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 la Gnose

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cébé

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MessageSujet: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 8:31

minute, lubie! Wink

... cet exercice bien connue de toute séance de relaxation ne me permettra pas de "trouver Dieu".
Mais c'est une autre histoire que celle de s'imaginer s'ouvrir au divin par la méditation. Transcendantale ou non.
La gnose pourrait faire un bon sujet. Tu l'ouvres ? rires



Ma question suivante, pour CE sujet sera : et après ? humm...




Sujet séparé de celui de l'-@nge , le 11 septembre 2001, dans la Rubrique Actualité

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Dernière édition par le Jeu 14 Sep 2006 - 11:16, édité 1 fois
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lubie



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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 9:35

Pourquoi la méditation ne permettrait-elle pas de s'ouvrir au divin ?
Si je me recueille, dans mon silence, n'entends-je pas la même chose que toi qui te recueilles dans la prière ?
Le Christ disait que les chemins menant à Dieu sont multiples.
Tous les Hommes, quelle soit leur religion ne cherchent-ils pas, au fond, la même chose ? Ce que l'on touche parfois, cette force inexprimable, cette évidence, cet innommable… n'est-ce pas ce que touche celui qui médite ou celui qui prie ? Et cette expérience intime n'est-elle pas, au fond, la plus universelle qui soit ?

La gnose, c'est autre chose… tout discours sépare, me semble-t-il.
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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 9:43

lubie a écrit:
Pourquoi la méditation ne permettrait-elle pas de s'ouvrir au divin ?
Si je me recueille, dans mon silence, n'entends-je pas la même chose que toi qui te recueilles dans la prière ?
Le Christ disait que les chemins menant à Dieu sont multiples.
Tous les Hommes, quelle soit leur religion ne cherchent-ils pas, au fond, la même chose ? Ce que l'on touche parfois, cette force inexprimable, cette évidence, cet innommable… n'est-ce pas ce que touche celui qui médite ou celui qui prie ? Et cette expérience intime n'est-elle pas, au fond, la plus universelle qui soit ?

La gnose, c'est autre chose… tout discours sépare, me semble-t-il.
Dans la prière, la parole (pour ne pas dire la Parole) danse avec le silence. Le silence (pour ne pas dire le cloître) seul ne suffit pas, je pense.
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lubie



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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 10:45

Qu'est-ce que le silence seul ? Existe-t-il vraiment, tu crois ?

Le silence intérieur, l'univers riche et vaste que chaque Homme porte en lui, est peut-être le lieu de l'universel, non ? Et n'est-ce pas cet universel que la Parole cherche à atteindre ?

Je crois que la Parole est un moyen ; pas une fin.

La fin, autrement dit l'expérience intime, me semble quant à elle intraduisible par la parole.
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Atil

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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 13:36

La gnose c'est l'inverse de la méditation :
On remplit l'esprit de tiout un savoir artificiel.
Alors que méditer c'est se vider l'esprit de tout ce qui l'encombre.
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Pizza Man



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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 14:24

C'est déjà mieux comme explication, devant la prose de certains...






***** essaie d'être plus créatif, sans tomber dans la moquerie *****
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lubie



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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 15:09

mais je ne parlais pas de cela…

gène
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Pizza Man



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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 15:29

Citation :
Le Christ disait que les chemins menant à Dieu sont multiples.


<o> Ça veut dire quoi «mener à Dieu» ?

Bouddha disait aussi la même chose, à propos de la sagesse. Est-ce à dire que Jésus, Bouddha, etc, c'est du pareil au même ? Bouddha serait aussi un de ces chemins ? Dieu est synonyme de sagesse ?

Dison plutôt que les chemins menant à la sagesse, sont multiples.

Voilà.
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disciple

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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 17:41

Pour une vue large:

Déja qu'il n'y a pas plus flou que les mots "divin", "Dieu", ("x")...etc...

Comment peut-on affirmer, et accesoirement croire qu'on ne peut acceder (ou peut) au "x" par un quelconque moyen alors qu'on ne sait même pas ce qu'est le "x" en question ?

Au summun du paradoxe il n'y a pas mieux.

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disciple

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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 17:43

Mais en même temps je ne m'étonne pas car le conditionnement aux croyances génère des paradoxes qu'ils soient intellectuels, intuitifs ou sensibles.

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cébé

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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 18:10

Pour ne pas me fier totalement à Wikipédia, et pour une bonne définition de la gnose, c'est à Henry de Lubac un théologien de notre temps, que j'ai emprunté la définition de la gnose :

" La gnose est une tentative de détourner le sens profond de la révélation chrétienne vers une connaissance secrète, sublime, intégrale, réservée à une élite, laquelle aurait seule la capacité d'interpréter la signification de l'Evangile (ou de quelque révélation primitive). Le présupposé est que ce qui se dit dans la Bible et dans la Tradition commune n'exprimerait pas la foi en un Dieu transcendant, qui intervient dans notre monde, mais la découverte de l'homme. Les mystères chrétiens ne seraient qu'un revêtement symboliques, pure superstition tant qu'on n'en pénètre pas le sens qu'ils traduisent pour les esprits faibles.


La gnose des premiers temps de la chrétienté n'est plus celle d'aujourd'hui.
Elle a pourtant le même terreau : le besoin de spiritualité qui est trahi par l'orgueil de l'homme.
La grande différence avec celle d'hier, c'est qu'elle a été récupérée par le New-Age ( encore lui!) qui en fait son lit le plus confortable et le plus .... simple, je dirais .....

Lubie, si par Parole, tu veux dire Le Verbe de Dieu, non, ce n'est pas dans l'universel que tu le trouveras.
Par la méditation transcendantale, l'homme atteint de états de conscience élargie, il prend son pied, c'est sûr! .... mais de là à confondre la chose avec une rencontre avec Dieu, c'est un leurre que dépose dans les cervelles une certaine mouvance spiritualiste actuelle. L'anthroposophie [gnostique] en fait partie.
Je ne porte pas de jugement sur la méditation de style oriental, loin de là, mais elle ne doit pas être confondue avec la mystique chrétienne. Mystique qui laisse la place à l'inter-dit : la Parole qui marque l'altérité.

Tu as raison, disciple! .. on n'atteint pas Dieu par un moyen quelconque! ... ni ne pouvons tout simplement pas l'atteindre, d'ailleurs! .. le JE qui espère l'atteindre se fourvoie.

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lubie



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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 18:22

disciple a écrit:
Pour une vue large:

Déja qu'il n'y a pas plus flou que les mots "divin", "Dieu", ("x")...etc...

Comment peut-on affirmer, et accesoirement croire qu'on ne peut acceder (ou peut) au "x" par un quelconque moyen alors qu'on ne sait même pas ce qu'est le "x" en question ?

Au summun du paradoxe il n'y a pas mieux.


Je suis d’accord avec toi, Disciple. C’est la raison pour laquelle je parle plus haut d’innommable. La question de savoir comment nommer « Dieu » et qui plus est, celle de savoir ce qu’il est , ne sont pas nouvelles et ne peuvent obtenir de réponse satisfaisante.

A mon avis, ce que les uns appellent Dieu ou Divin ou X d’autres l’appellent Tao, état de bouddhéité ou principe universel.
L’état de conscience que certains Hommes atteignent dans la prière est le même, selon moi, que l’état d’illumination et d’éveil que l’on nomme ailleurs Satori, ou autre.

Car s’il est de multiples façons tout aussi insuffisantes les unes que les autres de nommer l’innommable, il n’y a qu’une seule humanité. Et il serait absurde de croire que les uns sont différents, dans leur « ressenti », spirituel et sensible, des autres.

C’est pourquoi je crois que le silence comme la prière ou la contemplation de la nature peuvent aboutir au même résultat.
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Pizza Man



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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 18:29

La prière est une demande formulée dans le but évident d'obtenir une faveur dans un contexte d'attente. La méditation c'est faire le vide pour ne plus avoir d'attentes. Ainsi les épreuves n'existent plus.
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cébé

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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 18:54

Je le répète je crois, lubie, mais la communion avec le Dieu des Chrétiens n'a rien à voir avec les résultats obtenus par la méditation, transcendantale, yoga ou autre.

En effet PizzaMan, la méditation dont tu parles c'est atteindre cet état de Non-Je .... mais je ne suis pas assez connaisseuse de la chose pour en parler. Par contre, ce que je sais, c'est que cet état n'aide en rien à la Communion avec Dieu, au contraire.
Se laisser dire par des initiés que c'est possible d'adhérer totalement à la méditation transcendantale, par exemple, pour encore mieux être chrétien c'est entrer dans une logique new-âgeuse. Cela n'enlève en rien la valeur de la MT, du Yoga ou de la méditation hindouiste ou bouddhiste .... ces expériences sont naturelles et admirables. C'est juste assimiler la mystique chrétienne à ces états qui est tromperie, voulue ou non ... je ne porte pas de jugement.

La prière, Pizza Man, n'est pas que demande.
Voir ici ou ici, mais avec un regard indulgent.
Ces sujets sont restés en suspens, je trouve.

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Pizza Man



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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 19:11

On ne se leurre pas, la prière est surtout une demande dans l'esprit des chrétiens.
Tiens, quand je parlais de demandes et d'attentes, justement...

«Donnez-nous aujourd'hui notre pain...» «Pardonnez-nous...» «Ne nous soumettez pas à la tentation...» «Délivrez-nous...», etc, etc.

Ça n'a rien d'une méditation, dans l'ensemble.
Dans les Églises, à la messe, les gens répètent inlassablement la même prière, de nombreuses fois, et on n'est pas bien loin d'une forme de lavage de cerveaux.

Et le fameux «pour faveurs obtenues», fait toujous de l'effet.
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lubie



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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 19:26

Je le répète je crois, lubie, mais la communion avec le Dieu des Chrétiens n'a rien à voir avec les résultats obtenus par la méditation, transcendantale, yoga ou autre.



Personnellement Cébé je n’ai pas, la première, employer le terme de méditation (très marqué selon moi).
Il m’arrive de m’asseoir et de prendre peut-être la pose que l’on prend lors de séances de relaxation, voire de méditations transcendantales, dans tous les cas, ça c’est toi qui m’en informes. J’ignore tout de la méditation transcendantale et tout aussi de l'anthroposophie et tout du new age et tout de Rael et tout et tout.
Mes trois mois de yoga, il y a quelques années, m’ont juste appris le salut au soleil.…

Alors peut-être que la communion avec le Dieu des Chrétiens n'a rien à voir avec … patati patata. Finalement, c'est vrai, je m'avance peut-être un peu en pensant que le ressenti des uns et le même que celui des autres, en affirmant que l'univers intérieur des uns est comparable à celui des autres, en ayant l'outrecuidance de croire que le plaisir vécu dans une rencontre avec Dieu - Pascal ne peut écrire que "Joie, joie, tout n'est que joie" - est comparable au plaisir de l'éveillé bouddhiste.
L'extase mystique des Chrétiens est peut-être très différente du Satori japonais (ça je ne pratique pas non plus, je te rassure ! Je l'ai juste un peu abordé, à la fac, lors d'un exposé que j'ai préparé sur les Haiku de Yosa Buson). Qu'est-ce que j'en sais, hein ? Pourquoi vouloir à tous prix avoir l'impression, que par leurs émotions, par leurs quêtes spirituelles, par leur ressenti les Hommes soient semblables et liés ?

Tu demandais juste ce matin "à quoi sert le silence au fond" ? J'ai juste essayé de te répondre. Le silence me permet (allez, je ne parle qu'en mon nom, ce sera plus simple) tantôt de prier, tantôt de méditer, de trouver de la force, de l'espoir ; de trouver la solitude moins pesante, de cultiver ma foi, de continuer le chemin.
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cébé

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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 19:47

Excuse-moi lubie si je suis allée avec trop de vigueur dans mes intervention. C'est juste qu'il y a tellement de non-dits et d'erreurs ( voulues ou non) aujourd'hui qui circulent sur le Dieu des chrétiens que j'ai focalisé.

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lubie



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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 20:22

Pas grave cébé ! Tu n'es pas censée savoir que les "jours chagrin" je fais le rêve débile d'une humanité plus liée. C'est con hein ? Aujourd'hui était un "jour chagrin"…
Je rigolerai bien en tous cas la semaine prochaine quand je me dirais qu'un instant tu as cru voir réapparaître en moi l'esprit de Dalaha rires

Tiens pour te montrer que je n'ai aucune malice, je mets jolie prière de Voltaire, qui n'était pas Chrétien mais déiste. Il croyait au Dieu universel, le Dieu de tous les Hommes… Il dira sans doute mieux que moi ce que je pense !

Prière à Dieu.
Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes, et de tous les temps. S’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui as tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités. Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de la boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie: car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s’enorgueillir.
Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères! qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes; comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible! si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.

Voltaire, Traité sur la Tolérance
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disciple

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MessageSujet: Re: la Gnose   Jeu 14 Sep 2006 - 23:01

Citation :
Tu as raison, disciple! .. on n'atteint pas Dieu par un moyen quelconque! ... ni ne pouvons tout simplement pas l'atteindre, d'ailleurs! .. le JE qui espère l'atteindre se fourvoie.

Non je n'ai raison en rien du tout.Je n'affirme rien, je pose un questionnement et un constat logique que je re-formule :

Pour une vue large:

Déja qu'il n'y a pas plus flou que les mots "divin", "Dieu", ("x")...etc...

Comment peut-on affirmer, et accessoirement croire qu'on ne peut acceder (ou peut) au "x" par un quelconque moyen alors qu'on ne sait même pas ce qu'est le "x" en question ?

Citation :
A mon avis, ce que les uns appellent Dieu ou Divin ou X d’autres l’appellent Tao, état de bouddhéité ou principe universel.
L’état de conscience que certains Hommes atteignent dans la prière est le même, selon moi, que l’état d’illumination et d’éveil que l’on nomme ailleurs Satori, ou autre.

Cela s'appelle faire un patchwork à la sauce...gnostique...

Bouddha est pourtant clair dans son enseignement : L'éveil n'est pas la rencontre, ni la fusion ou autre avec Dieu.Par Dieu il faut comprendre, Dieu le createur ou principe createur.D'ailleur une entité creatrice n'a pas sa place dans l'enseignement bouddhiste, le Dharma : c'est une vue erronée.

L'éveil, l'état de Bouddha : Il s'agit de la vision et la compréhension directe du monde phénoménale, le monde tel qu'il est.Sans croyances, sans préjugés, sans vues déformées, et sans idées préconçus et flous.(comme Dieu par exemple)

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Pizza Man



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MessageSujet: Re: la Gnose   Ven 15 Sep 2006 - 3:49

J'en connais qui auront peut-être la «chance» de se relire, quelques années plus tard et se diront à coup sûr : mais qu'est-ce que je disais comme conneries à cette époque !

Croyez-moi, je parle en connaissance de cause Smile
Mais l'introspection n'a jamais tué personne, par-contre.

Déjà, on n'en sait pas plus sur le but exact de la prière, et je doute que certains en soient vraiment capable. C'est très vague, en fait. On n'est d'ailleurs pas bien loin d'un language méta-physique lourdu, poétique, et manipulable avec les mots : conscience, illumination, ressentis, etc.

Pour prétendre que l'état de conscience que certains hommes peuvent atteindre dans la prière, il faudrait d'abord définir précisément la conscience. Sans cette connaissance exacte, la prière n'a aucun sens. Pour savoir ce qu'est l'état de conscience, il faut avoir une idée de la conscience elle-même. La prière devient donc insensée, sans cette notion.

Une règle du bon sens veut que l'on comprenne ce que l'on fait. Quand on prie, il faudrait comprendre les mécanismes de la prière. Pour voir la différence entre l'auto-suggestion persuasive, le conditionnement, et l'hypothétique bienfait de la prière.
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MessageSujet: Re: la Gnose   Ven 15 Sep 2006 - 6:22

Citation :
J'en connais qui auront peut-être la «chance» de se relire, quelques années plus tard et se diront à coup sûr : mais qu'est-ce que je disais comme conneries à cette époque !

Pas besoin d'attendre des années Pizza Man, je me le dis déjà au réveil ce matin. Oh zut alors ! si l'on n'a pas de temps en temps le droit d'être un peu holé-holé et de dire des conneries (effectivement je vois bien maintenant qu'il n'y a pas de lien entre la méditation et la prière ; je pensais plutôt au silence, moi !!!), sans que Monsieur Disciple nous tombe dessus, alors…

C'est moi qui te présente des excuses Cébé ! Je t'ai induite en erreur avec ma petite séance de relaxation, qu'il ne fallait pas trop prendre au sérieux !
Mais, tu noteras que je n'ai pas dit ensuite "la méditation permet entre autres de trouver Dieu" ; j'ai dit "le silence permet de trouver Dieu…"
Voilà je crois le point de divergence et pourquoi tu as cru que je parlais de méditation transcendantale. clin d'oeil

Mais je demeure quand même sur une question. Pourquoi, et je ne parle que d'émotion, l'émotion ressentie par le mystique ne serait-elle pas la même que celle ressentie par l'éveillé bouddhiste ? L'état d'extase de l'un et de l'autre doivent être très semblables, non ? C'est juste une question… pas la peine de me tomber dessus à quatre ou cinq ! rires
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cébé

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MessageSujet: Re: la Gnose   Ven 15 Sep 2006 - 9:08

Disciple, dire que le mot "divin" ou "Dieu" est flou, c'est sûrement vrai pour un bouddhiste, mais pas pour un chrétien. C'est comme si tu disais que le mot "père" ou "mère" ou "cébé" est flou (encore que pour ce dernier tu as beaucoup de raison de le penser).

Lubie, la sérénité naturelle obtenue par une profonde méditation et qui procède de la dissolution de la conscience n'a pas grand chose à voir avec la paix surnaturelle de l'Esprit du Christ, sauf que tous les deux procurent des sensations — mot que je préfère à émotion — ... disons agréables.

Dans le cas de la méditation , il est faux d'utiliser le terme d'extase, parce que le méditant ne sort pas de lui-même, au contraire, il entre complètement en lui-même, il s'immobilise complètement par extinction de son Je (disciple dira si je me trompe). Et le terme d'"enstase" serait mieux approprié s'il existait, pour cette expérience-là.

En plus court : l'une et l'autre des expériences, naturelle ou surnaturelle, n'ont pas la même forme, ni le même but (si tant est que nous puissions parler de but).
Mais elles ont toutes les deux un résultat agréable.



Disciple, si tu trouves faux le concept de sensation agréable accolé à la méditation bouddhiste, demande-toi comment tu te sens d'avoir médité. Si tu me dis que tu te sens bien de méditer, c'est ce dont je parle. Si au contraire tu te sens mal, il y a à redire. Et si c'est 0 [résultat positif], l'exercice me paraît inutile.

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Ramulus

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MessageSujet: Re: la Gnose   Ven 15 Sep 2006 - 10:26

Bonjour,

Je n’entre pas dans le débat, juste ce que j’en sais, mon école depuis maintenant plus de trente ans : La Gnose ? c’est la question que vous vous posez ? Voici ce qu’Elle est pour moi !!!!!
En fait, connaissance initiatique.
Le terme de gnose désigne diverses tendances qui ont toujours existé dans les grandes religions monothéistes, et qui présentent des points communs aussi bien avec la pensée néoplatonicienne qu'avec les spiritualités orientales.
Gnose signifie connaissance. Il s'agit de la connaissance intérieure, par laquelle l'homme appréhende le divin, indépendamment de tout dogme, de tout enseignement; la gnose s'apparente ainsi au mysticisme. Les gnostiques considèrent que Dieu ne peut être en contact avec le monde, essentiellement mauvais, œuvre du Démiurge. La matière est assimilée à l'ignorance, au mal, et la vie terrestre résulte d'une chute de l'esprit dans cette matière, perte de l'unité originelle avec Dieu. L'homme, prisonnier des dualités (bien/mal, âme/corps, connaissance/ignorance), ne garde plus de son origine divine que la vague nostalgie d'un paradis perdu. Mais le principe divin, l'âme, est en lui, et la recherche spirituelle peut le mener au salut en libérant l'âme de sa prison corporelle.
La Gnose trouverait son origine dans les milieux judéo-chrétiens du début de notre ère et dans la crise qu'a traversée la pensée apocalyptique pendant les deux premiers siècles de notre ère (R.-M. Grant, Gnose et origines chrétiennes, Paris, 1964). Ceci ne veut pas dire que nombre de thèmes et de conceptions gnostiques n'aient pas existé avant cette date. Le symbolisme gnostique plonge en effet ses racines au cours d'époques bien antérieures dans la philosophie pythagoricienne. D'autre part, il existe une parenté très nette indiscutable entre les Esséniens et la Gnose. Plus tard, à la deuxième génération, les gnostiques se sont intéressés à des révélations anciennes, orientales et grecques, pour constituer un mouvement religieux où se trouvent réunies toutes les spéculations cosmologiques et théosophiques : les doctrines philosophiques de Pythagore et de Platon, des apports de la Kabbale, de l'Hermétisme, de l'Alchimie, de l'Astrologie.
Les thèmes fondamentaux de la Gnose sont :
• la théorie de la connaissance (connaissance de soi et connaissance de Dieu);
• le dualisme (lumière-ténèbres, pneuma-psyché, vie-mort);
• le mythe du Sauveur-sauvé qui inspire le quatrième Évangile (le messager céleste descend pour apporter aux hommes la révélation divine);
• le mythe de l'ascension des âmes.
On peut distinguer deux types de Gnose : une Gnose syro-éygptienne et une Gnose iranienne; celle-ci serait la plus importante et aurait donné naissance: au manichéisme.
On peut donc, avec Wirth, comprendre le mot « Gnose » dans le sens de « connaissance initiatique ». La Gnose est à la connaissance caractéristique de tout esprit ayant su pénétrer les mystères de l'Initiation. Ceux-ci présentent cette particularité qu'ils sont strictement incommunicables : il faut les découvrir soi-même pour les posséder... La Gnose ne s'acquiert qu'à force de méditations personnelles portant sur les symbole: multiples qui sollicitent l'esprit à deviner leur sens caché... ». C'est « la connaissance morale la plus étendue, la plus généreuse aussi, l'impulsion qui porte l'homme à apprendre toujours davantage et qui est le principal facteur du progrès ».
La Gnose est une connaissance universelle.
La Gnose est une connaissance universelle. Lorsque nous étudions les civilisations antiques (Égyptienne, Maya, Celte, Grecque, Hindoue), nous découvrons à la base les mêmes enseignements. C’est cette connaissance unique que les véritables sages de tous les temps (Confucius, Socrate, Bouddha, Jésus, Krishna, Blavatsky, Steiner…) sont venus livrer à l’humanité.
La Gnose dévoile les clés théoriques et pratiques indispensables à l’homme et à la femme modernes qui désirent se libérer de leurs états négatifs et éveiller leurs facultés latentes.
« Connais-toi toi-même
et tu connaîtras l’univers et les dieux ».
« …De tous les temps et de tous les âges, l’homme cherche ici et là, dans la mer, dans le ciel et sur la Terre, des richesses et des milliers de trésors. Il parcourt nuit et jour, de kilomètre en kilomètre, la surface de la Terre, à la recherche de quelque chose qu’il ne trouvera jamais : le bonheur, l’amour, la joie, la paix… La gnose nous propose un chemin incroyable, celui qui nous conduit à l’intérieur de nous-mêmes, vers les profondeurs de notre âme. De cette façon, l’homme apprend à se connaître et à comprendre ce qui se passe réellement en lui. C’est alors qu’il éveille sa conscience et que se développent en lui : le bonheur, l’amour, la joie, la paix… La gnose nous dévoile, dans un langage simple et claire, comment descendre dans notre intérieur, à l’aide de clefs merveilleuses comme notre « Ennoïa »…. »
Historique de la Gnose
Pendant tout le deuxième siècle, sous les Antonins, il y eut dans l'Empire romain une atmosphère de paix très favorable à la libre circulation des idées. La méditerranée, libérée de ses pirates depuis Pompée, était devenue un moyen de communication idéal. On allait de Pergame à Rome, Athènes à Alexandrie aussi facilement qu'aujourd'hui, plus facilement même, car il suffisait d'être citoyen romain pour avoir droit de cité où que ce soit dans l'Empire. Il n'est donc pas étonnant que les grandes capitales soient devenues des foyers de culture très vivants. Tous les cultes, toutes les philosophies s'y rencontraient: les rabbins côtoyaient les prêtres égyptiens, les mages côtoyaient les prêtres de Mithra, les philosophes grecs côtoyaient les évêques chrétiens.

La personnalité d'Hadrien est un parfait miroir de cette époque. Cet empereur qui eut le génie de comprendre que Rome n'avait plus la force de continuer sa politique de conquête, passa la plus grande partie de son règne à voyager, à la fois pour veiller au maintien d'une paix sans cesse menacée et pour satisfaire la curiosité d'un esprit ouvert à tous les courants d'idées, à toutes les religions, à toutes les formes d'art. Mais s'il se fit initier au culte de Mithra, s'il se plût à séjourner en Égypte ou dans les Gaules, il fut surtout séduit par la Grèce. Son grand rêve était de faire revivre le classicisme grec pour en faire l'âme de l'Empire. C'est dans ce dessein qu'il choisit comme lieutenant, Arrien de Nicomédie, un historien qui voulait s'élever jusqu'à la hauteur de Thucydide et comme médecin, Hermogène, un nouvel Hippocrate. C'est dans ce dessein aussi qu'il fit ériger une cité grecque en plein coeur de la Palestine. Ce beau rêve peut très bien être considéré comme l'équivalent politique de l'effort accompli au même moment par les gnostiques sur le plan religieux. Le gnosticisme est bien en un sens du moins, un temple grec érigé sur les ruines du temple de Jérusalem. Ce temple connut d'ailleurs le même sort que la Cité d'Hadrien.
Quel sens convient-il de donner au mot gnostique? Traditionnellement, ce mot servait à désigner les membres des sectes combattues par les grands hérésiologues du deuxième siècle. Mais depuis quelque temps, on parle d'une gnose pré-chrétienne dont Philon le Juif serait le principal représentant. Un tel élargissement du sens du mot gnostique est-il légitime? Nous n'en avons pas à décider ici. Nous reviendrons néanmoins, pour des raisons pratiques, au sens traditionnel du mot: nous n'étudierons que les doctrines des hérétiques.
Qui étaient-ils ces hérétiques? C'était des chrétiens au sens large du terme, c'est-à-dire des gens qui connaissaient la tradition juive, qui avaient entendu parler du Christ, et qui, s'ils interprétaient souvent son incarnation d'une manière trop personnelle, croyaient néanmoins à sa divinité ainsi qu'au caractère extraordinaire de son enseignement.
Mais ces chrétiens vivaient dans la partie la plus hellénisée de l'Empire romain. Valentin était originaire d'Alexandrie; Marcion, du Pont; Bardasane, d'Edesses. Il est donc fort probable que, comme nous le laissions entendre, ils aient été avant tout des penseurs initiés à la philosophie religieuse des Grecs, c'est-à-dire au platonisme et aux religions à mystères. S'ils ont été, comme le soutient Harnack,(01) les premiers théologiens de l'Église, c'est sans doute pour cette raison.
C'est aussi pour cette raison qu'ils se sont opposés violemment à certaines tendances du christianisme orthodoxe alors en formation. Ce christianisme enseignait alors entre autres choses, l'existence d'un Dieu plus puissant que pur, la résurrection des corps et souvent même l'établissement d'un royaume terrestre. C'était des choses inacceptables pour des esprits habitués aux clartés grecques et assoiffés de pureté Platon n'avait-il pas écrit:
«Dieu n'est pas cause de tout, il n'est cause que des biens, il n'est pas responsable des maux.»

Le Christ n'avait-il pas dit: «Mon Royaume n'est pas de ce monde». Les gnostiques furent frappés, plus profondément peut-être que Platon lui-même, par les contradictions inhérentes à notre nature parce que, d'une part, les persécutions, les déracinements massifs qui avaient précédé l'établissement de la paix romaine, leur avaient donné une profonde expérience du malheur et que, d'autre part, la charité évangélique qui les inspirait leur ouvrait les yeux sur la corruption des classes dirigeantes et sur les souffrances des esclaves.
Berdiaev a raison de comparer les gnostiques aux premiers révolutionnaires russes. Il écrit à propos de l'athéisme de ces derniers:
«Les raisons de l'athéisme russe , nous les trouvons d'abord dans une protestation passionnée, indignée contre le mal, la contrainte, les souffrances de la vie; dans la pitié pour les malheureux, les déshérités et les humiliés. Nous avons vu que par compassion, par impossibilité d'admettre la souffrence , les russes se firent athées. Ils se firent athées, refusant d'accepter un créateur qui aurait engendré un monde méchant, imparfait et rempli de douleur. Un tel athéisme offre plus d'une analogie avec la doctrine de Marcion. Mais Marcion supposait que le monde avait pour créateur un dieu méchant: les athées russes, à une période différente de la raison humaine, estiment que Dieu n'existe pas parce que s'il existait, il ne pourrait qu'être méchant.»
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MessageSujet: Re: la Gnose   Ven 15 Sep 2006 - 10:28

Selon Berdiaev donc, c'est pour expliquer le mal que les gnostiques supposent que le créateur est un dieu méchant. Cette opinion est vraie mais en partie seulement. Le dualisme des gnostiques a des causes plus positives. Platon et le Christ leur avaient révélé l'existence du bien, d'un Dieu qui est bon et pur avant d'être tout-puissant et implacable.
Et on peut considérer que c'est pour sauver la transcendance de ce Dieu que les gnostiques attribuent la création à un dieu mauvais, beaucoup plus que pour trouver une explication au mal.
Ce désir de sauvegarder à tout prix la transcendance, la pureté, la bonté de Dieu constitue l'essentiel, l'âme de leur doctrine.
La gnose, nous le verrons, n'est pas autre chose que la connaissance de ce Dieu. Pour pouvoir donner une définition plus complète et plus précise de cette gnose, il faut d'abord souligner que les gnostiques ont fait de larges emprunts aux religions à mystères. (03) Ils leur ont emprunté leur ésotérisme et surtout leur conception de connaissance. Le poème de Dyonisos-Zagreus par exemple, qui était révélé aux initiés de l'orphisme, est plus qu'un simple récit.
C'est une véritable métaphysique exprimée d'une façon allégorique dans un mythe tout à fait semblable à ceux que l'on trouve dans Platon. Les initiés de l'Orphisme avaient en outre accès à d'autres mythes et à des théories de caractère plus scientifique, ce qui leur permettait d'entrer en possession d'un savoir très étendu et très profond. La principale caractéristique de ce savoir, c'est qu'il n'était pas acquis de la façon habituelle mais révélé, qu'il n'était pas communiqué par des dissertations mais par des rites religieux.
C'est aussi qu'il était réservé à des élus, qu'il fallait l'avoir mérité par une naissance heureuse ou par une longue suite de purifications. Il n'est pas surprenant que ce savoir ait été confondu avec le salut lui-même, si , pour y avoir droit, il fallait en quelque sorte être déjà sauvée.
Nous n'avons qu'à remplacer la légende de Dyonisos-Zagreus de l'Orphisme par un poème ayant pour centre un être réel, le Christ, et nous avons déjà une première idée de la gnose. Cela nous permet d'entrevoir que la religion des gnostiques est, comme le dit Harnack, une Théo-Sophie mystérieuse, une métaphysique révélée et une philosophie de visions.
Nous pouvons maintenant proposer la définition suivante: la gnose est une connaissance immédiate de l'Être, contenant en germe une cosmologie, une métaphysique et une morale susceptibles d'être développées dans des poèmes allégoriques. Cette connaissance ne peut être révélée que par le Christ. Elle est la grâce, le salut lui-même. Elle a en outre toutes les caractéristiques du savoir orphique dont nous parlions précédemment.
Pour pouvoir mieux comprendre cette connaissance, la découvrir du dedans, nous pouvons nous mettre en imagination à la place des grands hérétiques du deuxième siècle. Cela est d'autant plus facile pour nous que notre époque n'est pas sans ressembler à la leur. Nietzsche disait déjà des «peuples civilisés» à la fin du siècle dernier:
«Tous les temps et tous les peuples jettent pêle-mêle un regard à travers vos voiles; toutes les coutumes et toutes les croyances parlent pêle-mêle à travers vos gestes.»

N'était-ce pas aussi un peu le cas des hommes du temps d'Adrien? Comme nous, ces hommes étaient pris dans un engrenage politique qui n'était pas à leur mesure, au milieu duquel les voix individuelles n'avaient aucune chance de se faire entendre. Comme nous, ils n'avaient aucune raison sérieuse de croire en un bel avenir. Les points de ressemblance sont très nombreux.
Essayons donc de nous représenter les préoccupation des esprits inquiets de l'Alexandrie des années cent trente après Jésus-Christ. Pendant leurs années d'enthousiasme, ils ont fréquenté plusieurs écoles, ils se sont intéressés aux traditions secrètes de la Grèce et de l'Orient. Ils ont entendu parler de Platon, de Pythagore, de Zoroastre et peut- être même de Bouddha. Mais la variété même de ces doctrines n'a fait que les rendre plus pessimistes. Ils arrachaient un témoignage vivant et ils ne trouvaient que des doctrines...
La grande machine romaine semblait montée pour toujours. Nouvelle contrainte dans un univers déjà suffisamment contraignant par lui-même. Ils se sentaient de plus en plus étrangers dans ce monde. Leur désir d'évasion se faisait de plus en plus pressant. Ils étaient prêts à tout pour échapper à ce destin qu'ils n'avaient pas choisi. Mais il ne faut pas croire qu'ils étaient révolutionnaires à la façon des esclaves romains. Ils connaissaient trop bien les dieux intraitables qui règlent la politique. L'impitoyable nature leur paraissait plus hospitalière que la société.
C'est alors qu'ils ont fait la connaissance de secte nouvelle qui se réclamait d'un certain Jésus dont ils avaient déjà entendu parler mais qu'ils n'avaient pas pris au sérieux, peut-être parce qu'il était juif. Mais cette fois ils le connaissaient à travers les Lettres de saint Paul et l'Évangile de saint Jean. Il les a ainsi conquis. Il leur ouvrait un passage à travers les murs de ce monde.
«Mon Royaume n'est pas de ce monde.»(Jean 18,36) N'enviez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu'un aime le monde , l'amour du Père n'est pas en lui. Car tout ce qui est dans le monde, le désir de la chair, le désir des yeux et l'orgueil de la vie n'est pas du Père mais est du monde». (Jean 2, 15,16)
Des textes comme ceux-là ne pouvaient que les ravir car loin de les éloigner de la tradition grecque, il les en rapprochaient. À Socrate qui venait de se moquer des craintes que la mort inspirait à Simmias et à Cébés, ce dernier n'avait-il pas répondu:

«Nous sommes des faibles, Socrate. Efforce-toi de nous, réconforter comme tels, en voulant bien supposer toutefois que ce ne sont pas nous les faibles mais un enfant présent en chacun de nous; en te disant aussi que c'est cet enfant qui craint ces sortes de malheur.
-Cet enfant, répartit Socrate, il faut le confier aux soins quotidiens d'un enchanteur et le laisser entre ses mains jusqu'à ce qu'il soit complètement libéré de ses frayeurs.

-Mais où, Socrate, trouverons-nous le parfait enchanteur de ces craintes d'enfant, puisque toi tu t'apprêtes à nous quitter?
-La Grèce est grande, cher Cébès, les hommes de valeur y sont nombreux; il y a aussi de nombreux peuples barbares. Il vous faudra parcourir leurs contrées en quête d'un tel enchanteur n'épargnant ni votre argent, ni vos peines ... »
Ce parfait enchanteur, les gnostiques l'avaient trouvé dans la personne du Christ. Le Christ avait dit: «Je suis la Vérité.» Ils avaient pris cette parole au pied de la lettre. Plus ils approfondissaient sa doctrine, plus ils la mettaient en pratique, plus ils se sentaient sauvés. La vraie connaissance, celle qui est aussi le salut, ils l'avaient enfin trouvée. Ils étaient en elle et elle était en eux.
Comment définir cette connaissance sans la trahir? Elle était avant tout une présence une présence qui n'était pas autre chose que la conscience d'être libre, de ne plus se sentir prisonnier du monde. Les gnostiques étaient devenus des hommes nouveaux. Les lois de ce monde, les lois qui régissent les passions, les lois que dicte la force sous toutes ses formes, n'étaient plus les leurs. Il n'y avait plus de destin pour eux, plus de nécessité ou plus exactement, la nécessité d'airain avait été remplacée par une nécessité d'or pur, par une nécessité surnaturelle.
À un second moment, dirions-nous, leur gnose était la révélation du vrai Dieu. Le vrai Dieu est étranger au monde, profondément inconnu. Il n'a rien de commun avec les dieux païens ni surtout avec le Dieu de l'Ancien Testament. Tous ces dieux ne sont que des puissances parmi les puissances de ce monde. Ce monde n'a rien de divin, il n'a pas été créé par le vrai Dieu mais par quelque puissance inférieure et bornée qui ne connaissait pas ce qu'il y avait au-dessus d'elle.
À un troisième moment, leur gnose était la connaissance de la connaissance et par là, une connaissance de soi-même. Ce savoir, qui était à la fois vie et lumière, n'avait rien de commun avec leurs anciens savoirs qui n'étaient au fond que des reflets des choses du monde. Ces anciens savoirs, ils les avaient acquis par leurs propres moyens. Leur nouveau savoir leur était donné; il était une grâce, il était divin. Et eux aussi, ils étaient divins, eux aussi ils étaient lumière et vie, car autrement comment au-raient-ils pu recevoir la lumière et la vie? Les ténèbres en effet ignorent la lumière. Ils étaient des fragments du vrai Dieu. Leur corps seul avait été créé, ils étaient dans le monde mais ils n 'étaient pas du monde. On voit assez facilement quelle sorte de morale pouvait en résulter. Le corps n'étant qu'une partie du monde, point de foi dans l'action, point d'illusion de se sauver en se conformant à des préceptes extérieurs, point de pharisaïsme! Ascétisme bien sûr, car à quoi bon se préoccuper d'une chose d'emprunt qui n'est pas appelée à ressusciter?
Mais en même temps, tolérance: le corps ayant ses lois propres, qui ne sont pas celles de l'âme, il peut très bien être entraîné dans des démesures sans que l'âme en soit avilie.
Ces trois moments que nous avons distingués pour donner plus de clarté à notre exposé, ne doivent pas nous faire oublier que la gnose est une connaissance unique qui en-ferme bien sur tous les savoirs nécessaires au salut mais qui est plus que la somme de ces savoirs.
À première vue, le profane en matière de théologie ne voit pas très bien quelle différence il peut y avoir entre cette connaissance, qui est aussi libération, et la foi telle qu'elle est définie dans le catholicisme orthodoxe. Dira-t-on que la foi n'est pas un acte de l'intelligence mais un acte de la volonté, qu'elle consiste à donner son adhésion à des vérités qu'on ne comprend pas? Cet-te distinction n'est pas très convaincante. La gnose est justement la reconnaissance d'un Dieu inconnu qui n'a rien de commun avec les dieux que nous croyons connaître à l'aide de la raison naturelle . Elle est essentiellement un consentement. Si elle diffère réellement de la foi, c'est sans doute beaucoup plus par la que par le fond.
On pourrait peut-être même dire que la gnose est une foi sans forme extérieure, en ce sens qu'elle est avant tout une expérience du transcendant dont on n'explicite le contnu qu'ultérieurement. Le fait que dans les religions gnostiques il n'y a pas de dogme est à ce sujet très révélateur. Et c'est sans doute ce caractère subjectif qui a rendu la gnose si suspecte à l'Église. Irénée disait déjà:
«Cette sagesse, chacun croit l'avoir découverte par lui-même, c'est-à-dire en imagination. De sorte qu'il est convenable selon eux que la vérité soit tantôt dans Valentin, tantôt dans Marcion...Chacun d'eux s'est en effet perverti à tel point, dépravant la règle de vérité qu'il n'est pas troublé de se prêcher lui-même.»
Dans la foi orthodoxe, ce caractère subjectif est très atténué. Cette foi est l'adhésion à des dogmes, à un contenu formulé objectivement. L'expérience ne vient qu'après, quand elle vient. De toute manière, elle n'est pas nécessaire.
On pourrait montrer que la grâce selon la gnose se différencie de la grâce selon la conception orthodoxe d'une façon analogue, c'est-à-dire par la forme plutôt que par le fond. Les gnostiques ne voyaient pas l'utilité des sacrements. Eux qui affirmaient que le monde n'est pas l'oeuvre de Dieu.. comment auraient-ils pu croire que la grâce puisse être communiquée par des signes sensibles? Eux qui croyaient que le social ne valait pas mieux que le monde; comment auraient-ils pu admettre qu'il faille faire partie d'une société pour avoir droit au salut?
Ces réflexions qui, il convient de le répéter, sont celles d'un profane, permettent de comprendre pourquoi Harnack a pu dire que le gnosticisme est «l'hellénisation extrême du christianisme».
Les gnostiques s'opposaient catégoriquement à tout ce qui venait de la tradition juive. Ils voulaient un christianisme universel bien sûr, mais universel par sa pureté et non pas à la façon de l'Empire romain.
«On veut une religion universelle, qui s'adresse non pas à la nationalité des hommes mais à leurs besoins intellectuels et moraux. On consent à reconnaître dans l'Évangile la religion universelle, mais à condition qu'on le sépare de l'Ancien Testament et de la religion de l'ancienne alliance, pour le modeler sur la philosophie religieuse des grecs et l'enter sur le culte et sur les mystères traditionnels.»
Le fait que le Christ était né en Palestine ne signifiait pas que sa religion dût continuer le judaïsme. Le Christ était essentiellement pour eux celui qui révèle le vrai Dieu et non pas le Messie annoncé par l'Ancien Testament. De là leur docétisme. Le Christ avait bien pris la forme d'un esclave, comme il est dit dans les extraits de Théodote, mais cette forme n'était pour lui qu'une apparence. Le Christ n'avait pas souffert réellement. Il n'était pas mort réellement. On a souvent considéré ce docétisme comme absolument inconciliable avec la doctrine de la Rédemption sans se donner vraiment la peine d'en étudier les nuances. Simone Pétrement s'est donné cette peine et elle en est arrivée à cette conclusion:
«Tout le gnosticisme est paradoxe, et c'est ce qu'on ne doit pas oublier pour le comprendre. Avant tout, c'est comme paradoxe qu'il faut comprendre le docétisme, c'est-à-dire cette négation de l'humanité du Christ, qui paraît d'abord être au christianisme tant de force et de valeur. Le docétisme exprime évidemment la volonté de nier l'apparent, l'immédiat: non, il n'a pas souffert; non, il n'était pas homme; non, il n'est pas mort. Mais il faut l'entendre ainsi: tout en souffrant, il n'a pas souffert; tout l'homme qu'il était, il était Dieu; tout en mourant, il n'est pas mort. C'est seulement ainsi qu'on peut expliquer les apparentes contradictions des
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MessageSujet: Re: la Gnose   Ven 15 Sep 2006 - 10:30

gnostiques. Marcion, par exemple, enseignait à la fois le docétisme et que le Christ avait réellement souffert.»

Harnack va même jusqu'à nier que les gnostiques aient été docètes:
«Les gnostiques enseignaient qu'en Jésus-Christ, il faut distinguer nettement l'éon céleste Christ et son apparition humaine et attribuer à chacune des deux natures une action distincte. C'est donc la doctrine des deux natures et non le docétisme qui est propre au gnosticisme.»
On a aussi prétendu que les gnostiques, parce qu'ils attachaient une grande importance à la connaissance, étaient portés à sous-estimer l'importance de la Passion. Il y a sans doute du vrai dans cette opinion, mais les remarques de Simone Pétrement nous invitent de nouveau à introduire des nuances:
«C'est la même chose de dire que le Crucifié avait raison, ou de dire que la vérité, le vrai jugement est d'un autre monde.
Vouloir rappeler, comme veulent toujours les gnostiques, que la lumière est d'ailleurs et non d'ici, que nous-mêmes, en tant que nous jugeons vrai, nous sommes d'ailleurs et non d'ici, c'est simplement vouloir maintenir les droits du Crucifié. Le paradoxe entraîne l'affirmation d'une autre réalité. Ce qui échoue ici, réussit ailleurs; il y a deux ordres.

Certains historiens se sont mis l'esprit à la torture pour comprendre comment la croix, selon Valentin, pouvait être appelée une Limite. Ils se sont donné cette raison, que la croix, à cette époque, avait la forme d'un Tau, de sorte que par sa branche supérieure, elle constituait une limite horizontale pour le monde, et par sa branche verticale, le séparait en deux. Ou bien encore, ils ont traduit Stauros, non par croix mais par pieu, palissade. N'est-il pas plus simple de comprendre que la condamnation du juste est vraiment la séparation de deux ordres, la puissance visible d'une part., d'autre part la valeur et la vérité? Vénérer la croix., c'est affirmer qu'il y a deux ordres et, si l'on veut, deux mondes.
L'idée de Valentin est la même qu'exprime Basilide quand il dit que la Passion du Christ «n'a pas eu d'autre but que d'opérer la discrimination des choses auparavant confondues».
Le style gnostique
Jusqu'à maintenant, j’ai parlé de la gnose proprement dite. Il me faut maintenant parler des différentes doctrines et d'abord, du style qui les caractérise. Puisque leur savoir leur était révélé, donné, les gnostiques ne pouvaient pas le communiquer à la façon des philosophes. On ne démontre pas l'indémontrable. Dans ces conditions, comment pouvaient-ils s'exprimer pour être universellement compris? Ils connaissaient, je l’ai dit, les mythes de plusieurs religions. Ne pouvaient-ils pas adapter ces mythes?
«On prit la mythologie grossière de n'importe quelle religion orientale, on transforma des personnages concrets en idées spéculatives et morales comme, «abîme, silence, sagesse, vie«, en conservant même fréquemment les noms sémitiques. On créa ainsi- une mythologie d'abstractions, tandis que les rapports qui unissaient entre elles les idées étaient déterminés par les données que leurs modèles fournissaient. Ainsi se forme un poème philosophique dramatique semblable à celui de Platon, mais incomparablement plus compliqué et où, par conséquent, l'imagination avait une place bien plus considérable.»
Ce style en lui-même nous en dit peut-être plus long sur la gnose que toutes les idées qu'il véhicule. Il rend tout à fait manifeste le besoin d'évasion, le désir d'échapper à la nécessité auquel nous avons fait allusion. Songeons au style des grands stoïciens qui furent les contemporains des gnostiques. L'imagination y est sans cesse.. rappelée à l'ordre, l'économie des moyens y est extrême, les phrases y ont des contours sévères; on sent qu'elles ont été ciselées avec l'attention qu'on accorde aux actions les plus importantes de la vie. Si tel est le style qui traduit la soumission à la nécessité et l'amour de la patrie terrestre, on peut en conclure sans invoquer d'autres raisons que le style des gnostiques exprime des idées contraires. Si l'on peut reprocher au premier d'être trop sévère, trop classique, on peut reprocher au second d'être romantique à l'excès.

Le style des gnostiques est donc en contradiction avec leur pensée. Il révèle la prédominance en eux de l'affectivité alors que leur pensée ne cesse d'affirmer la supériorité de la connaissance pure. Mais il ne faut pas trop s'offusquer de cette contradiction. Elle est la gnose elle-même et elle a de plus le mérite de nous mettre en garde contre la tentation de réduire le gnosticisme à ce qu'on appelle aujourd'hui l'intellectualisme, en donnant au mot le sens de sclérose. Les gnostiques n'étaient pas des spéculatifs mais des mystiques et par suite, leur faiblesse n'est pas la sclérose mais bien plutôt le délire. Il y a eu une scolastique délirante; il y a eu aussi une gnose sclérosée. Mais ce n'est pas une raison pour en conclure que dans la meilleure scolastique, c'était l'élément affectif qui prédominait et que dans la meilleure gnose, c'était l'élément intellectuel.
Quelques systèmes
Passons maintenant à l'étude des principaux systèmes. Quatre grands gnostiques ont élaboré une doctrine: Basilide et Valentin d'Alexandrie, Bardesane d'Edesses et Marcion du Pont. Nous n'étudierons que les doctrines de Valentin et de Marcion.
La doctrine de Valentin nous est surtout connue par les citations des hérésiologues, par des fragments réunis sous le titre d'Extraits de Théodote, ainsi que par quelques-uns des textes découverts à Nag Hamadi.
Pour mieux marquer la transcendance de Dieu, les Valentiniens l'appellent tantôt le Dieu étranger, tantôt le Dieu lointain, tantôt le Dieu inconnu. Ce Dieu, ils le placent au sommet d'un univers divin appelé Plérôme, ou lieu de la Plénitude. Ce Plérôme est constitué par des éons ou, puissances célestes qui entretiennent entre eux des rapports très complexes. Voici la description que le Père Sagnard donne de ce Plérôme dans son commentaire des Extraits de Théodote:
«La divinité, infinie transcendante se présente à nous comme un "Plérôme" c'est-à- dire une Plénitude faite de puissances hiérarchisées ou Éons siècles.
Ceux-ci émanent successivement par couples de leur Source dans une hiérarchie décroissante qui est pour nous l'expression de cette divinité.
Ces couples, conçus sur le type mâle-femelle, veulent simplement exprimer par leur élément femelle, une qualité inhérente à l'élément mâle, et, de cette façon, ils ne font qu'un.»
Leur ensemble forme l'ogdoade:
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