésias à Ulysse, chant XI ( Traduction de Bérard. ) :
- " ... Mais lorsque en ton manoir, tu les ( Les prétendants. ) aurait tués, par la ruse ou la force, il faudrait repartir avec ta bonne rame à l'épaule et marcher, tant et tant qu'à la fin tu rencontres des gens qui ignorent la mer ... Veux-tu que je te donne une marque assurée, sans méprise possible ? le jour qu'en te croisant, un autre voyageur demanderait pourquoi, sur ta brillante épaule, est cette pelle à grains, c'est là qu'il te faudrait planter ta bonne rame et faire à Posidon ( Le maître de la Terre, on l'oublie souvent, ou encore divinité tutélaire d'Athènes avec Athéna et des Atlantes . ) le parfait sacrifice ... ; tu reviendrais ensuite offrir à ton logis la complète série des saintes hécatombes à tous les Immortels, ...; puis la mer t'enverrait la plus douce des morts; tu ne succomberais qu'à l'heureuse vieillesse, ayant autour de toi des peuples fortunés ... En vérité, j'ai dit ".

En clair, le retour à Ithaque, auprès de père, femme et fils, et sur son trône, ne marque pas le terme de l'Odyssée : non c'est avec les affres de la Mer du Couchant qu'il faut en finir : être en Paix a priori. Je redonne à l'Occident Sa sagesse. En clair, Homère ne termine pas mais sème des indices, l'un des pieds de lit du couple est un olivier vivant !
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MessageSujet: Re: " De la Nature. Abrégé ".   Lun 9 Sep 2013 - 15:20

Je comprends parfaitement qu'à première vue, a priori, l'éléatisme soit perçu comme une doctrine, je ne dis pas " une de plus ", elle a quelque ancienneté. C'est vrai, il y a " isme ". Mais non.
C'est la voix de ce dont sont faites toutes les doctrines.

Quelques fondements, qu'on éprouvera à l'envi : il le faut.

L'Être. Facile : c'est un Etant auquel on a ôté tous ses attributs jusqu'au plus radical, premier, le fait qu'il soit advenu Un, l'Être c'est donc du Sens sans Sens, la matière première du Sens. L'Être est, absolument, et ne saurait devenir, par exemple.
L'Etant. Là, il faut de suite entériner radicalement le divorce épistémologique entre dialectique et science, le cul de sac où la philosophie grecque toute entière s'agite aporétiquement.
Et le cogito. Correctement corrigé, repris, étendu. Tout Etant est le Fruit d'un Sujet, il est à la fois Donné ET Suspect : DONC une culture du doute, de la mise à l'épreuve, du dialogue, de la connaissance, du débat contradictoire, etc, etc, toutes choses qui ne peuvent se déployer au mieux qu'au sein d'un espace qu'on n'hésitera pas à qualifier de démocratique.

On a, mine de rien, de l'ontologie, une métaphysique, une phénoménologie, une éthique, de la politique, une transcendance, un humanisme, une sagesse, etc, absolument tout ce qu'il faut dés qu'on développe.
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Whynot



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MessageSujet: Re: " De la Nature. Abrégé ".   Jeu 12 Sep 2013 - 22:06

Je dois t'avouer Neopilina, que j'ai flanché et ai cessé de lire le piaillement de ce texte, une faim de sens qui dans un tambour résonne en echolalie : assourdissant ...

La seule chose saine de ce texte, le seul salut est l'existence  de cette malheureuse Nathalie Joly qui a du se farcir ce fatras délirant , cette faim de soi qui est aussi faim de loup J'espère qu'elle y a survécu!

Encore un oedipien en mal de la mère , la chose en soi : d'un barbant absolu

Maintenant j'entends ce texte comme une question, qui taraude mais où elle est ma  moumoutte , celle dont l'absence me porte aux souffles du vent sur la calvitie de ma pensée chauve

Cette question me touche, car elle indique un lieu, un regard vers un espoir de guérison... une paix et le tourbillon des mots n'est là que pour en montrer l'infinie distance

Ce qui se concoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ...

Le problème du texte est l'imprégnation pulsionnelle du dire Ca , du voir Ca qui se trafique et se falsifie en sa-voir. Je suis décu car j'espérait sur la mer calmée du Poème lire quelque chose de formidable à propos de Parménide et je tombe finalement dans le calecon pulsionnel d'un narcissique même plus boutonneux

C'est dommage J'eus espéré que vous sussiez et le grec et l'allemand pour avancer dans la connaissance de ce texte Je regrette d'abord que vous n'ayiez pas donné le texte grec original à la lecture ce qui aurait pu déjà nous aider à comprendre les tra-duction des auteurs

Je te remercie, et je repasse au tu, car hein bon, on peut être faible et chercher le sujet en autrui dans l'interpellation familière, je te remercie d'avoir noté les 3 traductions car ensemble elles se complètent et font émerger le texte grec , j'eu préféré avoir néanmoins aussi le texte grec à lire
J'irai donc par moi meme le chercher

On synthétise à partir de qui on est bien sûr, et son histoire et sa "névrose" colore notre pensée "objective" c'est vrai , parfois on aimerait que la pensée se cherchât elle même plutot que le sujet anecdotique qui l'énonce.

La passion de soi, issue de la purulente souffrance d'un manque à soi est la carie du poète celle qui nous ramène à nous-même .... j'entends malheureusement plus la carie que la pensée du cerveau qui la chapeaute ...

J'ai un grand problème pour un "spécialiste" de Descarte d'entendre parler d'un "avant" de la conscience , d'une chose ?! La conscience n'est pas une chose et elle est encore moins une boucle
La boucle répétée en boucle s'apparente à de l'incantation , une fumée qui obscurcit ce qui restait de lumière dans les volutes ....

La conscience n'est pas une boucle ; elle ne le devient que quand on considère qu'elle est une chose ... qui échappe ... et pire ...une chose avant une autre chose ...

La conscience n'est pas un Etant elle est la manifestation de l'Etre en tant qu'Etre , une ouverture dixit Heidegger ... elle n'est pas un ETANT et donc ni ne suit ni ne précède elle EST le temps son déroulement, sa création etc...

Je préfère citer Descartes plutot que tout verbiage y compris de Heidegger , y compris du mien

Premier principe de la méthode
"ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle : c'est-à-dire, d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements, que ce qui se présente si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute."

La clarté qui dissipe tout doute il l'appelle une évidence ... le cogito ergo sum relève de cette évidence, de cette clarté une IMMEDIATETE

Le donc , l'ergo signifie à partir de sa racine e regium , ex regio tout droit hors de , le "surgissement" de l'etre hors du cogito EST le cogito Le cogito n'est pas une chose il est ce qui surgit , la prise de la pensée en tant que poein c'est à dire un créer et la poiesis est l'énoncé le malheureux énoncé qui obère et cache son surgissement , son être

Le cogito n'est ergo sum que parce qu'on est en train de l'énoncer , de le dire C'est un acte , ce n'est pas une chose

L' évidence cartésienne ne relève pas de la formule concise cogito ergo sum mais de la formule complète, dubito ergo cogito ergo sum , dubito ergo sum est tout aussi valable mais moins "évident" que le cogito mais il s'agit de la même chose

La chose d'avant dont tu parles , la Chose perdue n'est perdue que parce qu'elle passe ta muraille sinon elle serait oubliée Lacan indique l'endroit de la chose la barre qui sépare le signifiant du signifié
La langue le langage qui est le lieu de la perte et dont la folie cherche à se défaire pour retrouver ce qui est irrémédiablement, et c'est un bonheur .... perdu

En renoncant à trouver la Cause , ton esprit trouveras la paix et s'intéressera je l'espère à autre chose qu'à soi même et de voir , en aliénation trouver sa Cause en l'autre en les autres et découvrir la beauté du monde et accepter cette aliénation fondamentale comme aussi intéressante que soi-la mère et chercher dès lors la femme, le monde , la vie l'aventure, la femme ou l'homme au fond peu importe le flacon pourvu qu'il y ait l'ivresse  .... sans doute donc... très loin ou trop loin de Parménide à mon gout donc
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Neopilina



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MessageSujet: Re: " De la Nature. Abrégé ".   Ven 13 Sep 2013 - 16:44

Je t'ai lu avec attention.
A bon droit, mes textes rebutent, pour les raisons que tu énumères un peu.
Mais le temps de se retourner, ils sont déjà vieux.
J'ai poursuivis là : http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/thread.php?lng=fr&pg=26900&fid=1&cat=1
Mon interlocuteur, louis50, a formulé des réserves sensiblement identiques.
Ca m'interpelle encore plus, j'en opine du chef. Tu pourras constater, avec un soulagement partagé, que j'ai passé le Cap de ces Tempêtes, et donc, qu'il fallait que ça se fasse, tu le dis aussi ! Tu pourras constater que je suis en Paix.

Tu as dit : " Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ... "
J'y travaille avec Autrui.

Ayant un tant soi peu pris congé de ma névrose constitutive, et à chacun la Sienne, ce que je dis aussi, entre deux tourments,
tu ne me feras pas souscrire à une autre !

Je te relirais. Tu le sais d'ailleurs !
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Neopilina



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MessageSujet: Re: " De la Nature. Abrégé ".   Ven 27 Sep 2013 - 13:04

Voilà ma dernière reprise en date du cogito, terminée ce jour, et bien plus courte et apaisée, que celle proposée en III de mon Abrégé au dessus.

- Le dimanche 22 Septembre 2013.
De toute façon, même dans le poêle cartésien, perché sur un nuage, on a toujours déjà en poche de quoi passer, revenir : j'ai pu, très bien même, me mettre à table ce soir !
Heureusement que j'ai mis "déjà " en gras, sinon c'était plagier Victor !
Il faut bien sûr affiner, creuser, y voir clair dans le poêle, et patatra, on redescend.
Allez ! à demain ! Signé Furax !

- le lundi 23 Septembre 2013.
La solution est forcément au dessus, plus ou moins explicite. Cool hein, je cherche à haute voix, pardon !
Il faut partir, revenir, du fameux, " Je pense " et RECONQUERIR PLEINEMENT le " je suis " et avec renouer le Contact, le Lien, a priori avec l'Extérieur, et donc le documenter, de façon à ce qu'autrui puisse lui-même refaire le chemin. C'est ça le taf.
Effectivement, ayant pu penser " je pense ", en français dans le neurone !, je peux constater que j'ai pensé " je pense ", ce faisant, lumière !, je sais que je pense. Une belle boucle, celle très particulière où la pensée s'atteint elle-même.
Et malheureusement faire ressortir la nuance entre " Je ", a priori, En-Soi, etc, et " je ", cartésien, kantien, hégélien, sartrien, etc, à partir de cette boucle n'est pas aisé. Il y a franchement mieux. Mais pour l'instant, on oublie, il faut partir de celle-là, ne serait-ce que pour accéder à une autre qui permettra mieux, et ainsi de suite.

- Le mardi 24 septembre 2013.
Attardons-nous, en fait on n'a pas le choix, sur cette prodigieuse inadvertance : nous faisons tous à tout instant, un usage vital, réflexe, de l'évidence expérimentale, sans même parler des disciplines positives : scientifiques et humaines. Sauf une : la philosophie.
En effet, en toute inadvertance, l'imprudent René l'a soustrait à la philosophie. D'abord facteur d'un essor prodigieux, conditionné par lui, le cogito, il est aussi surement aujourd'hui un facteur de stérilité, de dispersion, de déliquescence, tout azimut de cette discipline fondamentale.
En écartant "l'extravagance " d'un revers de la main dans la démarche du doute radical, se faisant il congédie rien de moins que le Sujet a priori, le Lien qu'il entretient a priori avec son environnement. En passant, on notera la cruelle ironie, que la " réalité " du dément n'est pas moins consistante que celle de ceux qui le sont moins. Qui pourrait affirmer qu'il n'est absolument pas, en quelque points que se soit, extravagant !?
On l'a vu, en se pliant à cette Exigence, qu'il examine pourtant avec acuité, Foucault ratera son objectif dans ce qui reste un très grand et beau livre, " Histoire de la folie à l'âge classique ".
Même pour le dément, tous les Etants, qu'il génère a priori, sont a priori Donnés ET, tragiquement, effectivement, Suspects.
C'est donc en ces termes, bien sûr tout à fait discutables, que je formule le problème qui fait l'objet de ce fil, après regroupement, des plus évidents, avec un autre fil du forum intitulé " Du cogito ".
A partir de la première copule de la fameuse formule, ce " je pense ", nous devons RETROUVER PLEINEMENT, et cette fois s'approprier définitivement, le " je suis ", avec donc expressément ce Lien.

Comment faire pour à partir de ça, ce " je pense ", passer à autre chose, rallier, déboucher sur, " Tous les Etants sont à la fois Donnés ET, lieu correct du cogito, Suspects, Miens ", une formalisation philosophique, qui en vaut certainement d'autres, et vice versa, de l'évidence expérimentale ? On comprendra bien qu'il n'est pas question un instant de rejeter le cogito, cet acquis, expérience formidable, quant à sa propre Subjectivité, mais bien de le resituer dialectiquement, de le subsumer philosophiquement à l'existence du monde puis celle du corps, comme nous le constatons de façon expérimentale de plein d'autres façons.

Comment le Sujet génère des Etants ( Perceptions, sensations, représentations, pensées, etc, etc, etc.) ? Je crois que cela intéresse plus nos amis neurologues, phénoménologues, et sans doute d'autres ! Quant on saura, je serais heureux de l'apprendre !
Par contre, je peux constater à l'envi que je ne fais que ça, tout le temps, et même bien sûr, en l'absence de stimuli extérieurs, en rêvant.
On peut, comme avec les défis de Métrodore de Chio au dessus, constater qu'au coeur de cette copule, " je pense ", on a, une fois qu'on a ôté tout attribut un résidu, qui s'avère, quel que soit l'Etant considéré, toujours le même, je dis donc en l'assumant complétement, et prêt à en débattre, Être. L'Etant tout nu, débarrassé jusqu'au premier de ses attributs, le fait qu'il soit Un.
En fait, dés qu'on a un des ces trois là, Être, Etant, Un, les deux autres déboulent très vite d'une façon ou d'une autre.
Sauf à faire une belle découverte, l'avènement de l'Etant sur la scène philosophique est pour nous matérialisé par le fragment III, et aussi dans le fragment VIII, du poème de Parménide, fragment III, traduction de Beaufret aux P.U.F. : " Car le Même est à la fois Penser et Etre ". Je ne m'en lasserais jamais!

J'ai pu penser cette copule là, cet Etant donc chez moi, " je pense ". Sans préjuger de leur valeur intrinsèque, comme le fait Descartes lors de la démarche du doute radical du Discours de la méthode, je peux intérieurement en formuler d'autres, ou plus simplement encore, constater à tout instant l'avènement d'une foule d'entre eux, à commencer donc par les plus basiques, sensations, perceptions. Ce sont tous des Etants, advenus intérieurement Uns, ayant tous en commun ce Résidu radical, l'Être.
Parallèlement, de la même façon que je dispose de cet Etant, " je pense ", je peux également en disposer d'une foule d'autres, semblables quant à leurs caractéristiques fondamentales ainsi énoncées. A suivre.

- Le mercredi 25 septembre 2013.
Je reprends, j'ai terminé par : " Parallèlement, de la même façon que je dispose de cet Etant, " je pense ", je peux également en disposer d'une foule d'autres, semblables quant à leurs caractéristiques fondamentales ainsi énoncées ".
Voyons si on peut poursuivre, vers l'objectif fixé, avec ça.
Toujours sans préjuger de leur qualité intrinsèque ... Et pendant ce temps les Etants suscités par l'Extérieur ne cessent de débouler, de se déployer intérieurement, plus ou moins, l'évidence expérimentale de s'actualiser ! Quelle Situation, j'en secoue la tête !
Mais j'en dispose intérieurement. Toujours sans préjuger de ce qu'ils sont, ils sont advenus, Uns, examinés, plus ou moins, examinables. J'en dispose, comme de ceux produits quand je rêve, je sais. Je ne suis pas en train de rêver, ni dans un état second, quand c'est le cas, j'ai un peu donné dans ce registre, je ne pourrais pas faire ce que je suis en train de faire ... On a un " je suis qui pense ", plus généralement, avant de penser activement, qui produit des Etants ( Miens, lieu correct du cogito. ), mais toujours pas le Lien a priori dument conquis et formalisé ou encore le " Je " a priori .

- Le jeudi 26 septembre 2013.
Une certaine évidence expérimentale empirique indique en bas à droite de cet écran 4 heures du matin !

Juste au-dessus, j'ai terminé par : " On a un " je suis qui pense ", plus généralement, avant de penser activement, qui produits des Etants ( Miens, lieu correct du cogito. ), mais toujours pas le Lien a priori dument conquis et formalisé ou encore le " Je " a priori ".
Ce qui était inexact pour le " Je " a priori, en effet au début de la phrase, je dis qu'on a un " je suis qui pense ", plus généralement, avant de penser activement, qui produits des Etants ", donc le " Je ". Même si ici au sein de la massivité massivement interconnectée, comme aiment à dire les savants à propos de notre cerveau, il n'est jamais question que de nuances, on a là de quoi faire la distinction, qui avait déjà été effectuée au dessus, qui nous intéressent entre " Je " a priori et " je " qui pense. Le " Je " a priori est bien celui qui le premier génère des Etants, dont certains directement suscités par l'extérieur, comme l'indication horaire mentionnée au début, on a là dument une évidence expérimentale empirique, on s'en doute, mais sans que ce Lien soit attesté et formalisé comme on le veut. Et le " je pense ", présentement à l'oeuvre. En fait, dans un raisonnement au dessus, on avait considéré comme acquis les Etants advenus intérieurement, générés par le " Je ", si douteux soient-ils, et ils le sont, ils n'en finissent pas de débouler dans le poêle, où Descartes rapporte lui-même qu'il y grelottait en robe de chambre ( A lépoque, un " poêle " est une misérable cabane avec un poêle, puis par extention la Situation que génère le cogito. ), et un " je pense " capable lui aussi de multiplier les Etants, tous suffisamment analogues quant à l'essentiel, Uns et faits d'Être, pour être regroupés sous cette étiquette. Les Etants fournis par le " Je " au " je qui pense ", ou plutôt susceptibles de susciter jusqu'à une activation manifeste de celui-ci, pour rester dans les nuances, disons-le, de la conscience proprement dite, sont Uns, synthétiques, et c'est la conscience, la pensée, qui pourra se proposer de les examiner, de les décomposer, de les questionner, etc, etc, etc, en en générant d'autres.
Sommes-nous en mesure de quitter l'intérieur du poêle cartésien pour l'extérieur, d'avoir une validation philosophique, à partir du " je pense " cartésien, de l'évidence expérimentale et donc de ce qu'elle suppose ?
Si, toujours empiriquement, je vais chercher une arme à feu et que je me brule la cervelle, je ne pourrais pas poursuivre cette investigation au sein du poêle cartésien. Le " Je" qui génère des Etants et le " je " qui pense sont des facultés de mon corps d'être vivant de mon espèce, de son intégrité, de l'intégrité de mon cerveau et de l'intégrité d'un minimum de facultés de ce cerveau. J'ai un corps. Qui ne pourrait pas exister s'il n'existait pas quelque chose d'extérieur à lui pour l'accueillir. Sans pour l'instant préjuger de quoi que ce soit à son propos pour l'instant, on a un monde extérieur. Mais toujours pas de Lien, tel que nous le cherchons. Mais avec un corps, un " Je " qui génère des Etants, un " je " qui pense, lui-même en générant des Etants, et un monde extérieur, on ne doit pas être très loin de renouer avec l'extérieur !

- Le jeudi 26 septembre 2013.
Ce matin, je termine, au dessus, ainsi : " Mais avec un corps, un " Je " qui génère des Etants, un " je " qui pense, lui-même en générant des Etants, et un monde extérieur, on ne doit pas être très loin de renouer avec l'extérieur ! "

A relire, je ne vois pas pourquoi le Lien ne va pas plus facilement de soi, ne s'impose pas plus vite, ne me saute pas au visage. Quand je me lève en fin de nuit, j'avais le sentiment de tenir le fil. Je suis un peu décontenancé, surpris.

Il faut que je réexamine l'ensemble de mon propos.

- Le vendredi 27 septembre 2013.

Au dessus, je relève les propos suivants.

A. Le mardi 24 septembre 2013, j'ai écrit : " ... je peux intérieurement en formuler d'autres, ou plus simplement encore, constater à tout instant l'avènement d'une foule d'entre eux, à commencer donc par les plus basiques, sensations, perceptions. Ce sont tous des Etants, advenus intérieurement Uns, ayant tous en commun ce Résidu radical, l'Être ".

B. Le mercredi 25 septembre 2013 : " Et pendant ce temps les Etants suscités par l'Extérieur ne cessent de débouler, de se déployer intérieurement, plus ou moins, l'évidence expérimentale de s'actualiser ! ... Mais j'en dispose intérieurement. Toujours sans préjuger de ce qu'ils sont, ils sont advenus, Uns, examinés, plus ou moins, examinables.

C. Le jeudi 26 septembre 2013 : " Le " Je " a priori est bien celui qui le premier génère des Etants, dont certains directement suscités par l'extérieur, comme l'indication horaire mentionnée au début, on a là dument une évidence expérimentale empirique, on s'en doute, mais sans que ce Lien soit attesté et formalisé comme on le veut ".

D. Et, toujours dans le même texte du 26 septembre 2013 : " En fait, dans un raisonnement au dessus, on avait considéré comme acquis les Etants advenus intérieurement, générés par le " Je ", si douteux soient-ils, et ils le sont, ils n'en finissent pas de débouler dans le poêle ... "

E. Et, toujours dans le même texte du 26 septembre 2013 : " Si, toujours empiriquement, je vais chercher une arme à feu et que je me brule la cervelle, je ne pourrais pas poursuivre cette investigation au sein du poêle cartésien ".

N'est-ce pas là, entériner ce Lien, même si à chaque fois je précise que je n'en dispose pas aussi dument que je le veux ? Et singulièrement avec E, où j'utilise cette évidence expérimentale, toujours empirique, mais pour quand même prouver en bonne et due forme a contrario l'existence de mon corps et dans la foulée celle de l'extérieur. C'est bien là, faire appel à l'évidence expérimentale pour la prouver dument a contrario. Ce qui n'est pas idiot, est à creuser !

Avec ça, la première chose que je sais, radicalement, ce n'est pas le " je pense " de la fameuse formule du cogito, mais bien que je suis vivant, un corps, au sein d'un extérieur. Si on s'était présenté à Descartes, pendant qu'il s'interrogeait, c'est ce qui aurait du lui être fait admis en bonne et due forme, avant, expressément, qu'il découvre ensuite, que la seconde chose qu'il savait était qu'il pensait. Le " je suis ", le corps, l'extérieur, l'évidence expérimentale, doivent dument être établis, attestés, avant, pas vainement rétablis, comme on le voit avec le cogito, après, comme une coquille bien vide que le tout est devenu avec la démarche génératrice du cogito. Ils sont expressément requis avant la démarche du doute radicale, pour que celle-là même, condition sine qua none, puisse être.
J'ai un corps, qui existe au sein d'un extérieur, un corps qui génère constamment des Etants et qui peut penser, activité qui va elle-même générer une foule d'autres Etants, tous Miens donc, lieu correct du cogito. On voit bien que la formidable expérience édificatrice du sujet de sa propre subjectivité n'est économiquement plus la même, c'est qu'elle en était d'autant plus grandie par l'escamotage cartésien qui avec la démarche du doute radical va subsumer la prise de conscience de l'existence du sujet et de celle du monde au " je pense ", c'est la fameuse Envolée de Murailles.
Je termine : tous les Etants sont a priori à la fois Donnés ET Suspects, lieu correct du cogito, parce que Miens.

Pour bien faire admettre au philosophe, en philosophe, l'a priorité catégorique de l'évidence expérimentale, ainsi prudemment constatée, extérieur et corps, sans préjuger de rien d'autre quant à cette évidence expérimentale, que l'extérieur génère à tout instant à travers le corps des Etants, Siens, il fallait l'en priver, catégoriquement. Descartes pouvaient bien en douter, quand la faim s'est fait sentir, il n'a pas manquer d'aller casser la croute, etc, de faire usage de l'évidence expérimentale. Il devait donc, en philosophe, l'entériner.

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