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 question existentielle

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elsa

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MessageSujet: Re: question existentielle   Lun 2 Oct 2006 - 23:35

lubie a écrit:
Solitaire, cloîtré dans ses livres, désabusé, bourgeois, neurasthénique, perfectionniste au point d’être rempli de culpabilité et de remords s’il était mécontent de son travail, molasson, pleurnichard, capable de dire un truc aussi dépourvu de virilité que « Madame Bovary c’est moi ».
Toute sa vitalité, sa gourmandise, sa force de vie, ses audaces, ses passions… ils les a mises dans ses livres. Pour dire quoi ? Que la vie l’ennuyait et qu’il préférait le rêve à la réalité. Pour faire vivre à des personnages comme Emma Bovary ou Frédéric Moreau son impossibilité de vivre.
Je ne conteste pas la plupart de tes remarques ; je refuse toutefois molasson et pleurnichard Wink
Pour le reste j'adopte en particulier le "perfectionniste " qui lui faisait remuer des montagnes d'archives et de recherches pour rédiger ses livres , qui lui faisait entreprendre des périples audacieux , des voyages éprouvants pour s'assurer de la crédibilité de ses descriptionss historiques ou géographiques ; ah oui ce souci du détail jusqu'à la maniaquerie !!

J'adopte sans reserves vitalité audace, force et passion qu'il a mis dans ses ouvrages , mais j'y ajoute l'engagement et le courage qu'il a manifesté pour défendre les causes qu'il défendait : Engagement verbal , epistolaire, affrontements juridiques qui l'ont contraint a une vie solitaire mais sans compromis .

Il me semble que c'est la marque du courage ?
Physiquement , il était assez affaibli, c'est vrai . épileptique je crois ,(mais pas certaine).
Je crois qu'on a dessiné rapidement les contours d'une personnalité éprouvée mais séduisante et digne d'admiration en ce qui me concerne .
En fait je comprends mieux tes réticences sur ses conceptions "philosophiques" :.Défaitisme (nihilisme, c'est bien de son époque ) confiance limitée dans l'être humain, manque d'enthousiasme ou d'idéalisme , tout ce qu'il combattait par le rêve et qui sont des convictions que je ne partage pas totalement .
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Atil

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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 5:47

A-t-on besoin de connaitre la vie d'un artiste pour apprécier son oeuvre ?
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lubie



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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 7:22

Non, ce n'est obligé bien sûr mais connaître la vie d'un artiste permet d'aborder l'oeuvre selon un angle différent. Je pense à Céline, par exemple.
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elsa

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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 8:58

Atil a écrit:
A-t-on besoin de connaitre la vie d'un artiste pour apprécier son oeuvre ?
Je partage tout à fait l'avis de Lubie . Ce n'est pas indispensable mais tellement enrichissant ; ça donne une autre dimension à l'oeuvre.
Evidemment c'est plus ou moins significatif et ça dépend de la profondeur qu'on veut bien accorder au récit . (ça dépend aussi de la profondeur qu'il mérite ) ça dépend de l'attitude du lecteur . On peut se contenter d'une interprétation personnelle et prendre le risque de laisser s'échapper la pensée profonde de l'auteur .
Le livre appartient autant au lecteur qu'à l'écrivain .

Hum pour Céline , il est chez moi tombé un jour de son piédestal , il n'est jamais remonté . Je dois avouer que je ne connais pas sa vie à part le fait qu'il aimait chiens et chats, ce qui serait plutôt positif mais pas suffisannt .

Pour être cohérente il faudrait que je me trouve une bonne biographie Very Happy
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Duan Yu

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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 9:18

Une oeuvre d'art s'inscrit toujours dans un contexte culturel de création qui, s'il est connu, permet de mieux appréhender l'oeuvre. Il n'est pas nécessaire de connaître l'artiste et son contexte pour apprécier l'oeuvre, mais c'est le cas si on veut la cerner.
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lubie



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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 9:22

Citation :
Hum pour Céline , il est chez moi tombé un jour de son piédestal , il n'est jamais remonté . Je dois avouer que je ne connais pas sa vie à part le fait qu'il aimait chiens et chats, ce qui serait plutôt positif mais pas suffisannt .

Pour être cohérente il faudrait que je me trouve une bonne biographie

Céline était un type on ne peut plus sympathique… mais qu'est-ce qu'il écrivait mal ! Very Happy
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elsa

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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 13:19

GrosRatNoir a écrit:
Une oeuvre d'art s'inscrit toujours dans un contexte culturel de création qui, s'il est connu, permet de mieux appréhender l'oeuvre..
Tout à fait c'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle elle est reconnue pour telle : l'oeuvre d'art témoin de son temps

GrosRatNoir a écrit:
Il n'est pas nécessaire de connaître l'artiste et son contexte pour apprécier l'oeuvre, mais c'est le cas si on veut la cerner.
Soit et il y a des engagements qui me paraissent rédhibitoires, notamment en ce qui concerne auteurs ou créateurs particulièrement talentueux . Peut-on se livrer à la lecture sereine d'un penseur qui allie générosité et cruauté . Les idées que son oeuvre véhicule ne risquent-elles pas de refleter semblables contradictions l
Il est dans l'air du temps de réhabiliter l'intelligence et la force au détriment du faible ou du sentiment au nom d'une pseudo impartialité .Il me semble que notre époque se cherche , elle a perdu ses repères et elle oscille entre puissance et complaisance .
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lubie



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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 15:28

Mais la littérature, même si elle peut véhiculer une certaine éthique, n'a pas pour fonction d'être morale, elle ne l'a jamais eue. Elle n'a pas non plus pour fonction d'apaiser les contradictions du monde ni de rassurer les lecteurs. A-t-elle, d'ailleurs, au moins une fonction sinon celle de raconter des histoires à un moment donné ?
Je ne crois pas qu'il soit davantage aujourd'hui dans l'air du temps de réhabiliter, en littérature, l'intelligence et la force au détriment de la faiblesse et du sentiment. La littérature c'est l'oeuvre d'hommes et de femmes qui ont quelque chose à dire. Cela a toujours été comme ça, je crois.
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elsa

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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 17:24

J'accorde une fonction beaucoup plus importante à la littérature que celle de raconter des histoires. Elle est formatrice ,quel que soit son genre d'ailleurs à condition qu'elle soit bonne . Influence capitale dans l’édification de notre imaginaire, elle véhicule surtout des idées qui nous imprègnent consciemment quand elle suscite la réflexion mais aussi à notre insu . Si l'expérience , le vécu, la réflexion abstraite , l'éducation , sont les bases de notre personnalité , je suis convaincue que la littérature nous construit également en grand partie , en ce sens qu'elle assure la cohérence de l'ensemble de ces acquis ; elle nous fournit les repères et fixe dans nos esprits les valeurs qu'on privilégie. En quelque sorte elle fait référence. Elle n’a pas vocation morale (en général ) mais elle consolide notre éthique .
Si des hommes et des femmes écrivent parce qu’ils ont quelque chose à dire , je l’interprete comme le fait d’avoir un message à transmettre et l’œuvre le moyen de le faire passer.
La valeur du message fait la qualité de l’œuvre et sa profondeur
Et puis la littérature n’est-elle pas histoire de notre culture ?
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lubie



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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 18:24

Par définition, la littérature n'a et ne peut avoir aucune fonction. Lui donner une fonction particulière, c'est la réduire et c'est justement empêcher cette "esthétique de la réception" dont tu parles. Bien sûr que la littérature peut nous aider à nous construire mais elle n'a ni à être morale, ni à s'engager à consolider notre éthique.
La littérature est libre et doit le rester. Je suis contre toute forme de censure qui pourrait faire dire qu'un Marquis de Sade, libre penseur et philosophe, dont les propos peuvent paraître parfois profondément immoraux, doit céder sa place à un Paul Claudel.
La littérature c'est l'ensemble des oeuvres, bonnes ou mauvaises, qui la composent. C'est au lecteur, et seulement à lui, à faire le choix de ce qui peut ou non le nourrir. Dans cette mesure, la littérature qu'on chercherait à définir deviendrait uniquement l'ensemble des oeuvres d'hommes et de femmes qui ont quelque chose à dire. La réception dépasse le cadre de la production littéraire.
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Duan Yu

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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 18:29

J'en profite pour glisser une citation dont j'ai oublié l'auteur, mais qui dit qqch d'un peu nuancé sur la littérature :

Je n'écris pas parce que j'ai quelque chose à dire. J'écris parce que je veux dire quelque chose.
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Atil

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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 18:51

C'est justement pour ca que ca peut être intéressant de connaitre l'auteur lui-même : pour mieux comprendre ce qu'il a voulu dire (au lieu de se contenter de dire "ho que cette oeuvre est belle !").

Et si la littérature n'a aucune fonction ... alors elle est inutile.

Mais je doute que quiconque fasse quoi que ce soit gratuitement.
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lubie



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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 19:21

GrosRatNoir a écrit:
J'en profite pour glisser une citation dont j'ai oublié l'auteur, mais qui dit qqch d'un peu nuancé sur la littérature :

Je n'écris pas parce que j'ai quelque chose à dire. J'écris parce que je veux dire quelque chose.


Bon, mis à part pour cet auteur qui construit peut-être son oeuvre au fur et à mesure comme un défit qu'il lancerait à page blanche, ça veut à peu près dire la même chose. Ecrire, c'est toujours dire quelque chose, que l'on sache ce que l'on veut dire ou non !

Citation :

C'est justement pour ca que ca peut être intéressant de connaitre l'auteur lui-même : pour mieux comprendre ce qu'il a voulu dire (au lieu de se contenter de dire "ho que cette oeuvre est belle !").

Et si la littérature n'a aucune fonction ... alors elle est inutile.

Mais je doute que quiconque fasse quoi que ce soit gratuitement
.

Il est évident que connaître l'auteur et le cadre historique dans lequel une oeuvre littéraire s'inscrit, c'est lui donner une étoffe supplémentaire. Mais personnellement, je ne rejette pas non plus la lecture-plaisir, spontanée, non-universitaire dont je sors en me disant simplement "mon Dieu, comme c'est beau". Rien de plus n'est alors recherché qu'une émotion esthétique et du plaisir gratuit.

Les fonctions que tu attribues à la littérature ne sont pas forcément les mêmes que celles que je lui attribue. Un auteur qui écrit un livre ne le fera pas forcément pour la même raison qu'un autre. Dans cette mesure, la littérature n'a pas en soi de fonction particulière ; elle est création puis réception. Si l'on n'écrit jamais gratuitement, si l'on ne lit jamais gratuitement les raisons sont beaucoup trop nombreuses pour parvenir à dégager une fonction de la littérature.
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Duan Yu

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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 20:38

lubie a écrit:
Bon, mis à part pour cet auteur qui construit peut-être son oeuvre au fur et à mesure comme un défit qu'il lancerait à page blanche, ça veut à peu près dire la même chose. Ecrire, c'est toujours dire quelque chose, que l'on sache ce que l'on veut dire ou non !
Mouais.
Dans le 1er cas, le message à exprimer est central, tandis que dans le second, c'est l'activité d'écrire qui est centrale.

Je trouve que c'est assez différent.
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elsa

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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 21:11

lubie a écrit:
Par définition, la littérature n'a et ne peut avoir aucune fonction. Lui donner une fonction particulière, c'est la réduire et c'est justement empêcher cette "esthétique de la réception" dont tu parles. Bien sûr que la littérature peut nous aider à nous construire mais elle n'a ni à être morale, ni à s'engager à consolider notre éthique.
La littérature est libre et doit le rester. Je suis contre toute forme de censure qui pourrait faire dire qu'un Marquis de Sade, libre penseur et philosophe, dont les propos peuvent paraître parfois profondément immoraux, doit céder sa place à un Paul Claudel.
La littérature c'est l'ensemble des oeuvres, bonnes ou mauvaises, qui la composent. C'est au lecteur, et seulement à lui, à faire le choix de ce qui peut ou non le nourrir. Dans cette mesure, la littérature qu'on chercherait à définir deviendrait uniquement l'ensemble des oeuvres d'hommes et de femmes qui ont quelque chose à dire. La réception dépasse le cadre de la production littéraire.

Instant difficile si vous mettez en ligne la liberté d’expression !
N’importe qui peut écrire n’importe quoi !
Je ne dis pas le contraire (je ne l’ai pas dit !!) C’est bien pour ça qu’il y a tant de mauvaise littérature et tant de gens qui en vivent , et pas les meilleurs .
Mais soit on ne transige pas avec la liberté .
Mais on a aussi le droit de réponse , et le droit de critique .Et ce n’est pas parce qu’une œuvre est publiée que je dois me priver de la critiquer. J’ai le droit de dire que pour moi un navet est un navet, qu’un livre me fait vomir et que Faurisson est un menteur, et qu’il faut se méfier des idées colportées dans les livres , comme je peux aussi dire que Terre des hommes est ma Bible .

Mais à propos si la littérature est si neutre pourquoi suscite-t-elle et a –t-elle toujours suscité tant de controverses ? pourquoi dit-on d’un livre qu’il est un appel au crime , un appel à la subversion , un appel à la paix aussi parfois Si la littérature n’avait aucune fonction , la craindrait-on ? pourquoi les idéologies de toute sortes sont-elles consignées dans l’écrit . Qu’est-ce que Mein Kampf ou le Capital pour ne citer que ceux -là , pourquoi les livres des fondements des monothéismes, l’enseignement du Bouddha , les Upanishads etc etc …….que fais –tu de la transmission des grands textes qui ont assuré la diffusion des mythes fondateurs comme l’Iliade
L’ensemble de l’oeuvre écrite est œuvre de littérature tant que tu n’en définis pas la spécialité et si tu en définis la spécialité c’est que tu lui attribues un domaine et par conséquent une fonction .Veux-tu dissocier , mythologie , philosophie, théologie , politique , économie , sociologie , de la romance pure , du théatre , poesie , fables. Mais quelle valeur ont ces critères ? Veux tu limiter la littérature à la littérature de diverstissement , pourquoi pas au roman de gare ?
Où situes-tu le Zarathoustra ? Homère, l’Homme Révolté , Dom Juan etc ….
Tiens où classes-tu le Prince et le Petit Prince ? Des livre sans voix ?
Je ne mélange pas tout mais toute œuvre écrite digne de ce nom porte en elle des germes qui lèveront dans nos esprits .
Oups !! je m’enflamme !
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lubie



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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 21:41

Inutile de t'enflammer Elsa, relis ce que j'ai écrit et tente de comprendre ce que cela signifie, que diable !
Si la littérature n'a aucune fonction précise - ce que je crois le plus fermement du monde justement parce qu'il est impossible de définir cette fonction au regard de son aspect protéiforme - et bien, logiquement, c'est qu'elle peut avoir toutes les fonctions. Aucune n'ayant la légitimité de supplanter les autres.

Or, si tu dis que la littérature à pour fonction d'être morale, par exemple, et bien Dom Juan, tu ne peux plus le considérer comme de la littérature.

Par ailleurs, on répertorie la littérature en trois grands genres - Le théâtre ; l'épopée ; la poésie - qui sont les genres fondateurs. Ne serait-ce qu'au regard de ces trois genres, si je voulais définir une fonction de la littérature, je n'y parviendrai pas. Le théâtre n'a pas la même fonction que l'épopée qui n'a pas la même fonction que la poésie.
Au sein même de l'épopée, qui donna naissance au genre romanesque tel que nous le concevons aujourd'hui, cela à partir du XVIe - on trouve également de multiples fonctions.
J'en conclus donc logiquement que la littérature n'a pas de fonction particulière ; que la littérature c'est un ensemble d'oeuvres qui ont chacune une raison d'être écrite.
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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 21:55

(Il n'y a pas à proprement parler, d'ideologies, dans l'enseignement de Bouddha, ideologie = idées, croyances, opinions)

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Au coeur de l'impermanence,où puis je m'accrocher ?
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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 21:59

Merci Disciple pour cet édifiant rappel ! rires
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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 22:15

Ben c'est surtout que je ne comprends pas la démarche.Elsa peut se questionner sur les fonctions de la littérature etc etc...mais qu'ensuite citer l'enseignement du Bouddha en tant d'ideologie emanant d'une certaine substantialité fonctionnelle littéraire disons que c'est ignorer les façons dont l'enseignement de base a été transmis, comment et pour quoi, bref le contexte de la transmission du dharma en somme.

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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 22:44

Je crois Lubie que c’est toi qui ne me lis pas bien ! je n’ai jamais dit que la littérature avait une fonction morale. Elle peut être porteuse de toutes les sensibilités .
C’est de son influence sur notre propre éthique que je parle , ce qui me fait dire qu’elle n’est pas insignifiante Contrairement à toi qui ne lui accorde qu’une fonction esthétique :

"A-t-elle, d'ailleurs, au moins une fonction sinon celle de raconter des histoires à un moment donné ?"
Cette définition ne peut s’adresser qu’à un genre littéraire, secondaire à mon avis .Et partant de là tu exclus tout ce qui est littérature d’idées , tout ce qui est de nature à influencer nos esprits .
La littérature pour moi n’a pas une fonction , elle les à toutes comme tu l’as envisagé , elle forme , elle enseigne , elle éduque . elle témoignage , elle dénonce …..
Tu sais aussi bien que moi la limite des classifications académiques . mon bref inventaire n’en était que la démonstration La littérature n’est pas protéiforme , elle est multiple , multiforme si tu veux et indéfinissable . Sa seule caractéristique constante est de véhiculer des idées sous quelque forme que ce soit , des idées auxquelles on adhère ou qu’on rejette et après tout si véhiculer des idées n’est pas une fonction, j’abdique . Là je vais imaginer la mauvaise foi ! Surprised
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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 22:54

disciple a écrit:
Ben c'est surtout que je ne comprends pas la démarche.Elsa peut se questionner sur les fonctions de la littérature etc etc...mais qu'ensuite citer l'enseignement du Bouddha en tant d'ideologie emanant d'une certaine substantialité fonctionnelle littéraire disons que c'est ignorer les façons dont l'enseignement de base a été transmis, comment et pour quoi, bref le contexte de la transmission du dharma en somme.
C'est vrai que je ne connais pas grand'chose à l'enseignement du Bouddha , je faisais seulement allusion aux textes qui servent de support à la transmission de son eneignement ,ce qui n'a pas été négligeable dans l'acheminement de cette pensée de l'Asie à l'Europe .
Vehiculer dans mon esprit ne signifie pas générer
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MessageSujet: Re: question existentielle   Mar 3 Oct 2006 - 23:38

Citation :
"A-t-elle, d'ailleurs, au moins une fonction sinon celle de raconter des histoires à un moment donné ?"
Cette définition ne peut s’adresser qu’à un genre littéraire, secondaire à mon avis

Prouve moi que l'Illiade et l'Odysse d'Homère ; les romans de chevalerie de Chrétien de Troyes ; La princesse de Clèves de Madame de Lafayette ; Roméo et Juliette de Shakespeare ; Don Quichotte de Cervantes ; Le Tartuffe de Molière ; Phèdre de Racine ; La vie de Marianne de Marivaux ; Justine ou les malheur de la vertu de Sade ; Quatre vingt treize de Victor Hugo ; L'éducation sentimentale de Flaubert ; Les illusions perdues de Balzac ; Le horla de Maupassant ; Voyage au centre de la terre de Jules Verne ; Thérèse Raquin de Zola ; Crime et chatiment de Distoievsky ; A la recherche du temps perdu de Proust ; Le diable au corps de Radiguet ; Les nourritures terrestres de Gide ; A l'est d'eden de Steinbeck ; Les mouches de Sartre ; Lolita de Nabokov ; L'oeuvre au noir de Yourcenar ; L'amant de Duras ; Belle du Seigneur d'Albert Cohen ; Le choix de Sophie de Styron ; Plateforme de Houllebecq ; Stupeur et tremblements de Nothomb… etc. etc. n'ont pas pour seuls points communs d'appartenir à la littérature et de raconter une histoire à un moment donné ; trouve moi une fonction commune à tous ces ouvrages littéraires et là, c'est moi qui abdiquerai.
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MessageSujet: Re: question existentielle   Mer 4 Oct 2006 - 7:46

Pourquoi donc la litérature aurait-elle d'autres fontions que les paroles que l'on prononce ?
Un livre peut dire nimporte quoi tout comme la parole peut dire nimporte quoi : raconter une histoire, faire de la poésie, expliquer des choses, faire réfléchir, amuser, appeler au meurtre, etc...
Sauf qu'écrire prend plus de temps que parler, donc l'écrit est souvent plus élégant et plus réfléchi que la parole.
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MessageSujet: Re: question existentielle   Mer 4 Oct 2006 - 9:54

Lubie a écrit:
trouve moi une fonction commune à tous ces ouvrages littéraires et là, c'est moi qui abdiquerai.[/b]
Chère Lubie mais c’est un gouffre d’incompréhension qui nous sépare !!ou bien tu te moques , ce n’est pas possible !!! ou bien encore tu attribues à la fonction une autre définition que moi ? Laughing
Les seuls ouvrages que tu as cités suffiraient à fixer les contours, non de ta personnalité , ce que je ne me permettrai pas , mais ceux d’un syncretisme littéraire illustrant un cursus scolaire français ordinaire constituant le fond minimum d’une culture basique commune .

Je pourrais prendre avec plaisir chacun de ces titres pour en décliner le sens (ou les sens)
A part quelques médiocrités sur la fin , mais le temps aura tôt fait de les éliminer , c’est une sélection modeste ( frustrante dans ton cas je suppose !) parmi nos innombrables phares, qui depuis l’antiquité , succédant à la tradition orale, concrétisent et perennisent les racines qui formalisent notre pensée et proposent une réflexion sur les écueils de la condition humaine .
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MessageSujet: Re: question existentielle   Mer 4 Oct 2006 - 11:00

Je n'ai pas l'habitude ma chère amie de m'abaisser à la misérable suffisance de laquelle je vais, dans un instant, me montrer capable. Mais c'est en prenant toute la dimension des énormités que j'ai lues et que je n'ai pas eu l'indélicatesse de relever ; c'est en mesurant à quel point tu ignores ce qu'est la littérature qui selon toi peut-être réduite à une quelconque fonction et que tu confonds, de surcroît, avec le bouddhisme, Mein Kampf ; la polititique ; l'économie ; la sociologie et j'en passe… que je vais, incessamment sous peu, faire preuve d'une attitude misérable et arrogante qui sonnera comme un argument d'autorité. D'habitude je me bats à mains nues mais là, je prends les armes ! rires

Elsa sais-tu quel parcours il faut avoir fait pour prétendre à l'Agrégation de Lettres Modernes ? Certainement pas un cursus français ordinaire.

Que la littérature t'emballe, je trouve cela très honorable. Il faut aussi des gens qui lisent, qui aiment lire et qui se montrent passionnés ! Je reconnais que ça remonte le niveau général de la population. Mais faire de la littérature sa spécialité, consacrer sa vie à l'étude de la littérature, tu avoueras - si tu as l'esprit de discernement - que c'est autre chose.
Voyant l'impasse dans laquelle cette discussion nous emmène, mesurant aussi l'impossibilité de poursuivre plus longtemps ce débat dans lequel tu as la mauvaise foi d'affirmer que certaines des oeuvres phares de l'histoire littéraire sont des médiocrités, je couche mon roi ! Smile

Je note quand même que tu n'es pas parvenue à dégager une fonction unique et caractérisante de la Littérature. Je t'avoue que Sartre, Barthes, Kristeva, Michaux, Ricoeur, Richard, Riffaterre… et les autres grands spécialistes de la Littérature n'y sont pas non plus parvenus. La Littérature est un ensemble beaucoup trop vaste pour avoir la prétention de la réduire à une fonction.
Le théâtre grec antique avait pour fonction de purifier le coeur en purgeant le corps ; la mythologie archaîque avait pour fonction d'être une orthopraxie mettant en scène le destin des Hommes tributaire de celui des Dieux ; les exempla du moyen-âge avaient pour fonction d'être édifiants ; la Fable a toujours eu pour fonction de plaire et d'instruire ; la littérature philosophique avait pour fonction de convaincre ou de persuader ; un certain théâtre du XXe siècle a eu pour fonction de dénoncer les totalitarismes ; la poésie a pour fonction d'être lyrique ou engagée ; le roman a pour fonction de distraire, de faire rêver ou réfléchir ; les Mémoires ont pour fonction de tracer une histoire individuelle emportée dans l'Histoire collective ; l'autobiographie a pour fonction de parler de soi … reconnais donc qu'en raison de ces innombrables fonctions, il nous est bien impossible de dégager une fonction de la Littérature.
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question existentielle
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